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Le faux pas de Tengur...
«La démarche de Suttyhudeo Tengur est tout à fait inutile et le ministère de l?Education se tient prêt à fournir tous les renseignements à l?Icac, si jamais cela s?avère nécessaire. » C?est ce qu?a déclaré le ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, sollicité hier par l?express-dimanche, par rapport à la démarche du président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU).
Suttyhudeo Tengur a référé en octobre dernier à l?Independent Commission against Corruption (Icac) la « réclamation » de Rs 11 millions qu?aurait faite le Bureau de l?éducation catholique (BEC) à la Private Secondary Schools Au-
thority (PSSA) pour rénover ses écoles dans le cadre de la réforme. Le président de la GHTU estime qu?il y a eu « escroquerie et fraude » car le BEC aurait réclamé de l?argent pour des travaux jamais entrepris. Il a été convoqué mardi dernier à l?Icac pour soutenir ses allégations. « J?ai remis à la commission toutes les informations et documents dont je dispose sur cette affaire », explique le syndicaliste.
Si le ministre s?est abstenu jusqu?à présent de tout commentaire, c?est parce que « ces allégations de Sutty-hudeo Tengur sont si farfelues et sa démarche si ridicule qu?elles se passent de commentaires ». Steven Obeegadoo ajoute que la démarche du président de la GHTU « n?a aucune justification dans la mesure où tout avait été fait dans les règles ».
Ces commentaires du ministre de l?Education étaient attendus, d?autant plus que, dans un communiqué émis vendredi, le BEC s?est dit
« étonné du silence des autorités gouvernementales concernées devant les allégations de Suttyhudeo Tengur».
« Emprunts approuvés »
Dans son communiqué, le BEC décline en détail la chronologie des consultations entre les représentants du ministère, de la PSSA et du BEC l?an dernier. Celles-ci avaient pour but de calculer le montant d?un emprunt du BEC auprès de la Banque de développement (DBM). Ce prêt devait couvrir les dépenses encourues en 2002 par les autorités catholiques pour rénover leurs collèges dans le cadre de la réforme.
Le ministre a confirmé hier à l?express-dimanche tous ces détails : « Le principe que les autorités catholiques puissent avoir recours à ces emprunts a été approuvé par le gouvernement. »
Toutefois, affirme le BEC, à ce jour aucun de ses collèges n?a contracté d?emprunt auprès de la DBM pour le remboursement des Rs 10,4 millions dépensées en 2002 pour la rentrée scolaire 2003.
« Il n?y a jamais eu de mouvement d?argent», confirme le directeur de la PSSA à l?express-dimanche.
Dès lors que les autorités gouvernementales récusent ces allégations d?escroquerie de la part du BEC et se disent prêtes à en témoigner, l?on peut légitimement se demander si Suttyhudeo Tengur ne s?est pas trompé.
L?explication se trouverait dans les « documents » sur lesquels s?appuie le syndicaliste. Dans sa lettre de dénonciation qu?il a adressée à l?Icac le 3 octobre 2003, il dit les avoir reçus anonymement par la poste.
Ces documents comprennent : le rapport, daté du 15 avril 2003, d?un inventaire dressé par la PSSA des travaux effectués dans les collèges du BEC dans le cadre de la réforme, les procès-verbaux des réunions du comité mis sur pied pour examiner cette question les 18 et 24 avril 2003.
L?inventaire du 15 avril 2003 fait état de travaux «non visibles ou tangibles» ou encore ceux pour lesquels des reçus n?ont pas encore été présentés à la PSSA. En outre, les procès-verbaux indiquent que certaines réclamations ont tout bonnement été abandonnées par le bureau catholique. Par exemple, les réclamations de Rs 1 million pour le collège St Mary?s ont été entre-temps retirées, tout comme celles du College St Joseph.
« Le rapport préliminaire de la PSSA sur lequel se serait basé Suttyhudeo Tengur se référerait aux innovations infrastructurelles visibles, alors que les dépenses encourues vont au-delà », explique le ministre Obeegadoo.
« Le document auquel se réfère Tengur n?est pas un document final, c?est un document de travail », ajoute le vicaire général Jean-Maurice Labour.
Le syndicaliste, lui, n?en démord pas: « Du moment que le Bureau de l?éducation catholique se retire de la réforme, il ne peut prétendre recevoir des facilités de l?Etat. Au contraire, puisque le BEC s?est retiré unilatéralement de la réforme, l?Etat aurait dû le poursuivre pour rupture de contrat. »
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