Publicité
Le gouvernement prône plus de fermeté face aux squatters
Par
Partager cet article
Le gouvernement prône plus de fermeté face aux squatters
Finis les discours, le gouvernement passe à l’action. Il s’agit d’essayer de mettre un terme à l’occupation illégale des terres de l’Etat. Pas question, cependant, de jouer les pères Fouettard en démolissant les maisons des squatters. Un programme de relogement a été mis en place pour ces familles, qui doivent évacuer les maisons qu’elles occupent actuellement sur les terres de l’Etat.
Le ministre du Logement, Asraf Dulull, veut surtout responsabiliser les familles dans ce processus : “Même si le gouvernement a une approche humaine, nous ne pouvons pas tolérer ce laisser-aller. Il n’est plus question d’une nation d’assistés.”
Un comité intersectoriel, institué à la suite d’une décision du cabinet, se réunit aujourd’hui pour la première fois pour se pencher sur cet épineux problème qu’est le squat. Il doit soumettre ses recommandations dans deux mois. En revanche, en ce qui concerne les nouveaux cas, la guillotine sera appliquée.
2 185 squatters régularisés en 2005
C’est en marge de cette réunion que des techniciens du ministère du Logement, de même que le ministre Dulull, sont descendus dans l’Ouest, à Case-Noyale, à Dilo-Pourri et à Eucalyptus. Ils estiment que ces terres de l’Etat, occupées actuellement par 300 squatters, “ont un fort potentiel économique”. D’où la nécessité de reloger ces familles ailleurs et de libérer les terres pour privilégier un plus grand développement économique. Une bonne partie des squatters a accepté d’être relogée, mais il reste encore à convaincre les autres de signer l’accord de principe.
Le même exercice sera entrepris dans la région de l’Est, à Belle-Mare, Poste-de-Flacq, Trou-d’Eau-Douce et Poste-Lafayette. “Nous trouverons des formules similaires pour reloger ces familles. Nous envoyons un signal fort que ces terres doivent être évacuées mais comme nous ne comptons pas “bulldozer” ces maisons, il nous faut trouver des alternatives. Nous comptons bien régler ce problème.”
Le pays compte actuellement 1 026 squatters, dont une bonne partie est concentrée dans la région de Port-Louis. L’an dernier, il y en avait 3 091 mais 2 185 ont été régularisés par l’ancien gouvernement. Celui-ci avait aussi souhaité adopter une position ferme et avait même défini une date butoir. Ainsi, dès le 21 juillet 2001, tout nouveau squatter est contraint à l’évacuation. Pour le reste, il est question qu’ils bénéficient de logements sociaux du type Firinga. D’où la naissance des Dockers’ Flats et de quelques autres projets Firinga. Mais entre-temps, l’option de régularisation s’est présentée…
L’actuel gouvernement doit donc assurer la continuité en finalisant les procédures pour toutes les familles qui ont reçu leur letter of intent.
Par ailleurs, le ministère du Logement envisage de créer une autre version de la Police des squat (lancée par l’ancien gouvernement), la Police des terres. Un des rôles majeurs de cette unité est de veiller, affirme le ministère, au “maintien de l’ordre et de la sécurité dans un Etat de droit”. Les autorités veulent, par le biais de ce projet, “protéger les terres de l’Etat contre toute forme d’occupation illégale, et faire que toute terre de l’Etat occupée illégalement soit évacuée”, en fonction des besoins de l’Etat. Ce département pourrait comprendre 40 membres de la force policière, soit dix par région.
Apporter sa pierre à l’édifice
Lors d’une rencontre avec Mgr Maurice Piat axée sur cette question en début de semaine, le ministre Dulull, devait préciser qu’il est impératif que chaque famille concernée apporte sa pierre à l’édifice pour mettre un terme au problème. Mgr Piat se dit conscient que le gouvernement essaye d’aider ces familles ayant un problème de logement.
Il a aussi été question de 76 familles de Bambous qui, grâce à l’aide de l’Etat et de l’Eglise, pourront construire une petite maison en dur. Mgr Piat a ainsi exprimé le souhait que le gouvernement augmente la subvention pour la dalle qui est de Rs 40 000. Et le ministre des Terres d’expliquer qu’il transmettrait la demande au ministre des Finances…
Publicité
Publicité
Les plus récents