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Le fils d?un ministre impliqué dans un accident fatal
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Le fils d?un ministre impliqué dans un accident fatal
La victime, Sonee Caussy, allait rendre visite à sa fille.
ça n?en finit pas ! Le nombre de victimes d?accidents de la route augmente à un rythme effréné. Trois habitants du nord de l?île sont venus s?ajouter à cette liste. Mardi, Caseenath Abacousnah, 67 ans, meurt renversé à Vallée-des-Prêtres. Lundi soir, Parbotteea Seesahye, un laboureur de Goodlands âgé de 38 ans, meurt d?une fracture du crâne. Le 4x4 dans lequel il se trouvait a été embouti par une voiture à Vacoas. Le tout-terrain aurait surgi d?une voie latérale devant le véhicule qui se déplaçait sur la route principale. Presque au même moment, Pravind Kumar, le fils du ministre du Commerce et des coopératives, Prem Koonjoo, se dirigeait vers Fond-du-Sac à bord d?un pick-up quand il a renversé une piétonne, Sonee Caussy, 64 ans.
Il est près de 19 heures lorsque l?étudiant, âgé de 20 ans, quitte le domicile de ses parents à Plaine-des-Papayes. Il est à l?entrée de Fond-du-Sac quand, selon sa version des faits, une vieille dame traverse brusquement la route devant lui. Ne pouvant pas l?éviter, il la percute, la tuant sur le coup. Ancienne employée du Jardin botanique de Pample-mousses, la victime se rendait, comme d?habitude chez sa fille Lalita qui habite non loin de là. C?était devenu un rituel depuis le décès de son époux survenu en décembre. Sonee passait la nuit chez sa fille quand son benjamin, qui est infirmier, était de garde.
Le fait que ni le ministre, ni Pravind Kumar Koonjoo, ni ses proches, n?aient présenté leurs condoléances à la famille de la victime ou assisté à ses funérailles donne déjà lieu à plusieurs interprétations. « Nous connaissons très bien Prem Koonjoo. C?est notre voisin. C?est aussi un travailleur social. Nous n?avons rien contre le chauffeur car un accident peut arriver à n?importe qui », explique un proche parent de Sonee Caussy.
« Au moment des funérailles, la famille était occupée à soutenir le jeune Pravind Kumar dans son épreuve. Peut-être avons-nous eu tort de ne pas présenter nos condoléances aux proches de Sonee Caussy par crainte d?être pris à partie », confie, de son côté, un proche de la famille Koonjoo.
Libéré sur parole, puis sur une caution de Rs 30 000 pour une accusation provisoire d?homicide involontaire, Pravind Kumar Koonjoo devra se présenter de nouveau au tribunal de Mapou cette semaine. Comme il doit reprendre ses cours dans une université étrangère, il demandera que l?interdiction de quitter le pays qui pèse sur lui soit enlevée sous certaines conditions.
Une grande admiration pour le Mahatma
En attendant, dans la famille de Sonee Caussy, on se demande encore « si l?enquête policière dans cette affaire sera menée de façon indépendante ».
« Les proches de la victime n?ont rien à craindre, nous menons notre enquête de manière professionnelle », répond un gradé de la police du Nord.
Habitant Eros Lane à Plaine-des-Papayes, Sonee Caussy allait fêter ses 65 ans le 5 décembre. Mère de quatre enfants, elle ne rechignait jamais à marcher. Lorsqu?elle travaillait au Jardin botanique, elle faisait régulièrement cinq kilomètres à pied pour prendre le bus sur l?autobus du Nord à Belle-Vue Harel, aux abords du stade Anjalay pour aller à Pamplemousses.
Même si elle était issue d?une famille modeste, elle a pu voyager en Inde et dans une partie de l?Europe. Avant que son époux ne meure, elle était partie visiter la Grande péninsule, terre de ses racines. Elle vouait une grande admiration pour le Mahatma Gandhi et n?a pu s?empêcher de poser à côté de sa statue en cire au musée de Madame Tussaud à Londres lors de son passage en Angleterre, il y a neuf ans. Des photos d?elle à côté des effigies de Rajiv et Indira Gandhi, de Yasser Arafat ou de Lady Di étaient sa grande fierté.
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