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Le crédit redéployé
L?économie mauricienne fait face à un sérieux paradoxe. D?un côté, des entrepreneurs, en particulier ceux qui sont à la barre des petites et moyennes entreprises (PME), éprouvent toujours des difficultés à accéder aux capitaux. De l?autre, les banques regorgent de liquidités, chose qui laisserait supposer qu?il n?y a pas suffisamment de projets intéressants à financer. Trouver une solution à ce déséquilibre n?est pourtant pas chose facile.
Les deux premières institutions bancaires du pays, la Mauritius Commercial Bank (MCB) et la State Bank of Mauritius (SBM) affichent toutes deux des baisses dans leurs portefeuilles de crédits. Leur clientèle traditionnelle, les grosses corporates jouent à l?attentisme. Malgré les baisses successives du taux d?intérêt, les opérateurs ne se bousculent pas chez leurs banquiers. D?abord, les opportunités de croissance se sont fait plutôt rares ces dernières années. D?autre part, des grosses entreprises qui ont des projets ont préféré profiter de la baisse des taux d?intérêt sur le dollar en empruntant sur le marché international.
Par ailleurs, les banquiers sont tenus d?être plus prudents avant d?avancer des prêts. La zone franche, un des principaux destinataires des crédits bancaires, est désormais considérée comme un secteur à risque en raison de ses déboires. Les institutions bancaires ont plus que jamais intérêt à veiller à une utilisation plus prudente et plus judicieuse de l?argent de leurs déposants surtout après les nombreuses malversations financières massives tant à Maurice qu?à l?étranger.
Face à ces nouvelles donnes, les banques locales sont contraintes d?identifier des nouveaux axes de croissance. Il y a, en premier lieu, une refonte du portefeuille des prêts. Du coup, les particuliers, naguère considérés comme étant un segment peu économique, sont courtisés de part et d?autre. Plans de prêt-logement, students loans et autres n?ont jamais été aussi accessibles que maintenant.
Le marché des particuliers permet aux banques commerciales d?exploiter un créneau relativement sécurisé. Les prêts accordés sont en général assortis des garanties dont des biens personnels. Les bénéficiaires ont donc intérêt à ne pas tergiverser vis-à-vis des engagements pris auprès des banques.
Les banquiers ont également les yeux rivés sur les non-interest income, à savoir les revenus perçus sur le forex et les prestations de services de trésorerie, entre autres. La SBM, par exemple, a pu doubler le niveau de ses revenus non-interest en une année (décembre 2002 à décembre 2003) grâce à une stratégie délibérée conçue pour tenir compte des nouvelles réalités.
Reste qu?il existe toujours très peu d?initiatives susceptibles de toucher les PME, identifiées comme le principal pourvoyeur des emplois de demain. Parmi les exceptions, la Barclays qui a lancé l?année dernière un plan spécifique pour les entrepreneurs.
Les PME doivent s?habituer aux modes de financements non conventionnels. D?autres mécanismes, dont les fonds de capital-risque, répondent mieux à leur profil de risques-retours. C?est le maillon qui fait toujours défaut dans le circuit des capitaux.
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