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Le flou persiste autour de la scolarité obligatoire
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Le flou persiste autour de la scolarité obligatoire
?C?est une des plus glorieuses pages de l?éducation à Maurice? qui s?écrit. Le ministre de l?Education Steven Obeegadoo n?a pas mâché ses mots au Parlement, hier, lors de la présentation de l?Education (amendment) bill. Ce projet de loi a été adopté sans amendement.
Depuis 1993, date à laquelle l?école primaire a été décrétée obligatoire pour tous, c?est le plus grand bond en avant de l?éducation nationale. A partir de la rentrée (17 février), chaque enfant mauricien devra obligatoirement rester à l?école jusqu?à l?âge minimum de 16 ans.
Mais la mise en application demeure floue. Les mécanismes de suivi sont inconnus. Ils méritent d?être éclaircis. Malgré sa longue plaidoirie, le ministre n?a pas levé entièrement le voile sur le modus operandi de son plan. Steven Obeegadoo n?a donné que quelques petits indices.
Un atelier de travail sera organisé pour les recteurs, au cours duquel les détails seront fournis sur l?application de la loi. Une Project Management Unit sera mise sur pied au sein du ministère. Un steering committee sera aussi créé.
Regroupant plusieurs ministères (Formation, Santé, Sécurité sociale, Droits de la femme) et des organisations non gouvernementales, ce comité aura la charge d?assurer la coordination. Une campagne de communication sera lancée début 2005 pour conscientiser les parents.
Même si la loi prévoit que le parent ou la personne en charge d?un enfant, qui ne va pas à l?école sans raison, risque une amende de Rs 10 000 et un emprisonnement de deux ans, au maximum, le ministre se veut rassurant. ?Nous n?allons pas remplir les prisons de parents récalcitrants.?
Pour James Burty David, député travailliste et ancien ministre de l?Education, cette clause n?a pas lieu d?exister. ?Il aurait fallu trouver une autre alternative que l?emprisonnement. Une étude a-t-elle était faite pour savoir combien de parents n?envoient pas leurs enfants à l?école et pour quelles raisons ?? demande-t-il. ?Vous serez surpris de savoir combien d?élèves ne vont pas à l?école à cause de la pauvreté.?
Contradiction avec d?autres lois
La députée Mouvement militant mauricien (MMM) Danielle Perrier est d?accord avec ce membre de l?opposition. Elle aussi affirme ne pas être favorable à cette clause. ?Il faudrait plutôt trouver les raisons pour lesquelles certains enfants ne vont pas à l?école.? L?autre députée MMM, Françoise Labelle demande ?un suivi bien rigoureux pour les hardship cases?.
Pour Steven Obeegadoo, la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans est un devoir social et moral, autant qu?un impératif économique. 68 % des sans-emploi n?ont pas le School Certificate. 25 % des chômeurs n?ont même pas un Certificate of Primary Education (CPE). ?Le lien entre l?éducation et le risque de se retrouver au chômage est évident.?
Pour rendre la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans, il a faut des places. En quatre ans, 33 collèges d?Etat ont vu le jour. A titre comparatif, entre 1800 et l?an 2000, l?Etat en a construit 34. Avant le plan de construction, la ?scolarité gratuite universelle était un mythe. En 2000, il n?y avait pas assez de place pour un grand nombre dans le secondaire?.
Ces propos énervent James Burty David. ?Certains veulent effacer des paragraphes de l?histoire.? La scolarité gratuite a permis l?émancipation des couches au bas de l?échelle sociale. L?autre point relevé par James Burty David a trait à la législation elle-même. L?amendement est en contradiction avec d?autres lois, en l?occurrence l?Apprenticeship Act et le Labour Act. Elles autorisent les enfants à travailler à partir de 15 ans. ?Il faudra harmoniser les lois.?
Le dernier point de discorde entre les deux principaux orateurs a trait à la filière pré-professionnelle. Pour Steven Obeegadoo, il n?est pas question de caser les enfants qui ont échoué au CPE ?juste pour les tirer de la rue?. Il faut un système qui réponde à leurs besoins. Un accord a été trouvé hier avec la Fédération des managers des collèges privés. Le ministre s?assure ainsi d?avoir assez de place dans cette filière pour absorber les enfants qui auraient abandonné sans la nouvelle loi.
James Burty David se fait un malin plaisir de démolir ce projet du ministre, en citant plusieurs alinéas provenant d?un rapport récent de l?inspectorat national. Ce document émet de vives critiques quant à la mise en pratique de la filière pré-professionnelle. ?Cela montre que c?est un échec total.?
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