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Le jeune homme modèle de La Marie

6 mai 2008, 00:00

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Alors que beaucoup de jeunes de son âge ne pensent qu?à profiter de la vie, à s?amuser, Khoosraj, qui n?a jamais touché à une goutte d?alcool, ni à la cigarette, a d?autres préoccupations. Professionnellement, il veut relever les défis que lui soumet Michèle Poncini, sa patronne et directrice de l?atelier Poncini Ltd où il est employé. Socialement, il désire que les jeunes donnent un autre sens à leur vie.

Le fait que son grand-père ait été alcoolique l?a fait réfléchir sur l?orientation à donner à la sienne. «Je n?ai pas aimé ce que j?ai vu et je voulais être différent car l?alcool bouleverse trop de familles», explique-t-il. Rishi dont le père est laboureur sur la sucrerie de Rose-Belle jusqu?à ce qu?il se retire, est scolarisé au Presidency College. Il réussit sa Form V mais préfère écouter son oncle maternel qui est bijoutier chez Rajesh Sooklall à Quatre-Bornes. Son parent lui fait valoir l?importance de maîtriser un métier et Rishi se laisse convaincre d?apprendre la bijouterie. Son oncle négocie même auprès de son employeur, l?embauche du jeune homme en tant qu?apprenti.

Si au départ, Rishi trouve l?art difficile, au bout de quelques mois, il s?y habitue et apprend les bases du métier, à savoir le polissage, le montage des fils d?or et d?argent pour en faire des chaînes, la fonte, la gravure, pour ne citer que ceux-là. «C?est un art délicat qui requiert beaucoup de patience.» Il reste au service de Rajesh Sooklall pendant huit ans et, au fil du temps, il est autorisé à créer des bijoux en or gris et en or jaune. C?est une annonce parue dans le journal qui le fait partir.

En effet, il voit que Poncini Ltd cherche un bijoutier et comme il a toujours rêvé de travailler dans une bijouterie de renom, il postule. Il est mis à l?épreuve pendant deux jours. Le premier jour, c?est l?inventaire. Il doit monter les anneaux et bélières d?une vingtaine de pièces. Le lendemain, on lui donne un lingot d?or et un chaton serti de diamants et de saphirs et il dispose de presque une journée pour forger une bague de 25 grammes en or gris et sertie des pierres susmentionnées. «C?était un gros défi mais je l?ai réussi. Mme Poncini a été satisfaite et m?a embauché.»

C?est à la fin janvier 2006 qu?il intègre l?atelier Poncini Ltd où il est affecté au montage et au nettoyage final. Lui et deux autres bijoutiers exécutent les créations dessinées par Christian Poncini, son épouse Michèle et l?ingénieur. Ce que Rishi apprécie par-dessus tout dans son travail, c?est qu?on lui donne l?occasion de créer des bijoux, de suggérer des idées. Et puis, sa plus grande fierté en tant qu?employé, c?est la finition «extraordinaire» que cette bijouterie donne à ses créations. «Ce n?est pas parce que j?y suis mais je n?ai jamais vu un fini pareil dans les autres bijouteries à Maurice.»

La difficulté ne fait pas peur à Rishi. «La vie est un défi. Je veux toujours aller plus haut. Ce que l?on me demande de faire, je fais de façon à le réussir.» Il aurait souhaité pouvoir enseigner les techniques de création que lui et ses deux autres collègues maîtrisent, aux quatre autres personnes faisant partie de l?atelier.

<I>«Je n?ai pas aimé ce que j?ai vu et je me suis dit que je voulais être différent car l?alcool bouleverse trop de familles.»</I>

Ses heures de liberté, Rishi les consacre à son épouse Vimla et au La Marie Ganesha Mandir qu?il préside pour la deuxième année consécutive. C?est à la demande de son ami, Chandrassen Goorappa, qu?il accepte de faire partie de cette association socioculturelle, restée dormante depuis le décès de son président et de son secrétaire en 2000 et 2001. Ensemble, ils ont réactivé l?association en 2004, organisant des activités pour promouvoir la culture marathi et d?autres comme des sorties, des concours, des jeux et autres tombolas, pour empêcher que les jeunes de La Marie ne se tournent vers l?alcool et d?autres mauvaises habitudes.

Leur action porte ses fruits. Sur 200 membres, 75 sont très actifs depuis la reprise en main par la nouvelle équipe. De plus, ajoute Rishi, de nombreux jeunes qui ne sont pas encore majeurs et ne peuvent être membres, leur prêtent main-forte dans les coulisses. Bien qu?il ait essuyé des critiques par rapport aux activités organisées, il a accepté de prolonger son mandat de président à la demande des membres. «Vous savez, lorsque vous demandez un coup de main, il y a peu de gens à répondre présents. Par contre, dès qu?il s?agit de critiquer, ils sont nombreux. Mais j?ai accepté de continuer en raison de la satisfaction que l?on y retire d?avoir pu aider les gens.»

Même s?il appartient à une association marathi, Rishi veut être utile aux Mauriciens dans leur ensemble. Il lance d?ailleurs un appel aux travailleurs sociaux en leur demandant de ne pas se laisser diviser. Il est en faveur d?un rassemblement de tous les travailleurs sociaux pour l?organisation d?activités communes lors des fêtes nationales. «C?est la communauté mauricienne qui sortira gagnante. Nous devons élever le débat, ne plus regarder les choses d?un point de vue ethnique mais au niveau national.»

Aux jeunes comme lui, il conseille d?éviter de se laisser influencer par leurs pairs. «Ne soyez ni arrogants, ni orgueilleux. Préférez les activités saines à tout le reste?»

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