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Le GM rejette la réintroduction du contrôle du prix du fer
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Le GM rejette la réintroduction du contrôle du prix du fer
Le gouvernement a rejeté la ?motion of disallowance?, présentée par l?opposition hier à l?Assemblée nationale. La demande concernait la réintroduction du contrôle temporaire des prix des barres de fer, en attendant que le marché se stabilise et que les risques de monopole disparaissent.
Lors des débats, le leader adjoint du Mouvement militant mauricien (MMM), Alan Ganoo, a estimé que la libéralisation des prix est positive pour le marché mais seulement lorsque toutes les conditions nécessaires sont réunies. Selon lui, c?est loin d?être le cas en ce qui concerne les barres de fer.
Pas question, disent les membres de la majorité, qui estiment que la libéralisation des prix des barres de fer profitera aux consommateurs. Les allégations de favoritisme par rapport au géant sud-africain, Murray & Roberts, qui a racheté Desbro quelques jours avant cette décision du conseil des ministres, est rejetée d?un revers de main.
Situation de ?quasi-monopole?
Tout au long de son argumentaire, le député mauve de Savanne-Rivière-Noire montre sa perplexité. ?C?est un non-sens économique. C?est une contradiction de libéraliser lorsqu?il y a clairement une pénurie de cette marchandise?, estime Alan Ganoo. Pour rappel, la décision du gouvernement de libéraliser le prix date du 6 avril dernier.
Dès lors et étant donné que Murray & Roberts a racheté Desbro, qui avait déjà acquis Consolidated Steel peu avant, le premier nommé évolue désormais dans une situation de ?quasi-monopole?. Dans ce contexte, la libéralisation des prix des barres de fer ne peut être profitable qu?à l?opérateur sud-africain qui est devenu, en très peu de temps, suffisamment puissant pour étouffer tout nouvel entrant et botter en touche les autres opérateurs du secteur.
De fait, il ne faut pas s?attendre à des baisses de prix puisque toute compétition est désormais impossible, laisse entendre le député Ganoo. ?Les prix continueront à grimper au détriment du public?, prévoit-il. Cette libéralisation n?a apporté que du ?désordre? en sus d?une pénurie de barres de fer, résultat d?une libéralisation hâtive et mal planifiée.
Le rapport sur le sujet, préparé tout récemment par Enterprise Mauritius et déposé au Parlement par le ministre de l?Industrie Rajesh Jeetah, sert d?élément clé dans l?argumentation d?Alan Ganoo. ?Enterprise Mauritius craint que Murray & Roberts pourrait développer un monopole en diminuant les prix dans un premier temps pour ainsi pousser les autres à faire faillite?, cite le député MMM. ?Enterprise Mauritius n?est pas convaincu qu?une libéralisation permettra de meilleurs prix?, lit-il encore du rapport. ?Est-ce que la décision de libéraliser n?est pas venue trop tôt ?? demande-t-il.
Certainement pas, répond Vasant Bunwaree, ministre du Travail et des Relations industrielles. ?Nous n?avons pas du tout été mal avisés?, soutient le travailliste. Il rappelle d?ailleurs que la libéralisation avait débuté en 2003 lorsque le régime d?alors libéralisait les prix des barres de fer de 6 millimètres.
L?Alliance sociale n?a fait que poursuivre l?exercice, dit le ministre. Confiant que cette libéralisation totale activera la compétition, il faudra toutefois avoir un peu de patience. ?Il faudra attendre que d?autres viennent après la libéralisation mais Maurice est un marché restreint et on ne s?attend pas non plus à une dizaine d?opérateurs?, concède le ministre Bunwaree. Conscient de l?importance de l?industrie de la construction pour l?économie, où les barres de fer tiennent une place importante, il précise que le gouvernement ?continuera à améliorer la situation?.
?Pas de solution noire ou blanche?
Par ailleurs, la décision de laisser jouer les forces du marché sur les prix des barres, n?est pas un caprice du gouvernement. ?Nous n?avions pas d?autre choix que de libéraliser?, ajoute Vasant Bunwaree.
?Le gouvernement est conscient du fait qu?il n?y a pas de solution noire ou blanche?, argumente Rama Valayden, ministre de la Justice. Le sujet est complexe et les solutions ne sont pas toutes faites. ?Mais nous avons agi dans l?intérêt de la population?, ajoute-t-il la main sur le c?ur. Toutefois, avant d?avoir un environnement équitable, il faudra donner le temps au temps. ?Nous sommes dans une période de dentition?, avoue Rama Valayden devant un Jayen Cuttaree très étonné.
Le député du MMM, également leader adjoint au même titre qu?Alan Ganoo, ne trouve aucun raisonnement fondamental qui aurait pu pousser le gouvernement à libéraliser aussi rapidement. ?Cette libéralisation est venue de nulle part?, dit-il en arguant que le sujet n?avait pas été évoqué avant le 6 avril dernier.
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