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Le marché de produits financiers dérivés en quête d?impulsion

28 mars 2006, 00:00

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L?apport des instruments dérivés (derivatives) est essentiel au développement des marchés financiers modernes et efficaces. Pourtant Maurice reste à la traîne dans ce domaine. Selon le Deputy- Governor de la Banque de Maurice, Anil Gujadhur, le manque d?engagement des banques sur le marché interbancaire de devises serait une des causes principales de ce manque d?activité.

Le responsable de la Banque centrale intervenait, mercredi dernier, lors d?un atelier de travail sur l?utilisation des produits financiers dérivés par les cambistes. Le séminaire était organisé par la Mauritius Financial Markets Association (MFMA). Son président, Vishuene Vydelingum, indique que l?association met beaucoup d?accent sur la formation de ses membres. Cet atelier va dans le droit fil du développement des compétences des cambistes pour maîtriser les outils complexes de la finance. Et elle a fait appel à un expert en la matière, Peter Skerritt.

?Depuis peu, certaines banques à Maurice offrent des produits dérivés dont des options de change. Nous restons néanmoins en marge de la croissance massive qu?a connue ce marché sur le plan global depuis longtemps?, explique Anil Gujadhur. Il diagnostique les raisons de ce manquement. Il faut des marchés de change sous-jacents plus liquides pour stimuler le développement des différents types de produits dérivés.

Gestion de risques

Un marché de produits dérivés développé aide à mieux départager les risques et à atténuer la volatilité dans le système financier. Anil Gujadhur demande aussi aux banques d?innover et d?apporter des produits dérivés aux clients. Il a plaidé pour un développement d?un marché d?instruments dérivés qui tienne compte des pratiques de prudence afin d?éviter les dérapages et les abus généralement imputés à l?utilisation des instruments dérivés.

Plusieurs autres facteurs entravent l?épanouissement d?un tel marché, estime le Deputy-Governor de la Banque centrale. Maurice est géographiquement éloignée des principales places financières européennes, asiatiques et américaines. D?autre part, les pays de la région, excepté l?Afrique du Sud, n?utilisent pas beaucoup de produits financiers dérivés comme outil de gestion de risques.

Aisha Timol, Chief Executive de la Mauritius Bankers Association estime, elle, qu?il incombe à la Banque centrale de mettre en place les conditions pour favoriser une activité des derivatives en attendant que le marché atteigne une taille et une profondeur raisonnable.

Pour sa part, Peter Skerritt explique que le séminaire focalise principalement sur l?apport des modèles mathématiques dans l?évaluation des options de change. ?Il faut bien comprendre les modèles mathématiques ainsi que les limites à leur application dans le monde réel et, en particulier, dans des marchés émergents comme Maurice.? Il met aussi en garde contre l?utilisation des produits dérivés à des fins spéculatives.

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