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Le ?gaté? de l?Aapravasi Ghat

25 juin 2007, 00:00

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Vous avez déjà eu ce petit goût amer dans la bouche, sans savoir pourquoi, ni comment ? Il est juste là, refusant de s?en aller. C?est à cela que ressemble la démission cette semaine de Vijaya Teelock de la présidence du conseil d?administration de l?Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF).

Un malaise accentué par les demi-réponses de la principale intéressée. Pourquoi cette décision ? ?J?ai beaucoup travaillé pendant cinq ans. J?avais besoin d?un congé. Je pars pour des raisons personnelles et professionnelles.? Fin de la déclaration.

Et début des questions. Elle est arrivée au point où dès que son nom est cité, on pense immédiatement à l?Aapravasi Ghat. Cela même si Vijaya Teelock a pris le soin de temps à autre de nous rappeler qu?elle est historienne de l?esclavage.

En 2005, au plus fort de la vague du lev pake ale, son contrat est renouvelé pour trois ans. Avec en plus, cerise sur le gâteau, la perception générale que la présidente reste en poste pour ses compétences. Parce qu?elle maîtrise son dossier.

Quand en plus la perception est une réalité, que l?historienne possède réellement le bagage pour superviser la rédaction du dossier d?inscription du lieu de débarquement des travailleurs engagés à Maurice, sur la liste du Patrimoine mondial, comme Candide on ne peut que s?écrier : tout va bien dans le meilleur des mondes. C?était un zeste d?espoir pour digérer des nominations bassement politiciennes, où des institutions sont livrées à l?à peu près au nom d?obscurs intérêts. Confirmée par la réussite de la demande d?inscription. Ce qui vaut à l?historienne d?être désormais co-optée pour faire partie de l?équipe qui travaille sur le dossier d?application du Morne.

Presque un an après l?inscription, la présidente décide de tirer sa révérence. Alors qu?officiellement, aucun conflit ne l?oppose ni au gouvernement, ni à son conseil d?administration. Adinarain Hutchamah, vice-président de l?AGTF a répété au lendemain de l?annonce de la démission, combien cette décision était soudaine pour lui.

Par ailleurs, l?ancien directeur de l?AGTF, Prem Mahadeo, avec qui Vijaya Teelock avait eu des divergences, a soumis sa démission en mars 2006. Il a été récemment remplacé par Raju Mohit. Les mêmes causes entraînent-elles les mêmes effets ? Toujours est-il qu?à l?heure actuelle, il n?existe pas de différend documenté entre la présidente démissionnaire et le nouveau directeur.

Et puis partir tout en poursuivant des travaux de recherches pour l?avancement de l?Aapravasi Ghat, ce n?est pas vraiment partir. Partir en gardant un pied bien à terre dans l?institution, c?est cultiver le lien avec tout ce qui a dévoré son temps jusque-là. Dire que l?on veut un congé tout en affirmant sa volonté de poursuivre ses recherches, faudrait savoir.

D?autant plus qu?à l?observation : ?Vous abandonnez votre bébé, tout ce pour quoi vous vous êtes battue? ?, Vijaya Teelock répond avec force : ?Je n?abandonne rien du tout. Mes points de vue sont connus. Those who are in the knowledge sauront quoi faire.?

à samedi, la présidente démissionnaire n?avait pas encore reçu de réponse à sa lettre de démission. Est-ce que cela veut dire que si des ajustements (quels sont-ils ?) sont faits, un retour éventuel pourrait se négocier ? Tout semble encore possible pour le ?gaté? de l?Aapravasi Ghat.

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