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Le FMI insiste sur la nécessité d’entreprendre des réformes

27 juillet 2004, 20:00

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Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu le 21 juillet dernier les consultations avec Maurice sur l’état de l’économie. Le board du fonds a étudié le dossier mauricien et devrait soumettre son rapport prochainement.

Selon les premières indications, les conclusions du FMI sont somme toute mitigées. L’institution de Bretton Woods trouve effectivement que l’économie a été “bien gérée”, ce qui a permis au pays d’enregistrer un taux de croissance élevé au cours des deux dernières décennies. Toutefois, dans le cadre des importants changements dans l’environnement mondial, et notamment l’érosion des préférences commerciales, des réformes urgentes s’imposent.

Le FMI estime que le gouvernement a commencé à préparer l’économie à faire face aux nouveaux défis qu’implique l’érosion des préférences. Certaines réformes ont été introduites et des efforts ont été déployés pour trouver de nouveaux pôles de croissance.

La réforme des lois du travail, pour éliminer les rigidités qui les caractérisent, reste malgré tout à être réalisée. Le FMI recommande fortement aux autorités de prendre des mesures pour introduire plus de flexibilité dans le marché du travail. Cette question devient cruciale à mesure que le pays sera confronté à la concurrence des pays où les salaires sont moins élevés.

<B>Réjouissances et inquiétudes</B>

Les défis qui se profilent à l’horizon, dans le moyen terme, paraissent difficilement surmontables, mais le FMI se dit “confiant” que Maurice saura les relever de la même manière qu’elle a pu affronter d’autres difficultés dans le passé.

Pour ce qui est de la performance de l’économie en 2003, le FMI se réjouit de la reprise de la croissance et de la meilleure santé des secteurs sucrier et touristique. La réduction de l’inflation est particulièrement appréciée. Le fonds se dit néanmoins “préoccupé” par le niveau du déficit public, la croissance du ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) et au taux élevé du chômage.

Pour ce qui est de la politique fiscale, le FMI accueille favorablement les mesures prises dans le budget 2004-2005, qui devraient aider à réduire le déficit. Toutefois, même à 5 % du PIB, le déficit reste élevé et fera grimper le ratio de la dette par rapport au PIB de manière préoccupante.

Le FMI recommande donc aux autorités d’être “plus agressives” dans leurs efforts pour faire baisser le déficit, en raison des risques de baisse de régime au niveau économique. Un ralentissement économique couplé à une brusque remontée des taux d’intérêt pourrait effectivement entraîner une dangereuse spirale de la dette.

Le FMI invite vivement les autorités à tirer profit du fait que le niveau de la dette est encore “gérable” pour prendre les mesures qui s’imposent afin de faire baisser le déficit.

Une rationalisation de la collecte des revenus devient obligatoire, en éliminant par exemple les exemptions fiscales. Les tarifs d’électricité doivent également être ajustés. L’adoption d’un mécanisme automatique d’indexation des prix des produits pétroliers, la création prochaine d’une Revenue Authority et l’introduction d’un Medium Term Expenditure Framework sont des initiatives qui vont dans la bonne direction.

<B>Elargir l’assiette fiscale</B>

Au niveau des dépenses, les analystes du FMI réitèrent leur recommandation pour une révision du système des prix subventionnés au bénéfice d’une approche plus ciblée de prestations sociales. L’institution trouve également que, pour une économie comme Maurice, il y a encore de la marge pour élargir l’assiette fiscale.

Le FMI fait par ailleurs l’éloge de la Banque de Maurice (BoM) pour la manière dont elle a mené la politique monétaire et celle des taux de change. La position prudente en matière de politique monétaire au cours de ces dernières années et la baisse du taux d’inflation a permis une baisse des taux d’intérêt, qui est propice pour encourager l’investissement.

Le FMI estime que la Banque centrale a gagné en crédibilité en réussissant à réduire l’inflation, et ce malgré un déficit public assez élevé. Le fonds approuve également l’adoption d’un nouvel instrument, en l’occurrence les Bank of Mauritius Bills, pour absorber l’excès de liquidités sur le marché.

Pour poursuivre dans cette voie, l’institution recommande le développement d’un marché secondaire pour les obligations de l’Etat et les Bank of Mauritius Bills. Le système financier aurait également tout à gagner en développant un marché pour la dette des entreprises.

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