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Le FMI (saine gestion économique) ou dictature

25 juillet 2005, 20:00

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Cette chronique reprend, ce matin, le point de vue d?un économiste anonyme et résidant hors du pays, commentant le livre de Pierre Dinan ?Dix ans d?économie?, paru il y a 25 ans (voir ?l?express? d?hier). Il rappelle qu?à cette époque, les économistes les plus influents déconseillent aux pays en voie de développement d?aménager des pôles de développement trop vastes au point d?occasionner de trop fortes concentrations humaines, avec exodes de population, problèmes insurmontables de pollution, création d?environnement inhumain engendrant des problèmes sociaux également insolubles. Il félicite Pierre Dinan de mettre en garde contre les fausses solutions au chômage ne tenant pas compte de leur coût réel en termes d?impact négatif sur la société. Il donne raison à Pierre de mettre en garde contre les multinationales, avides d?incitations de toutes sortes mais dont l?objectif n?est certes pas de faire des cadeaux mais bien de faire un maximum de profits, le plus rapidement possible, par n?importe quel moyen et sans aucun scrupule, pour déguerpir au plus vite dès que s?estompent les avantages fiscaux initialement accordés. Pierre Dinan montre bien les avantages résultant quand on privilégie la solution du travail allant vers la population plutôt que l?inverse. Dans le premier cas, il n?y a pas de déracinement intempestif ni traumatisme psychologique mais au contraire maintien d?activités économiques hors entreprise permettant une économie parallèle importante sur le plan humain.

Ce commentateur, cette fois-ci moins mauricien qu?étranger, ne comprend pas certaines contradictions chez notre Pierre national, parfois même dans la même page de son livre. Exemples : il (P. Dinan) déplore que le chômage ait la dent dure, tout en se félicitant de son atténuation. Il conseille aux petits planteurs de cannes de mécaniser leurs champs à l?instar des gros planteurs afin de diminuer leurs coûts salariaux. Il ne s?explique pas les ?difficultés de recrutement? dans certains secteurs ou encore ?l?insuffisance de la main-d??uvre? dans une île où le ?chômage a la dent dure?.

Pour en revenir au thème central des préoccupations économiques de l?année 1980, notre commentateur demande ce qu?il faut penser de la colonisation économique de Maurice par le FMI. Il rappelle que le gouvernement travailliste a gaspillé le boom sucrier de 1973-76 ; qu?il a dissipé les réserves du pays qui, de positives qu?elles sont en 1968, deviennent négatives en 1980, si l?on tient compte de l?endettement du pays ; que la rentabilité de l?industrie sucrière devient des pertes en raison d?une taxation excessive et d?augmentations salariales accordées exagérément ; que le gouvernement et les corps para-étatiques deviennent les plus gros employeurs du pays. Tout cela est le contraire d?une politique de développement. Cette voie mène à la régression économique.

Une dévaluation de 30 % n?est pas forcément la panacée pour les maux affectant une économie aussi ouverte que celle de Maurice. D?une part, elle importe une part importante de ses besoins et, de l?autre part, elle ne maîtrise pas les prix de vente de ses produits exportés. Une dévaluation ne sert à rien si l?on ne corrige pas les causes l?ayant entraînée.

Le gouvernement mauricien ne sait même pas utiliser à bon escient une aubaine pouvant miraculeusement sauver une situation désespérée. Un nouveau boom sucrier se profile à l?horizon 1980-81. Les prix à terme du sucre sur le marché libre passent de 8 cents américains le demi-kilo à 36 cents. La consommation sucrière mondiale talonne la production sucrière. La production locale est trop restreinte pour pouvoir profiter pleinement d?un boom inespéré. Le sucre tropical, particulièrement sujet à ces fléaux climatiques que sont sécheresse et cyclones dévastateurs, a pourtant besoin de ces moments de répit pour se refaire une santé et compenser les années difficiles sinon déficitaires.

Notre commentateur invite les Mauriciens à nuancer leur jugement à l?égard d?un FMI synonyme de bonne gestion financière. Le gouvernement de coalition PTr-PMSD (1976-82) doit être félicité pour avoir résisté à la tentation, à laquelle succombent tant de pays, de mettre de côté les mesures d?austérité afin de se présenter au renouvellement d?un mandat électoral dans de meilleures conditions. Les pays industrialisés, eux-mêmes affectés par la crise pétrolière, prennent conscience que celle-ci affecte encore plus durement les pays les plus pauvres. Ce n?est pas tout à fait le cas de Maurice mais l?île doit pouvoir bénéficier du changement d?attitude des pays riches à l?égard des pays moins riches. Cela permet un ?ajustement positif? plus compréhensif que l?austérité imposée antérieurement. Il n?y a rien de déshonorant de devenir une colonie du FMI et de réapprendre les vertus d?une saine gestion économique. Même une d?Angleterre, boursouflée par des excès syndicalistes, a dû se mettre, avec bonheur, à ce régime de douche écossaise. Ne pas se conformer à ce respect strict des exigences d?une saine gestion, c?est s?exposer à une dictature, de droite ou de gauche.

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