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Le mauvais exemple

24 novembre 2004, 00:00

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La fourniture de repas aux élèves des zones d?éducation prioritaire est le gros scandale révélé par le rapport de l?audit. Ce contrat, qui vaut Rs 9,3 millions, est un désastre. Après l?appel d?offres, une confusion s?installe et une seule firme obtient le contrat. Cette société n?a aucune expérience, et cela remonte à la surface. Les plaintes pleuvent car les pains fourrés contiennent bien souvent des aliments avariés. Deux cas d?empoisonnement collectif obligent un changement de stratégie. Adieu saucisses de poulet et salade de poisson et bonjour beurre de cacahuètes, fromage et confiture. La qualité reste insatisfaisante, d?autant plus que la qualité des fruits empire. La fourniture de yaourts à ces écoles n?est guère mieux.

?La santé des enfants a trop souvent été menacée alors que l?objectif d?accorder un repas équilibré à ces jeunes n?a pu être atteint?, soutient le directeur de l?audit.

Son bureau a flairé le bon coup en allant enquêter sur la construction des collèges d?Etat. La meilleure illustration de gâchis demeure le projet de Quartier-Militaire. Alors que les travaux sont déjà avancés, on réalise que le site est constamment inondé. Le plan initial est alors modifié. Dans la foulée, le ministère décide de créer un espace pour l?aménagement d?un terrain de foot. Tout cela nécessite un chamboulement qui coûtera Rs 5,6 millions supplémentaires. Ailleurs, la situation n?est pas plus glorieuse. Au collège d?Etat de Bell-Village, par exemple, une facture additionnelle de Rs 1,25 millions a été payée au constructeur sans aucune justification.

Les travaux de rénovation entrepris par le ministère suscitent toujours les critiques du directeur de l?audit. Pourtant, l?an dernier, le ministère s?était engagé à rectifier le tir. Cette année encore, le manque de rigueur dans le contrôle des dépenses est pointé du doigt.

La situation la plus cocasse survient à la Ramsoondur Prayag State Secondary School où des roller shutters sont remplacés par un mur et des ouvertures en métal. Seul hic : les travaux sont effectués alors que du matériel lourd se trouve toujours à l?intérieur. Ces vieux équipements ne peuvent être enlevés sans la démolition de nouvelles ouvertures.

Les procédures d?approvisionnement ne font pas la fierté du ministère non plus. Le bureau de l?audit y décèle un manque de contrôle évident. Ce qui est grave car les contrats alloués dépassent Rs 150 millions. Le plus intrigant reste l?octroi d?un contrat pour le gardiennage de 210 écoles primaires, 61 collèges d?Etat et sept autres sites du ministère à une seule société, alors que l?efficacité de celle-ci a maintes fois été critiquée. Le même scénario se répète pour l?octroi des contrats de nettoyage de 67 écoles : la société choisie a également été pointée du doigt dans le passé.

Une irrégularité de taille a été notée dans l?achat d?étagères pour les bibliothèques scolaires. Cet exercice a coûté Rs 2,3 millions, mais le ministère a octroyé le contrat après appel d?offres alors que toute acquisition dépassant Rs 1 million doit être traitée par le Central Tender Board (CTB). Le ministère dit avoir été pris de court par les soumissionnaires. Il s?attendait à ce que les rayons soient fabriqués localement, or toutes les offres portaient sur des produits importés.

L?achat de climatiseurs illustre la négligence du ministère dans l?exercice d?approvisionnement. Equipements trop puissants et mauvaise installation ont contribué à une consommation excessive d?énergie. L?acquisition d?un nouveau PABX a aussi été critiquée, car 35 téléphones demeuraient introuvables. Or ce contrat vaut Rs 960 000.

Rs 11,87 m d?heures supplémentaires

L?achat de manuels scolaires reste litigieux. Les livres sont souvent livrés à l?emporte pièce, en retard et en mauvais état, ce qui nuit à l?enseignement. Le ministère et les Editions de l?océan Indien continuent à se disputer sur les droits d?auteur de certains manuels. Toutefois, le ministère remplace graduellement ces livres. Aucun droit d?auteur ne sera donc redevable à qui que ce soit d?ici quelques années.

Le rapport de l?audit est accablant pour le ministère, car celui-ci n?obtient pas value for money. Le ministère a promis de réformer ses structures pour mieux contrôler ses dépenses. Or, ces changements devront être apportés par ces mêmes fonctionnaires qui ont empoché Rs 11,87 millions en heures supplémentaires, soit presque trois fois le budget initialement prévu.

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