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Le gouvernement régional se veut neutre
Le chef commissaire de Rodrigues, Serge Clair, affiche la neutralité du gouvernement régional face aux blocs politiques mauriciens engagés dans la prochaine joute électorale. «Nous n?allons entreprendre aucune démarche politique avant les élections», a-t-il affirmé lors d?une conférence de presse, hier.
Serge Clair a fait le déplacement à Maurice en compagnie des deux candidats de l?Organisation du peuple rodriguais (OPR), Robert Spéville et Alex Nancy. Dans l?éventualité où ces deux blocs remportent un nombre égal de sièges, dit-il, les élus de l?OPR ne s?allieront à aucun des deux pour faire pencher la balance. «Il incombera au président de la République de décider qui formera le prochain gouvernement», dit-il, suggérant que «peut-être les proportionnelles auraient résolu les choses».
Le leader de l?OPR explique que l?autonomie est souvent mal interprétée. Rodrigues, précise-t-il, est «au-dessus des partis politiques de Maurice» et le chef commissaire n?a qu?un seul interlocuteur en la personne du Premier ministre, quelle que soit son appartenance politique. «Un ministre de Rodrigues n?a aucun pouvoir sur l?exécutif de Rodrigues. Il ne fait que voter notre budget et a un droit de regard sur l?application des lois et règlements», soutient-il.
Les commentaires de Dhundev Bahadoor sur le budget d?un milliard de roupies alloué à Rodrigues n?ont pas manqué d?attirer l?attention de Serge Clair. Ce dernier a, sans le nommer, infligé une volée de bois vert au directeur du Human Service Trust. (NdlR : Dhundev Bahadoor s?était référé, au cours de sa rencontre avec Navin Ramgoolam le jeudi 5 mai, à «enn milliard ki finn donne enn bout la ter dehor»).
Serge Clair s?est évertué à expliquer qu?avec sa zone économique, Rodrigues représente une grande richesse valant davantage qu?un milliard de roupies. «Quand des gens disent qu?on ne peut pas donner un milliard à quelques personnes (?) cela veut-il dire que l?on n?a pas droit à une part du gâteau ? Sommes-nous des moins que rien ?» fulmine le chef commissaire.
Selon lui, l?autonomie est venue donner la reconnaissance au peuple rodriguais au niveau national. «Nous avons tous les pouvoirs. L?autonomie doit servir d?exemple international», dit-il. Qui plus est, ajoute-t-il, l?Assemblée régionale garde son indépendance.
Le leader de l?OPR dément en outre les allégations selon lesquelles son parti se livrerait à une campagne de dénigrement. Au contraire, dit-il, «c?est le parti adverse qui cherche à gagner des votes en encourageant l?intolérance chez les habitants».
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