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Le ?flexitime? est encore méconnu, constate le MRC

24 août 2006, 00:00

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Comment rendre les heures de travail plus adaptables à la fois aux exigences de l?économie et aux attentes des salariés ? Une récente étude commandée par le ministère du Travail et réalisée par le Mauritius Research Council (MRC) s?est penchée sur la question. Un constat: il y a encore beaucoup de méfiance autour du concept flexitime (horaire à la carte), même si le souhait pour un aménagement du temps de travail, le rendant plus flexible, existe tant chez les patrons que chez les employés.

Les nouvelles conditions économiques remettent en question la culture du ?9 heures ? 16 heures? qui caractérise le monde du travail à Maurice. Mais les implications techniques et financières d?un changement sont importantes. Chaque activité et chaque métier a ses propres réalités. Dans certains secteurs, le flexitime s?adapte mieux que dans d?autres. De plus, des modes de travail souples sont pratiques courantes dans certaines industries.

De manière générale, l?adoption formelle du flexitime a pour but de permettre aux employés de varier non seulement leurs heures, mais aussi leurs jours de travail dans la semaine. Toutefois, il existe des core hours (des heures essentielles) pendant lesquelles tous les employés doivent être opérationnels. Il en est ainsi pour la tranche de 10 heures à 14 heures, horaire obligatoire qui nécessitera des arrangements plus souples.

On pourrait ainsi imaginer un démarrage de travail varié (starting range) entre 7 h et 10 h et un finishing range entre 16 h et 19 h. D?autres types de formules de travail flexibles existent, tels le travail à temps partiel, les semaines de travail compressées (activité répartie sur un nombre de jours de travail réduit), le travail par équipe (shift - une équipe relève un groupe précédent, permettant à l?entreprise d?allonger ses heures d?opération), le working time accounts (système qui enregistre et gère les acquits et les déficits cumulés des heures de travail des salariés), le work sharing (réduction du nombre d?heures de travail d?un employé pour le redistribuer à un plus grand nombre), le job sharing (arrangement volontaire entre deux employés pour se partager une tâche à plein temps) et le telecommuting (le travail à la maison ou chez le client, par exemple).

L?étude du MRC constate que les employeurs et les employés ne sont pas familiers avec les différentes modalités du travail flexible. Les aménagements d?horaires actuellement en pratique sont essentiellement de nature informelle et discrétionnaire.

Opinions stéréotypées

Le rapport met en relief les principaux obstacles à la diffusion de nouvelles pratiques dans le monde du travail à Maurice. Les différents types de flexitime demeurent peu connus et sont même victimes d?une mauvaise perception. ?Le concept est entaché par des opinions stéréotypées qui feraient croire que ce type d?arrangement provoquera le chaos et mènera vers une chute dans la productivité?, écrivent les rédacteurs. Chez les patrons, l?idée évoque des perturbations permanentes dans les usines, les bureaux et sur les chantiers. Le flexitime projette une image chaotique où les employés choisiraient à leur guise leurs horaires de travail. De leur côté, les salariés craignent surtout des ruptures dans leurs routines.

Le rapport cite un cas où des ouvriers d?une usine de la zone franche ont farouchement résisté à une décision de repousser leur période de déjeuner d?une heure.

Les formules, tels le travail à temps partiel, le travail de chez soi ou selon le système compressed weeks, n?ont pas encore pénétré les m?urs mauriciennes. ?En sus du changement qui doit s?opérer dans la mentalité, l?amélioration des pratiques nécessitera l?avènement d?une législation appropriée pour veiller à la bonne marche des modes flexibles?, est-il proposé. Des observations plutôt pessimistes du rapport révèlent que certaines catégories de travailleurs manuels profiteront des heures flexibles pour prendre des jobs à temps partiels. Ce qui serait à l?encontre des objectifs mêmes du flexitime en raison d?un stress additionnel sur les travailleurs à temps partiel (part-timers).

Une autre donnée de taille, le problème de transport et de la congestion routière, est relevée dans les débats. Bien des personnes perdent un temps précieux dans les embouteillages, surtout aux heures de pointe. Un cadre de travail plus souple pourrait atténuer les conséquences négatives des problèmes de trafic routier sur la performance au travail.

?Il faut donner la possibilité aux employés de travailler pendant les heures durant lesquelles ils sont plus performants et productifs. Le stress et la fatigue ont des répercussions néfastes sur la productivité des employés. Il faut étudier sérieusement la possibilité d?introduire le flexitime là où cela serait possible?, commente Dev Luchmun, président de Labour Watch (Mauritius), une organisation non gouvernementale.

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