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Le documentaire, un dévoilement de la réalité
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Le documentaire, un dévoilement de la réalité
SI les films dans tous leurs genres sont très appréciés à Maurice, les documentaires restent toutefois méconnus, alors qu?ils sont capables de nous montrer les réalités quotidiennes qu?on a trop souvent tendance à ignorer. A la demande de son ministère des Affaires étrangères, le Centre Culturel Charles Baudelaire organise avec ses partenaires mauriciens (MFDC, MBC), pour la 4e édition du mois documentaire, des journées du documentaire (21 et 27 novembre) dans une optique pédagogique. C?est une manière d?épauler les réalisateurs mauriciens qui s?engagent dans la production des documentaires francophones qui visent le dévoilement de la réalité locale, en présentant leurs ?uvres au public mauricien. Projections de films de qualité à un large public, intervention des professionnels du cinéma à des débats et rencontre entre le public et des équipes de producteurs et réalisateurs sont au programme.
La soirée du vendredi 21 novembre a été consacrée à la rencontre avec David Constantin, réalisateur, et Selven Naidu, directeur général de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Rappelons que David Constantin avait animé au courant de l?année 2003 des ateliers sur le cinéma pour expliquer les techniques de la production cinématographique. Son objectif consistait à rapprocher le public, surtout les jeunes, de la culture cinématographique. Actuellement, il assiste à la réalisation du film Bénarès de Barlen Pyamootoo.
Selven Naidu est directeur général de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Lors de la journée consacrée au Development and perspectives of the Film Industry in Mauritius du 7 juillet 2003, il affirmait s?être donné pour mission de créer une culture du film documentaire à Maurice parce qu?il y trouve ?un excellent moyen de se positionner sur le marché international du film?.
Un apprentissage pas comme les autres
Vendredi dernier, le public a eu l?occasion de découvrir le film Etre et Avoir de Nicolas Philibert, présenté au Festival de Cannes 2002 dans la catégorie des jeunes critiques, sorti en salle le 28 août 2002. C?est un documentaire sur une classe unique d?Auvergne (France) dans laquelle sont regroupés autour d?un seul maître, Lopez, tous les écoliers du village de Saint-Etienne du Usson (Puy-de-Dôme), de la maternelle au CM2, faute de classes. A travers ce petit groupe hétéroclite, Nicolas Philibert prend l?enfance au sérieux. Son film est un excellent témoignage, fait d?une rare sensibilité, sur les enfants qui se retrouvent en dehors de leur cadre parental dans un milieu d?apprentissage pas comme les autres. C?est un poignant documentaire sous forme de méditation sur le temps subi par l?enfance. Le sujet principal du film se laisse découvrir après son tournage plutôt que pendant la conception : ?avant le tournage, je crois que j?avais oublié à quel point il est difficile d?apprendre, mais aussi de grandir. Cette plongée à l?école me l?a rappelé avec force. C?est là, peut-être, le vrai sujet du film.?
La journée du 27 novembre sera consacrée à la projection des deux films documentaires tournés par des Mauriciens. Avinash Bissoondoyal, réalisateur à la MBC depuis trois ans, producteur de Avis de recherche et autres documents de société, présente Ma rue? ma vie, un film documentaire sur la situation des sans domicile fixe (SDF) à Maurice. Tourné essentiellement à Port-Louis, Rose-Hill et Mahébourg, et surtout le soir, il y a de cela un an et demi, le reportage donne un aperçu des dessous de la société mauricienne.
Vocation
Des gens qui ont élu domicile dans la rue sont interrogés, parmi lesquels figure un ancien député parlementaire. Si le film de Bissoondoyal, qui déplore l?absence de certains aspects de notre société en images, est un aperçu de cette dure réalité, il montre toutefois que tout n?est pas si noir que ça. Il y un une note d?espoir grâce à des associations de volontaires qui tendent une main aux exclus.
Le deuxième film est une réalisation d?Utam Ramchurn, aussi membre de l?équipe de production à la MBC depuis un an. Il présente La couleur à travers les barreaux. C?est un portrait documentaire sur la vie d?un détenu, Rajesh Heetun, qui découvre sa vocation dans la prison de Richelieu où il purge une peine de quatre ans. Il devient peintre de service à la prison dont il va décorer les diverses façades. Utam Ramchurn prépare actuellement une série de documentaires sur le patrimoine mauricien. Une rencontre avec ces réalisateurs, opérateurs itinérants qui ont parcouru l?île Maurice pour détecter les faits de notre société afin de les immortaliser dans la mémoire des spectateurs, est prévue avant la projection des films.
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