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Le FMI raye la dette de 40 pays pauvres

9 décembre 2005, 20:00

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Parmi les 40 pays bénéficiaires, 18 avaient déjà réussi un examen de passage pour bénéficier d?une initiative d?allègement de la dette mise au point en 1996 par la Banque mondiale et le FMI, appelé initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Vingt autres pays devraient dans les semaines à venir bénéficier de cette initiative. Parmi les pays bénéficiaires figurent le Bénin, la Bolivie, le Burkina Faso, la Zambie, l?Ouganda, l?Ethiopie, le Ghana, Madagascar, le Honduras, le Guyana, le Sénégal, le Nicaragua, le Rwanda, le Niger et le Mali.

Le FMI a décidé d?étendre l?annulation de la dette également au Cambdoge et au Tadjikistan, non membre du PPTE mais qui ont des revenus en-dessous de 380 dollars par personne et par an, de même qu?à trois pays pauvres en arriéré de paiement depuis plusieurs années, la Somalie, le Soudan et le Libéria.

«Nous sommes plutôt fiers d?avoir pu avancé aussi rapidement sur ce dossier», a souligné Mark Allen, directeur du département développement au FMI. Lors du sommet du G8 en Ecosse, les pays les plus industrialisés et la Russie avaient décidé d?annuler la dette multilatérale et bilatérale des pays les plus pauvres de la planète.

38 milliards de dollars de dettes

En septembre, lors de leurs assemblées annuelles, les 184 Etats membres de la Banque mondiale et du FMI ont donné leur feu vert à l?effacement de la dette de 38 pays très pauvres les plus endettés. La Banque africaine de développement était également associée à l?initiative qui bénéficie essentiellement à des pays africains.

Ces annulations de dettes par le FMI ne représentent cependant qu?une petite partie du montant total d?effacement prévus (plus de 56 milliards de dollars). La Banque mondiale (BM), qui devrait, quand à elle, annuler quelques 38 milliards de dollars de dettes des pays les plus pauvres, attend le feu vert de son conseil d?administration sur les modalités de mise en oeuvre de cet effacement.

Les administrateurs doivent en discuter en début de semaine prochaine, selon un porte-parole de la BM. L?accord du FMI couvre les créances contractées auprès de l?organisation à la fin 2004. Allen a précisé qu?aucun allégement n?était prévu pour celles contractées après le 1er janvier 2005.

Ressources propres du Fonds

Mais la mise au point des modalités de cette annulation sans précédent dans chacune des institutions a pris du temps. Ainsi, le FMI attend encore l?autorisation de l?ensemble des 43 pays donateurs qui ont contribué à un fonds spécial pour l?octroi de crédits pour des projets de réduction de la pauvreté. Les quelques autorisa- tions manquantes sont attendues dans les prochains jours, selon le FMI. «Il faut avoir leur accord car ce fonds spécial va servir à autre chose que ce pour quoi il avait été initialement lancé», a précisé Allen.

Outre ce fonds, le FMI a prévu d?utiliser également les bénéfices de la vente d?une partie des réserves d?or du FMI entre 1999 et 2000, pour financer le coût de cet effacement de dettes. Le coût total de l?opération pour le FMI s?élève donc à 4,8 milliards de dollars, a indiqué Allen en soulignant que cela sera entièrement financé sur les ressources propres du Fonds.

L?annulation de dette n?est accompagnée d?aucune conditionnalité particulière, a encore noté Allen. «Nous espérons, a-t-il dit, que l?argent ira au financement de la réalisation des objectifs du millénaire» de l?ONU qui visent notamment à réduire la pauvreté dans le monde de moitié d?ici 2015.

© 2005 Le Monde News Service-Distribué par The New York Times Syndicate

LE FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL

Le Fonds monétaire international (FMI) est une organisation internationale qui a pour vocation officielle d?aider les pays qui éprouvent de graves difficultés économiques, notamment des problèmes de solvabilité par rapport aux prêteurs.

C?est une organisation internationale de type inter-gouvernemental. Les prêts aux pays en difficulté financière

En pratique, le FMI est surtout connu, en dehors de son activité courante de surveillance du système financier mondial, pour ses prêts de dépannage aux pays dont le système bancaire et le Trésor public présentent un gros risque de solvabilité, au point de ne pouvoir rembourser leurs dettes. Cela le différencie de la Banque mondiale ou de la BEI qui accordent des crédits d?investissement, et également de la BRI s?occupant plus particulièrement des règles bancaires et de la coordination des banques centrales.

Le FMI étant responsable de la bonne utilisation (et du remboursement) des fonds qu?il mobilise auprès de la communauté internationale, se doit, comme tout prêteur, de fixer des conditions à ses interventions.

C?est ainsi que pour obtenir une aide financière, les pays doivent se mettre en conformité avec les recommandations économiques du FMI. C?est ce que l?on appelle les ajustements structurels. Ces derniers sont principalement destinés à faire baisser les dépenses publiques et à privatiser certains secteurs considérés par le FMI comme inefficaces. Le FMI peut également demander à ce que les pays fassent un effort pour libéraliser l?accès à leur marché intérieur.

En principe ces recommandations évitent des plans d?austérité beaucoup plus dramatiques au cas où le pays se retrouvait en défaut de paiement et ne trouverait aucune source de financement. Reste la question de savoir si ces recommandations sont suffisamment adaptées à la diversité des situations propres à chaque pays.

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