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Le gouvernement confronté à un novembre ?noir?

2 novembre 2007, 00:00

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Le gouvernement sera confronté à un novembre ?noir? sur le terrain social dans un contexte économique en demi-teinte, les cheminots ouvrant les hostilités le 13 novembre avec un appel à la grève illimitée contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Six des huit syndicats de la SNCF, soit plus de 80 % des personnels, ont opté pour l?épreuve de force alors que le gouvernement refuse de transiger sur le coeur de la réforme ? l?allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans pour une retraite à taux plein - mais propose des pistes de négociation.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a assuré mercredi qu??un agent qui s?engagera dans la réforme ne perdra pas un euro? et se dit prêt à travailler avec les syndicats sur les modalités de la réforme et son calendrier.

Nicolas Sarkozy avait par ailleurs laissé entendre vendredi dernier que le système de la ?décote?, qui implique que les agents partant avant 40 ans de cotisation voient leur pension amputée, ne s?appliquerait pas aux salariés ?déjà entrés à la SNCF?.

Ce chapitre était jusque-là présenté comme non négociable, au même titre que l?indexation des pensions sur les prix et non plus les salaires. Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, les négociations ne peuvent s?engager si le gouvernement ne retire pas ces trois préalables : allongement de la durée de cotisation, indexation sur les prix, décote.

?Ce qu?on dit depuis le début, c?est retirer les préalables pour qu?on puisse discuter, (...) et la situation n?a pas évolué?, a-t-il dit jeudi sur RTL. ?Je comprends les usagers, mais les méthodes du gouvernement qui dit ?ça c?est pas discutable, ça c?est pas discutable?, cela ne fait pas très sérieux?, a-t-il expliqué.

L?exécutif table sur une division syndicale pour avancer. Des fissures sont apparues mercredi après le coup de semonce du 18 octobre.

A la SNCF, la CFDT, quatrième organisation en importance, réserve sa décision sur sa participation au mouvement du 13 novembre dans l?attente de réponses du gouvernement à ses contre-propositions sur la réforme.

?Un appel à la grève pas exclu?

?Si nous n?obtenons pas de réponse là-dessus la semaine prochaine, un appel à la grève n?est pas exclu?, prévient Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, dans Le Parisien-Aujourd?hui en France. ?Mais nous ne nous associerons pas à un mot d?ordre de grève reconductible et illimité dont les premières victimes seront les usagers les plus modestes?, ajoute-t-il.

La grève à la SNCF débutera le 13 novembre à 20h00 et sera reconductible par période de 24 heures. La Fédération générale autonome des agents de conduite (FGAAC, 30 % des conducteurs), qui dès le 18 octobre avait engagé des négociations avec la direction de la SNCF, ne se joindra pas au mouvement.

La direction de la SNCF, qui juge l?appel à la grève ?choquant? et ?incompréhensible?, promet des propositions concrètes aux syndicats, qu?elle appelle tous à la négociation.

Elle propose notamment de débloquer la grille des rémunérations pour les cheminots qui vont continuer à travailler au-delà de 55 ans et la création d?une retraite complémentaire. Dans le secteur de l?énergie, les salariés d?EDF et de GDF sont appelés à la grève le 14 novembre par la CGT (majoritaire) et Force ouvrière (FO), mais il n?est pas question de mouvement reconductible pour l?instant.

A la RATP, les sept syndicats n?appellent pas à la grève dans l?immédiat mais menacent d?un mouvement ?dans un acte unitaire et interprofessionnel? si le gouvernement ne revoit pas sa copie la semaine prochaine. A EDF et GDF, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC lancent également un ultimatum au gouvernement jusqu?à mardi prochain. Les organisations syndicales rejoindront le mouvement si le gouvernement n?infléchit pas sa position.

Le 20 novembre, jour du vote du budget 2008 à l?Assemblée nationale, ce seront les fonctionnaires qui se mobiliseront pour le pouvoir d?achat et l?emploi public. Les postiers, les enseignants, les étudiants et lycéens sont appelés à se joindre à la grève. Les plus radicaux à la SNCF évoquent une ?convergence? des mouvements des 13 et 20 novembre.

Le 29 novembre, ce sont les personnels de justice et les magistrats qui prendront le relais pour protester contre la réforme de la carte judiciaire. Démarche raririssime dans ce corps.

REACTION

La direction de la SNCF propose des concessions aux syndicats

■ La SNCF, qui juge ?incompréhensible? l?appel à la grève de six syndicats de cheminots pour le 13 novembre, est prête à négocier sur les rémunérations et la création d?une retraite complémentaire, a déclaré mercredi soir Guillaume Pépy sur France 2. ?La situation, ce soir, est choquante. (...) C?est incompréhensible, alors que la proposition de la SNCF, c?est de se mettre autour de la table?, a dit le directeur général exécutif de la SNCF, Guillaume Pépy (photo). ?Nous, nous voulons réussir la négociation, et nous voulons éviter que les usagers soient pénalisés une deuxième fois comme ils l?ont été à partir du 18 octobre?, a-t-il poursuivi. ?Il y aura du grain à moudre, concrètement : on peut débloquer la grille de nos rémunérations pour les cheminots qui vont continuer à travailler au-delà de 55 ans. Deuxièmement, on peut créer à la SNCF une retraite complémentaire qui existe dans le privé mais qui n?existe pas à la SNCF?, a précisé Guillaume Pépy. ?Il y aura des choses concrètes sur la table. (...) Nous allons nous battre pour que tous les syndicats soient autour de la table?, a-t-il insisté.

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