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Le courant ne passe pas

31 octobre 2007, 00:00

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La production énergétique est au c?ur des débats engagés entre l?Etat et les sucriers dans le cadre de la poursuite de la réforme sucrière. Le Central Electricity Board (CEB) produit 55 % de l?électricité utilisée à Maurice. Les 45 % restants sont fournis par les groupes sucriers, également engagés dans la production énergétique en tant que producteurs indépendants. Patrick d?Arifat, président de la Mauritius Sugar Planters Association (MSPA) tient à mettre l?accent sur plusieurs aspects de la production énergétique. ?Il faut remettre les choses dans leur contexte?, souligne-t-il.

Il se penche notamment sur les investissements et les emprunts requis pour la mise sur pied de centrales thermiques. ?On ne peut parler des profits des centrales thermiques en isolation de l?investissement total et des emprunts qui ont dû être effectués pour réaliser ces projets.? Et cite le cas de la Centrale thermique de Belle-Vue, créée en 1998, qui a nécessité un investissement total de Rs 2,5 milliards. Pour la réalisation du projet, l?entreprise a contracté un emprunt de Rs 2 milliards. ?Il ne faut pas oublier que quand on regarde un profit il faut aussi regarder l?investissement total?, souligne Patrick d?Arifat.

Or, le samedi 27 octobre, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait parlé de la rentabilité de la production énergétique. Le cas de la Centrale thermique de Belle-Vue (CTBV) avait alors été évoqué. Le Premier ministre a fait ressortir que celle-ci avait recouvert son investissement initial de l?ordre de Rs 521 millions (en 1998) en l?espace de trois ans, avec des bénéfices de Rs 680 millions. Entre 2001 et 2006, cette centrale a rapporté Rs 1,18 milliard, soit 226 % de son capital.

<B>Organisme régulateur </B>

?Le profit sert aussi et d?abord à rembourser les emprunts avant de rémunérer le capital. En termes de cash flow, il faut rembourser le capital après rémunération?, rappelle Patrick d?Arifat. ?C?est dangereux si on ne fait pas référence à l?investissement total et à l?endettement, qui dans ce cas présent, est énorme.?

Au-delà du cas précis de la CTBV, Patrick d?Arifat dénonce aussi les rôles multiples du CEB. ?On se trouve dans une position aujourd?hui où le CEB est juge et partie?, soutient-il. ?Le CEB est un producteur, un acquéreur et dans une grande mesure, le régulateur. Nous pensons que cette situation n?est pas juste?, ajoute-t-il. Patrick d?Arifat estime qu?il faudrait y avoir un organisme régulateur autre dans le secteur de la production énergétique. ?Comme c?est le cas dans le domaine des ?utilities?, il faudrait y avoir un régulateur indépendant. L?industrie l?a demandé à corps et à cri pour avoir un éclairage indépendant sur le débat.?

Dans une interview publiée dans l?express d?hier, Patrick Assirvaden, président du CEB avait qualifié les accords passés avec le privé comme étant une ?aberration?. S?il accepte que des clauses avantageuses pour les producteurs indépendants existent au niveau des accords entre le CEB et ces derniers, il tient cependant à rappeler que les contrats ne sont pas uniformes. ?Il faut faire attention de ne pas juger la contribution de projets en prenant un ou deux en dehors de leur contexte.? ?Il y a des contrats différents. Dans certains contextes, il y a des clauses plus ou moins en faveur de le CEB et dans d?autres, des clauses plus ou moins en faveur des sucriers?, etime-t-il.

?Finalement, est-ce que le CEB aurait pu founir l?électricité à un prix plus compétitif que les producteurs indépendants ??

Patrick d?Arifat illustre notamment ses propos en se référant à l?indexation des prix par rapport à la Consolidated Energy Ltd (CEL). En effet, dans le cas de cette entreprise, une partie du prix pour l?énergie fournie est indexée sur le coût du charbon de l?année précédente. Si le prix augmente durant l?année en cours, cette hausse n?est pas répercutée au niveau du prix payé à la CEL. ?Certains producteurs sont contractuellement obligés de produire à perte, jusqu?au début de la prochaine année quand les prix sont ajustés.? Cette année, la CEL devrait vendre de l?électricité à Rs 1,59 par KWh, alors que le coût variable par unité, est de Rs1,99. En 2007, le prix moyen de l?unité d?électricité était de Rs 2,07.

La relation entre le CEB et les producteurs indépendants est largement une relation d?interdépendance. Patrick d?Arifat ne le nie pas. ?Le CEB est assurée d?avoir une certaine production et les producteurs, sont, eux, assurés de vendre un certain quantum à un prix qui est agréé.?

Il ne nie pas non plus que les producteurs indépendants ont des contrats qui engagent le CEB sur la durée des remboursements des capitaux engagés. Il rappelle cependant que les producteurs indépendants se sont lancés dans ces entreprises et ont pris des risques afin de les développer. ?Finalement, est-ce que le CEB aurait pu fournir l?électricité à un prix plus compétitif que les producteurs indépendants ??, s?interroge Patrick d?Arifat. Qui estime aussi que les coûts de production du CEB ont, eux, été amortis depuis des années.

Le président de la MSPA veut, de plus, faire la distinction entre projets énergétiques et les compagnies sucrières. Se référant à l?exemple de FUEL, il insiste que ?même si les promoteurs sont des sucriers, ce n?est pas un projet sucre?.

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