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Le CPE réussit en langues orientales

12 décembre 2004, 00:00

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S?il y a quelqu?un pour lequel ce samedi 11 décembre sera un jour mémorable, c?est bien Laval Maval, père de Stéphanie Béatrice, qui a fait ses études primaires à l?école St Pierre RCA. C?était la publication des résultats de l?examen de fin d?études primaires, le Certificate of Primary Education (CPE).

« Je n?ai pas de mots pour exprimer ma joie. La séparation des parents ne devrait pas compromettre l?avenir d?un enfant. Ma femme et moi sommes séparés. J?ai joué le rôle de père et de mère pour ma fille depuis qu?elle a 4 ans. Elle a obtenu une mention A dans cinq sujets. Elle va étudier au collège Lorette de St Pierre. Sa réussite est un cadeau pour moi. »

Depuis très tôt samedi matin, les parents se sont précipités à l?école pour prendre les résultats de leurs enfants. A dix heures, il n? y avait plus personne dans la cour.

Avec l?abolition du ranking, l?introduction de la régionalisation et la construction de nouveaux collèges, il n?y a pas lieu de se faire de soucis pour caser son enfant. Le jour des résultats, la seule question qui préoccupe les parents, c?est le collège qui sera attribué à leur progéniture. « Je suis satisfait du collège que ma fille a obtenu », explique Laval.

Du côté des écoliers, il y a moins de pression. Avec le ranking, la performance de l?écolier était jugée sur les points obtenus dans chaque sujet. C?est le nombre de points obtenus qui déterminait le collège qui lui serait attribué. C?est un concept qui favorisait la compétition. Elle a été féroce dans beaucoup de cas. Chaque point et chaque demi-point comptaient. C?était un système élitiste à outrance où, pour obtenir une place dans les collèges dit star schools, il fallait être parmi les meilleurs. Avec la nouvelle méthode de grading, l?écolier est classé selon les catégories A, B, C, D, et E. Il ignore le nombre de points qu?il a obtenu dans un sujet. La différence de la performance à l?intérieur d?une catégorie n?est pas rendue publique. En clair, un écolier qui a eu 100 points dans un sujet sera classé dans la catégorie A, tout comme celui qui aura réalisé une performance de 80 points. Le résultat final est exprimé en termes d?unités. Le score maximum qu?un écolier peut afficher est 20 unités.

C?est ce qui explique en grande partie, l?absence d?attroupements dans les écoles. Les enseignants chargés de distribuer les résultats aux parents sont plus sereins. Il n?y a vraiment pas de pression.

Du côté du Mauritius Examinations Syndicate (MES), organisme chargé de l?organisation des examens, c?est la satisfaction. « Je suis arrivé ici vers 4 heures. On a travaillé d?arrache-pied pour pouvoir publier les résultats à la date prévue. Il n?y a pratiquement pas eu de problèmes. Je suis reconnaissant envers tous les membres de mon personnel qui ne se sont épargné aucune peine pour que notre objectif soit atteint. Je remercie les 6 000 personnes qui ont contribué à faire de l?organisation de cet examen une réussite », déclare le directeur du MES, Mahadeo Ramnohur.

Steven Obeegadoo, ministre de l?Education, est lui aussi satisfait du déroulement des examens. « Il y a eu une amélioration par rapport à la performance des résultats de l?année dernière. Nous sommes sur la bonne voie. »

Jour historique

Cependant, le ministre reconnaît qu?il y a un effort à faire surtout au niveau des écoles où le taux d?échec est préoccupant. Le taux de réussite parmi les écoliers qui ont participé à l?examen de fin d?études primaires pour la seconde et dernière fois est de 37,44 %, soit trois enfants sur dix.

La publication des résultats en 2004 aura été un événement pour Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindu Teachers? Union. C?est la première fois dans les annales de l?éducation à Maurice que les résultats obtenus dans les langues orientales ont été inclus dans le calcul de la performance générale des écoliers.

« C?est un jour historique étant donné qu?il s?agit des premiers résultats pour lesquels les points obtenus dans les langues orientales ont été comptabilisés pour les besoins du grading. » Juste satisfaction méritée pour un homme qui a consacré toute son énergie pour que les langues orientales soient reconnues à leur juste valeur. « Nous avons une pensée spéciale aujourd?hui pour nos pères et mères qui ont su, contre vents et marées, préserver leur langue maternelle, devenue pour nous une valeur ancestrale d?une grande importance. »

Cependant, Suttyhudeo Tengur ne cache pas son appréhension pour l?avenir de l?enseignement au primaire. « Le grading et la régionalisation ont fait baisser le niveau des matières générales. Ce qui risque d?entraîner de lourdes conséquences. »

Une première constatation indique que l?inclusion des langues orientales n?aura pas provoqué de changements majeurs du moins au niveau de la performance. Les écoliers continuent à bien travailler dans les core subjects que sont l?anglais, le français, les mathématiques, la science et l?histoire/géographie. L?hindi se classe juste après, mais en premier devant les autres langues orientales.

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