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Le JEC pour un débat dépassionné
Pousser la réflexion sur la démocratisation au-delà du slogan politique. Le Joint Economic Council (JEC) souhaite un débat plus ouvert sur la question. Jacques de Navacelle, son président (photo), explique la nécessité de voir plus loin que les perceptions pour mieux apprécier la problématique et ses enjeux. L?ouverture de l?économie est un des thèmes forts dans le cadre du premier budget de l?Alliance sociale.
Les enjeux de la démocratisation tels que présentés sont-ils à la mesure des attentes de la population ? Le président du JEC estime que les politiques exagèrent quelque peu les faits. ?C?est un sujet qui semble important surtout aux politiciens. La population est plus intéressée d?avoir un emploi rémunéré correctement et de trouver des produits à des prix convenables pour consommer.?
La démarche en faveur d?une économie plus démocratisée présuppose l?existence des groupes trop dominants sur le marché. L?ouverture, aux yeux de certains politiques, équivaut à une redistribution du pouvoir économique au moyen d?une politique délibérée de discrimination positive comme celle en cours en Afrique du Sud pour rétablir les droits des Noirs.
Le JEC souhaite une approche moins radicale pour répondre aux différentes conséquences de la concentration économique, dont la dominance de quelques entreprises sur le marché, le manque de participation du public à la création de la richesse et le déficit allégué de transparence et de bonne gouvernance au sein des grands groupes.
L?institution suggère cependant une analyse de la situation réelle pour éviter les clichés. ?Certaines entreprises ont besoin de vendre un volume minimal pour être rentables. En raison de la petite taille du marché intérieur, elles se retrouvent très vite en position dominante.? Toujours est-il que très souvent une position dominante dans un petit marché équivaut à cartel et monopole, peu importe les origines de la concentration. Pour protéger les consommateurs, le JEC préconise le renforcement de l?arsenal légal contre les abus. ?Les pratiques peuvent être réglementées par des lois anti-cartel. Nous accueillons favorablement le «Competition Bill» à l?étude. Il faut en même temps un renforcement des associations des consommateurs pour s?assurer de la concurrence loyale.?
La participation de la population à la création de la richesse est un autre axe important de la démocratisation. L?actionnariat populaire est une réponse à la concentration économique. ?Les sociétés cotées pourraient augmenter la part des actions en Bourse et celles que leurs employés détiennent. Dans les pays développés la dilution de l?actionnariat est telle que les grands groupes sont contrôlés par des investisseurs qui détiennent seulement quelque pourcent du capital.?
Mais pour ouvrir l?actionnariat, il faut surtout gagner la bataille de la bonne gouvernance et de la transparence au sein des grosses entreprises. Le président du JEC reconnaît qu?il existe une perception que les gros groupes ne font pas preuve de transparence et de méritocratie dans le recrutement, la promotion et de nomination. ?L?Etat doit aussi faire des efforts pour instaurer les règles de méritocratie et d?opportunités égales au sein de ses structures et des entreprises publiques.?
Une participation directe de la population dans l?économie passe par l?entrepreneuriat. Il faut donner plus d?opportunités aux gens pour entreprendre. Les gros groupes peuvent contribuer à cette dynamique. ?Certaines grandes entreprises peuvent sous-traiter certaines de leurs activités non critiques à des petites et moyennes entreprises. Cela aidera à répartir les richesses économiques.?
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