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Le meurtrier Ramasawmy condamné à 18 ans de prison

19 juillet 2004, 20:00

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La tête baissée pendant une quinzaine de minutes, Rudy Kenwell Ramasawmy, écoute la lecture de ses trois dépositions par le sergent Khemraj Forod de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis/Nord. Le prévenu, âgé de 24 ans, reconnaît sa culpabilité d?avoir tué le vigile Chandrakeshwar Mahadee, alias Krishna, le 28 juillet 2001 à la station-service Caltex à Aberrombie, Ste-Croix. Il demande la clémence de la cour. Ayant pris en considération le remords du suspect, la gravité de son acte, ses antécédents, sa collaboration avec la police, son état de santé, le juge Bushan Domah lui a infligé une peine de dix-huit ans de servitude pénale.

Pris dans le fléau de la drogue, Kenwell Ramasawmy explique à la Cour comment, il était rongé sans sa dose quotidienne d?héroïne. Lorsqu?il cesse de travailler, il vole pour pouvoir se l?offrir. Aujourd?hui, il souffre terriblement. L?origine de sa maladie, c?est la drogue, affirme-t-il. Il dit regretter son acte car il n?avait aucune intention de tuer la victime (Mamou comme il l?appelait). ?Mo ti amenn zouti pou fer li per.?

<B>Mort instantanée</B>

Ce premier procès de la présente session des Assises a été entendu hier matin par le juge Domah. L?accusé était défendu par Me Ah Fong Ho Chan Fong. Me Vedna Gavaloo, Senior State Counsel, soutenait l?acte d?accusation.

Il est 10 h 55 hier. Kenwell Ramasawmy, aussi connu comme Neveu, est appelé dans le box des accusés. Il porte une chemise à carreaux noirs à longues manches et un pantalon de couleur beige. Un jury n?est pas nécessaire car l?accusé plaide coupable. Seuls huit témoins déposeront.

Deux officiers de la cour de district de Port-Louis, Swadek Khurwolah et Mobarak Ramtally, sont appelés à la barre. Le premier produit le procès-verbal de l?enquête préliminaire sur la mort de Mahadee et le second identifie six pièces à conviction présentées par la police au cours des même travaux de cette même enquête.

Le Dr Baboo Harish Surnam, médecin légiste à la retraite, qui avait autopsié le cadavre de la victime à la morgue de l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis, est ensuite appelé. La victime Mahadee est morte d?un ?stab wound in the chest?, soutient le médecin légiste. Sa mort a été instantanée. Le 6 août 2001, le Dr Surnam dit avoir examiné l?accusé Ramasawmy aux Casernes centrales.

Le sergent Raj Bholah et Bala Mootoosamy, dessinateur et photographe de la police, ont produit en Cour un plan et des clichés de la station-service Caltex le jour de la découverte macabre et le jour de la reconstitution de faits.

Kenwell Ramasawmy fait le récit de son crime dans ses dépositions lues par le sergent Forod. Né à Cité-La-Cure, l?accusé raconte son enfance difficile. Après sa scolarité jusqu?en sixième qui a été un échec, il a été apprenti-mécanicien chez un propriétaire d?autobus individuels. A 13 ans, son père et sa mère se séparent. Il n?a que 16 ans lorsqu?il fait la connaissance d?une adolescente du même âge avec qui il vit un an en concubinage. De cette union est née, un fils aujourd?hui âgé de 5 ans. Même s?il ne détient pas un permis de receveur d?autobus, de temps en temps il faisait ce travail.

<B> ?Mo ti pe fat yen? </B>

Ramasawmy relate que c?est au moment où il agissait comme receveur qu?il fait la connaissance de ?Mamou? (la victime). Il se rendait à cette station-service pour faire le plein du mazout. En octobre 2000, il sombre dans la drogue et cesse de travailler. Il devient un sans-domicile-fixe et dort dans les bois. Il vole pour se procurer sa dose d?héroïne à Rs 200 chaque jour.

Quinze jours avant le crime, il passe devant la station service. Il lui vient l?idée d?y faire un cambriolage. Il ne peut exécuter son plan, car il y a du monde sur le lieu. Il repart avec son sabre de deux pouces et demi de large. Il garde cette arme sur lui en permanence, précise-t-il. Le jour fatidique est le samedi 28 juillet vers 5 h du matin. ?Mo ti pe fat yen?, dit Ramasawmy; il voit ?Mamou?, fermer à clé le bureau de la station-service. Il attend quelques minutes avant de le suivre aux toilettes.

?Mo finn dir li donn lakle ek mo finn point mo zouti ar li? relate l?accusé. La victime s?y oppose et lui lance, ?move f? ?. Une lutte s?en suit. Selon l?accusé, il sent que la victime est plus forte que lui. A un moment, ils se retrouvent face à face. Alors que la victime est penchée sur lui, il lui enfonce le sabre dans l?abdomen. Mahadee se tord de douleur.

Ramasawmy lui fouille les poches à la recherche de ses clés. Il les retrouve enfin sur le lavabo. Il ouvre le bureau et fouille les tiroirs. Il obtient une somme d?environ Rs 3 000. Il retourne aux toilettes et récupère son sabre. Mamou gît dans une mare de sang. Il regagne Cité La Cure et se change. Le même jour, il va chez son père à Camp-Levieux, Rose-Hill. C?est là qu?il apprend à la télévision, au journal de 19 h 30 que ?Mamou?, est mort.

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