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Le gisement des PME
L?enjeu du budget dépasse la seule arithmétique des dotations. L?exercice touche surtout à la psychologie populaire. Au fil des ans, la présentation du budget a même acquis des dimensions à la limite du mélodrame. Un ministre des Finances habile peut tabler sur cet état de réceptivité maximale pour provoquer un sursaut national. C?est l?occasion de frapper l?imaginaire collectif par une sensibilisation à la création d?entreprises.
L?Etat a pris diverses initiatives récemment pour encourager le développement du secteur des PME mais elles sont restées lettre morte. Pravind Jugnauth dispose aujourd?hui d?un excellent outil de communication capable d?entraîner cet élan qui engendre la débrouillardise, la créativité et le goût du risque.
Déjà, le ministre des Finances a donné une indication de l?importance que revêt la promotion des PME à ses yeux. Il a expliqué que pour atteindre l?objectif de démocratisation de l?économie, un des axes importants de son action sera l??economic empowerment? des classes laborieuses. Il dit aussi croire à l?efficacité des ?micro-crédits qui encouragent le lancement de petits business?.
Pour réaliser son objectif, il lui faut avant tout pouvoir transformer la façon de voir les choses des jeunes arrivants sur le marché du travail. Il existe un sentiment de lassitude dans le pays qui ne crée pas l?environnement nécessaire pour dynamiser la création d?entreprises. Or, aucune mesure technique, aucun dispositif de facilitation ne produira les résultats escomptés si le leadership politique n?arrive pas à inspirer la confiance en l?avenir.
Les PME ont le potentiel, dans une économie comme la nôtre, de devenir un maillon important du tissu industriel. Si sa contribution à la richesse nationale demeure relativement pauvre, c?est parce qu?il y a trop d?entraves, sur le plan institutionnel, à son développement. Le gouvernement en est conscient parce qu?il a commandé une étude pour revoir tout l?encadrement de l?industrie. L?expert britannique qui a rédigé le rapport a recommandé la fusion de la SMIDO, la MIDA et l?EPZDA. En attendant sa mise en application, le désordre institutionnel décourage les bonnes volontés.
La création d?une petite entreprise, c?est tout un parcours. Si ceux qui osent, malgré tout, l?affronter ont le sentiment d?être abandonnés à leur sort, ce secteur ne connaîtra pas la croissance désirée. Selon le magazine économique ?Eco austral?, sur les 45 000 entreprises de moins de dix salariés à Maurice, seulement 2 096 sont enregistrées à la SMIDO. Manifestement cet organisme, dont la raison d?être est de soutenir les PME, a échoué sur tous les tableaux.
Dans d?autres pays, dont le Singapour, le potentiel de développement et de créations d?emplois des PME est amplement reconnu. Dans un discours prononcé l?année dernière lors de la fête nationale de son pays, le ?Senior Minister" singapourien, Lee Kuan Yew, rappelait l?attention qu?il faut porter aux PME : ?We must nurture our own winners from the small and medium enterprises. Small companies are the sources of innovation, industry regeneration and future employment creation. But remember even our own icon, Sim Wong Hoo of Creative Technology, does not stay put in Singapore. He is in Silicon Valley and has moved his production to Malacca and also to China for R&D.?
Il va de soi qu?il ne faut pas confondre entre les PME modernes, dotées d?un projet structuré, et les entreprises artisanales.
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