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Le jockey Lemius dénonce des ?tricheries? aux courses
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Le jockey Lemius dénonce des ?tricheries? aux courses
Le jockey français Gilles Lemius, arrêté hier matin par la police des jeux alors qu?il se trouvait au Champ-de-Mars, a fini par faire des révélations. Et elles sont de taille. Il aurait donné des indications à propos d?une course qui aurait été truquée lors de la 6e journée, le samedi 28 mai. Il a, dans la foulée, balancé le nom d?un jockey et d?un propriétaire de chevaux
Gilles Lemius est actuellement sous le coup d?une suspension de deux mois pour n?avoir pas accordé toutes les chances au cheval Cavendish lors de ladite journée. Mais il rejette en bloc les accusations selon lesquelles il aurait délibérément triché lors de cette course. Il aurait, en revanche, affirmé que le vainqueur et un propriétaire de chevaux lui avaient promis 100 fonds (Rs 50 000) du cheval gagnant. Cela, afin de faciliter la tâche de ce dernier sur la piste. Les deux personnes incriminées n?auraient toutefois pas honoré leurs engagements à l?issue de la ?course truquée?. Et Gilles Lemius n?aurait, selon les renseignements glanés aux Casernes centrales, pas touché le moindre sou.
Les allégations de Gilles Lemius sont prises très au sérieux par la police des jeux. D?autant que la cote du cheval gagnant cité par le jockey avait connu une hausse importante. Des dispositions sont prises pour que les deux personnes qu?accuse le jockey soient confrontées à ses allégations dans les plus brefs délais.
Surveillance rapprochée
Par ailleurs, le jockey australien Jason Taylor, interpellé vendredi dans son appartement du complexe Bougainvillea, à Grand-Baie, a été de nouveau interrogé hier après-midi à l?Icac pendant une heure et demie. Son avocat, Me Gavin Glover, a expliqué que son client a été ?confronté à deux autres personnes? dans le cadre d?une enquête initiée par la commission anti-corruption sur des courses truquées. Jason Taylor a ensuite consigné une déposition. Il sera de nouveau entendu par les enquêteurs de l?Icac dans le courant de la semaine.
Jason Taylor faisait depuis quelque temps l?objet d?une surveillance rapprochée. Il aurait été interpellé après qu?une lettre anonyme a été adressée à l?Icac. Une perquisition à son domicile a permis aux limiers de mettre la main sur Rs 534 000. Il a affirmé aux enquêteurs de l?Icac qu?une partie de la somme, soit Rs 300 000, lui avait été remise par trois punters de Bel-Air et que les Rs 234 000 restantes étaient un ?cadeau? que lui avait remis son beau-père.
Les règlements de la Mauritius Turf Club (MTC) stipulent que tout jockey a un comportement inacceptable s?il accepte ou consent à accepter ?any pecuniary or other gift or other consideration in connection with any race without the consent of the Stable Manager or Trainer.? Et les enquêteurs soupçonnent que cette somme a été versée à Jason Taylor parce qu?il aurait truqué des courses. Le suspect a retenu les services de Me Gavin Glover.
Interdiction de quitter le pays
L?écurie de Jason Taylor aurait refusé qu?il participe à l?entraînement hier matin. L?entraîneur Soon Gujadhur assure la commission de son entière collaboration. ?Jason Taylor ne sera pas autorisé à courir tant que l?enquête est en cours.? Une interdiction de quitter le pays a été émise contre le jockey. L?Icac espère obtenir un ordre de la cour pour avoir accès aux relevés téléphoniques du suspect. Les enquêteurs pensent que ce document leur permettra de faire la lumière sur cette affaire.
Des enquêteurs de l?Icac se sont rendus hier au siège du MTC, présidé par Paul-France Tennant (et non par Jean-Michel Giraud, comme nous l?avions indiqué, par erreur, dans notre édition de lundi) pour interroger ses officiels. Ils ont voulu connaître la teneur des contrats qui lient le MTC, les jockeys et les entraîneurs.
L?organisateur des courses hippiques a fait savoir qu?il n?emploie pas directement les jockeys mais qu?il se contente d?obtenir leurs track records des autorités pertinentes dans les pays d?origine. L?octroi des autorisations dépend en partie du feu vert des pays concernés. Il a également fait ressortir que les contrats entre les jockeys et les écuries sont à la discrétion de ces dernières.
Dans le milieu des bookmakers, on ne s?étonne pas outre mesure de ces récentes interpellations. ?Ces pratiques existent depuis longtemps mais n?ont été étalées sur la place publique que récemment.?
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