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Le féminisme est l?échec de tous les hommes
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Le féminisme est l?échec de tous les hommes
L?esprit humain est connu pour s?enraciner dans la dualité. Daltonien, il ne voit le monde qu?en noir et blanc. Partout ailleurs, il y a le bon ou le méchant, le vrai ou le faux, le haut ou le bas, et ainsi de suite. De cette même logique à base binaire qu?il applique à sa propre nature, l?esprit de l?homme déduit que l?humanité est divisée en deux catégories d?individus, l?homme et la femme. Jusque-là, cela n?a rien de mal en soi, puisque la nature humaine même est faite ainsi. Seulement ce mode de pensée, déjà si restreint en lui-même, n?aurait engendré aucun problème d?ordre moral si, en s?enfermant dans cette dualité qu?il ne parvient pas à transcender, il l?avait fait de manière positive. En effet, il porte en lui un jugement sur les réalités humaines en faisant abstraction de toutes les nuances. Du coup, il oppose systématiquement le blanc au noir comme le bon au méchant.
Et c?est ainsi que l?homme vient à s?opposer à la femme dans un rapport qui ne se fonde pas uniquement sur les données biologiques qui les distinguent. L?esprit du mâle voit dans la femelle une force du mal qui s?oppose à la sienne. C?est là une conception erronée qui date. Songez, à titre d?exemple, qu?à l?ère même où la pensée occidentale s?éveillait pour régner en maître sur le monde philosophique et scientifique, un certain Pythagore, à qui l?on doit les premières découvertes mathématiques, géométriques et astronomiques, écrivait qu??il y a un principe bon qui a créé l?ordre, la lumière et l?homme, et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme?!
Plus de vingt-sept siècles après, nombreux sont ceux qui ne sont pas étonnés de constater que cette conception détient toujours une place privilégiée dans notre esprit et qu?elle persiste à rendre sexiste le comportement de l?homme vis-à-vis de la femme, faisant de celle-ci une caste des opprimées. Il a fallu attendre qu?une poignée de femmes s?organisent et que le féminisme soit inventé pour que l?homme commence à prendre conscience de la condition dans laquelle la femme est prisonnière. Elle l?est, soit parce qu?elle ne peut elle-même concevoir son rôle autrement qu?ainsi, soit parce que l?autre l?impose. L?autre, c?est l?homme. Celui qui, par sa supériorité physique et non point numérique, détient le pouvoir sur le destin de la femme. Et c?est à lui, la caste prétendument supérieure, la catégorie dominante, que revient la responsabilité dans tous les cas. De même que la situation de l?esclave était la conséquence de l?attitude des colons, celle de la femme opprimée est le résultat du comportement de l?homme.
Aussi longtemps que les féministes seront en marche, aussi longtemps que les femmes du monde élèveront la voix, cela voudra dire que leur condition persiste. Alors, leur lutte sera justifiée. Mais au- delà de tout ça, et par la même occasion, c?est l?attitude déplorable des hommes qu?elle n?arrête pas de dévoiler. C?est leur faiblesse qu?elle met en exergue. C?est pourquoi, aussi longtemps qu?une femme sera exploitée, battue, vendue, sous-traitée, violée et tuée, enfin victime sous quelque forme possible, aucun homme sur terre ne pourra prétendre à son identité ?humaine?. Car la dignité humaine ne saurait exister dans des situations nourries d?actes sexistes et l?homme lui-même ne saurait se définir comme ?homme? sans poser la femme en face de lui, tel un miroir dans lequel son image sera un reflet de sa nature profonde.
Ainsi, la réalisation de l?homme implique celle de la femme. La condition féminine est donc une affaire d?homme. L?appel des femmes aux femmes dans un objectif féministe signe avant tout l?échec de tous les hommes ? aussi féministes se prétendent-ils eux-mêmes aux heures creuses?
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