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Le feu sacré pour le kathak

8 mai 2007, 00:00

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Le décor du salon est typiquement indien : des statuettes en bronze de Nataraj (dieu de la danse), de Shiva et d’une femme, un paravent en bois finement sculpté, des tableaux ramenés de la Grande Péninsule par ses parents… Jaya Mulloo, 18 ans, est dans son élément pour donner libre cours à sa “plus grande passion” : la danse classique kathak.

Svelte, gracieuse avec de longs cheveux qui lui couvrent les hanches, Jaya a obtenu depuis l’année dernière son Certificate Course de l’école de danse de l’Institut Mahatma Gandhi. Ces cours ont duré trois ans. “J’ai fait une pause cette année en raison de mes examens de HSC. L’année prochaine, je compte reprendre mes cours en vue d’un Advanced Certificate en kathak”.

La passion de cette fille de Montagne-Blanche pour la danse est si intense qu’elle ne voit pas passer le temps. En fait, elle s’enthousiasme de consacrer encore cinq ans à des cours de kathak, soit deux ans pour son Advanced Certificate et trois ans pour l’obtention d’un diplôme universitaire. “J’aurais aimé faire mon diplôme en Inde”.

Quatre ans à New Delhi</B>

Enfant, Jaya a vécu longuement à New Delhi. Son papa, Jay Mulloo, a travaillé à l’ambassade mauricienne pendant quatre ans. “Depuis notre retour à Maurice, je n’y suis pas retournée. J’aurais tant aimé revisité l’Inde”. Sa maman voulait lui faire suivre des cours de danse classique en Inde, mais elle avait des difficultés à trouver un prof pour donner des leçons particulières à une enfant. Donc, dès le retour de la famille à Maurice, elle a saisi la première occasion pour enrôler sa fille au cours du MGI.

Le kathak n’est pas une mince affaire. Il faut souffrir de douleurs musculaires au début de l’initiation et consacrer au moins deux heures par jour aux répétitions. “Je répète le soir dans une chambre paisible et spacieuse à l’étage avec de la musique en sourdine. Il y a au moins un minimum de vingt mouvements à chaque danse”.

Jaya explique que la première année du Certificate Course est consacrée à l’enseignement des mouvements. Les deuxième et troisième années permettent aux élèves d’apprendre les tukras (séquences de danse). “Je dois beaucoup à mon prof, Satima Jhootun, qui a été très patiente avec moi”.

Le kathak, estime Jaya, est populaire parce qu’il comprend des formes de danse à la fois classique et semi-classique. “A Maurice par exemple, on apprécie mieux la danse semi-classique”.

Jaya adore les séquences de danse kathak dans les films indiens, en particulier celle exécutée par l’actrice Madhuri Dixit dans le film Devdas. “Mon chorégraphe indien préféré est Birju Maharaj, qui a réalisé la chorégraphie de la chanson Kahe Cher More dans le film”.

La jeune fille ne se plaint pas d’avoir un calendrier scolaire chargé et des répétitions à la maison. “Du moment qu’on entre dans le monde de la danse, on est émerveillé. On a envie d’innover à chaque fois. Jaya se produit souvent pendant des fêtes culturelles dans son collège, le Rajcoomar Gujadhur SSS, à Flacq. Elle a aussi donné une première représentation en public à l’initiative du Youngsters Club de Petit-Paquet.

La jeune fille estime qu’il y a un retour vers la danse kathak. “Je pense qu’on peut gagner sa vie en dansant. J’admire beaucoup le duo Sandip Bhimjee-Anna Patten de l’Art Academy. J’aurais aimé y suivre des cours”. Jaya est reconnaissante à ses parents qui l’ont toujours encouragée à persévérer dans le domaine de la danse. “Mes parents me permettent de m’épanouir. Je ne passe pas mon temps à étudier, mais j’apprends aussi à vivre en société. Nous sommes une famille très unie. La preuve : nous portons tous les mêmes initiales J.M. Ma maman s’appelle Jyoti et ma cadette Jeshla. Même nos trois chiens ont des prénoms commençant par la lettre J”.

D’ailleurs, elle s’est lancée dans le social au sein du Coquille Benevolent Club dans son collège. Après ses examens de HSC, elle aurait aimé faire des études en psychologie ou suivre des cours ACCA en vue de devenir expert-comptable. “Cependant, j’ai un faible pour la psychologie. J’aurais aimé pouvoir traiter des problèmes de l’adolescence”.

Jaya a pour sports préférés le badminton et la natation. La lecture de romans et de journaux et les longs-métrages télévisés meublent également son temps libre.

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