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Le crack démasqué par un serveur de MT
Vishal Ramessur, le crack informatique dont le nom passera pour la postérité comme le premier pirate ayant réussi à mettre à genoux le réseau Internet du pays dans la journée de dimanche, a été démasqué par un autre serveur de sauvegarde de Mauritius Telecom (MT).
Ancien employé de la boîte, il était l?une des rares personnes à posséder le code d?accès au c?ur du réseau. Au courant des protocoles, il aurait détruit le logiciel de configuration ainsi que son back-up avant d?effacer les traces de son passage dévastateur.
Mais ce qu?il ignorait sans doute, c?est qu?un autre serveur avait enregistré l?opération. Toutes ses manipulations auraient été notées et auraient été retracées par MT lorsque le système s?est crashé. L?ingénieur de Nortel n?a fait que confirmer ce que l?opérateur savait déjà. L?Information and communication technologies authority (Icta) et les Casernes centrales sont mises au parfum du « cyber-délit ». Plus de 6 000 abonnés utilisant l?Internet normal et l?ensemble des utilisateurs ADSL sont hors-circuit.
Des limiers du Central Criminal Investigation Department (CCID) et de l?Information Technology Unit de la police, dirigée par l?inspecteur Narayen Gangalaramsamy entrent en scène
Une liste des suspects potentiels est dressée. Le profil correspond à des ex-employés qui en voudraient à MT. Le code d?accès utilisé dans ce cas précis confirme les doutes de la police : il s?agit de celui de Vishal Ramessur, Senior Network Technician de trente-deux ans, habitant Goodlands.
<B>Son mobile serait la vengeance</B>
Une perquisition à son domicile en milieu de semaine permet la saisie de son ordinateur portable, appartenant à son nouvel employeur, Network Plus, fournisseur d?accès à Internet. Le laptop a été retenu comme élément à charge contre lui, étant donné qu?il contiendrait encore les traces de son méfait. Les experts de la police estiment que le pirate aurait agi seul.
Son mobile serait la vengeance. Il avait démissionné de MT à la mi-mars « par frustration ». « C?est un gars brillant. Il est très bon dans son domaine et il voulait une promotion. Mais on n?est pas une entreprise privée, d?autres éléments entrent en jeu, comme l?ancienneté et le parcours académique. On lui avait offert une allocation spéciale pour apaiser son appétit », explique un responsable de MT.
Vishal Ramessur était en congé et selon des sources concordantes, il avait pris de l?emploi chez Network Plus et à la fin de ses vacances, il sollicitait un « leave without pay » pour travailler chez le concurrent de l?opérateur national. Mais MT l?a mis au pied du mur et on lui a laissé comprendre qu?il était libre de prendre la porte, s?il n?était pas satisfait de ne pas avoir été promu.
« Il voulait peut-être montrer que le réseau de MT n?était pas aussi sécurisé qu?il le laissait croire, et il a réussi son coup. C?est comme pour faire un parallèle avec le hold-up sanglant dans la chambre forte au siège de la MCB », décortique un gradé des Casernes centrales.
L?Icta, de son côté, a eu des séances de travail avec MT pour s?assurer qu?un incident de ce genre ne se répète pas à l?avenir. « Il y va de la réputation du pays » explique Dev Erriah, président de l?organisme régulateur. Une batterie de recommandations sera proposée par l?Icta, dans les jours à venir, pour consolider davantage la sécurité du réseau Internet. « Il faudra aussi veiller à ce qu?un opérateur n?ait pas une unique centrale de distribution. Si cela saute, c?est la catastrophe. Il faudrait qu?il y en ait plusieurs, sur Rose-Hill par exemple, sur lesquelles les abonnés peuvent se rabattre en cas de pépin? », fait ressortir Dev Erriah.
Il aura donc fallu Vishal Ramessur pour revoir la sécurité à un niveau aussi sensible chez MT? Le principal concerné, marié et père d?un enfant, nie les faits qui lui sont imputés.
Il a retenu les services Me Joy Beehary pour se défendre de l?accusation de « denying access to a computer system », en contravention à l?article 7 (b) du Computer misuse and cybercrime Act de 2003. Il a été traduit en cour de Port-Louis et a été remis en liberté en fin de semaine.
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