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Le couple Collendavelloo - Patten se déchire en cour

22 mars 2004, 20:00

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ME IVAN Collendavelloo, Senior Counsel, réclame un ordre intérimaire pour interdire à sa concubine Me Pramila Patten de vendre leur maison située à Albion.

La juge Premila Balgobin a refusé en référé, à ce stade, d?agréer à la requête de Me Collendavelloo. Elle préfère prendre connaissance des arguments des deux parties avant de se décider. Me Pramila Patten a signifié son intention de déposer un contre-affidavit. L?affaire a été renvoyée au 31 mars pour être débattue.

Depuis ces 15 dernières années, Me Ivan Collendavelloo et Me Pramila Patten habitent ensemble comme mari et femme. Quand ils ont commencé à vivre en concubinage, Me Patten était mariée et habitait une maison à Roches-Brunes. Cette maison appartenait à la communauté de biens qui existait alors entre elle et son mari.

Me Patten explique à son concubin ? qui était également marié et vivait séparé de son épouse ? que la maison de Roches-Brunes avait été achetée avec de l?argent provenant de la vente d?un flat que son mari possédait en Grande-Bretagne.

Le 15 janvier 1993, Me Patten divorce de son mari. Subséquemment, ils vendent la maison de Roches-Brunes à un dénommé Alex Cheong. Après la vente de ladite maison, Me Collendavelloo et Me Patten la louent de son nouveau propriétaire en attendant la construction de leur maison à Albion.

En 1994 les deux concubins décident d?acheter un bungalow à Flic-en-Flac. Me Collendavelloo explique que Me Patten est toujours évasive en ce qu?il s?agit de ses finances. Il dit ne lui avoir jamais posé de questions mais qu?il lui aurait remis toutes les sommes d?argent qu?elle lui réclamait pour leur ménage.

En 1998, ils décident de faire l?acquisition d?une portion de terrain à Albion qu?ils payent conjointement et sur lequel ils décident de bâtir une maison. Le coût total de la construction, commencée en juin 2000, s?élève à Rs 5 millions, somme qui comprend la piscine, les meubles et autres aménagements.

Me Patten a financé les travaux à hauteur de Rs 1,5 million grâce à un prêt obtenu de la Barclays Bank.

Me Collendavelloo admet cependant que sa compagne a investi une somme supplémentaire de Rs 1,5 million. Le plaignant affirme que cette dernière était dans l?incapacité financière d?investir davantage dans la réalisation de ladite maison.

Ameublement italien

Selon les dires de Me Collendavelloo, celle-ci consiste en : deux grandes chambres à coucher ; une chambre d?amis ; une grande salle à manger ; une cuisine spacieuse ; un garage, quatre salles de bains et de cinq toilettes. La maison dispose aussi d?une grande piscine et d?une terrasse.

Dans son affidavit, Me Collendavelloo explique que sa compagne souhaitait réaliser la maison de ses rêves. ?Je faisais tout ce que je pouvais pour satisfaire ses moindres désirs?, dit-il dans son affidavit. ?Les meubles sont de la dernière mode et sont tous importés d?Italie via la France.?

Toujours selon le plaignant, sa compagne se rendait régulièrement à Londres et à Paris. ?A chacun de ses voyages, je lui remettais la somme de Rs 100 000 pour l?achat d?accessoires et de matériels pour la maison. Même les poignées des portes ainsi que les serrures ont été achetées en France.?

Me Collendavelloo dit avoir dépensé la somme de Rs 2 millions pour terminer les travaux à Albion. ?Parfois, je réglais les ouvriers et les entrepreneurs. En raison de nos relations spéciales, dit-il, je n?ai jamais réclamé de ma compagne des reçus témoignant des paiements que j?ai effectués et représentant ma contribution personnelle à la construction de la maison d?Albion.?

En novembre 2001, la maison est achevée. Le couple s?y installe donc avec leur fils.

C?est à partir du 2 janvier 2003 que les relations entre les concubins commencent à se détériorer. Une détérioration qui serait due, selon le plaignant, à l?amitié qui s?est forgée entre Me Patten et un touriste français qui passait ses vacances du Nouvel an à Maurice. Selon Me Collendavelloo, sa compagne entretiendrait encore des relations avec cet étranger.

En octobre 2003, Me Patten demande à Me Collendavelloo de quitter la maison d?Albion en lui affirmant qu?elle en est l?unique propriétaire et qu?elle ne lui doit absolument rien. Un mois plus tard, à travers son homme de loi, elle fait savoir à Me Collendavelloo qu?elle lui est seulement redevable de Rs 350 000.

Or, selon Me Collendavelloo, sa compagne aurait admis qu?il avait dépensé Rs 1 million dans les travaux à Albion.

Le plaignant raconte qu?il y a un mois de cela, alors qu?il s?était rendu à la maison, vers 2 heures du matin, il a constaté que la grille d?entrée était cadenassée et que les différentes portes de la maison étaient munies de nouvelles serrures. Néanmoins, il réussit à y pénétrer. Le lendemain, il réclame à sa compagne les raisons pour lesquelles elle a changé toutes les serrures, celle-ci lui répond qu?elle veut lui interdire l?accès à la maison.

Le dimanche 14 mars dernier, vers 13 heures, relate Me Collendavelloo dans son affidavit, Me Patten l?informe qu?elle va émigrer en Suisse et qu?elle va quitter le pays, dans une semaine, avec leur fils Irvin Nigel Collendavelloo.

Le plaignant dit avoir appris que Me Patten a pris secrètement contact avec des agents immobiliers pour vendre la maison d?Albion et que des acheteurs et/ou locataires potentiels ont déjà visité ladite demeure en son absence. Il accuse sa compagne de négocier avec un agent immobilier la vente, à son insu, de la maison dans laquelle il maintient avoir investi Rs 2 millions pour en compléter la construction.

Me Collendavelloo indique qu?il vient d?apprendre que sa compagne a vendu secrètement leur bungalow à Flic-en-Flac à une fille de 20 ans, Tanya Moonoosamy. Il dit connaître Tanya Moonoosamy. Elle est étudiante et est la fille d?une amie de Me Patten nommée Sharon Rungasamy. Tanya et sa mère vivent en France et viennent souvent en vacances à Maurice. La dernière visite de Sharon et de sa fille Tanya remonte à une quinzaine de jours.

?Depuis que nous vivons à Albion, affirme le plaignant, je ne me suis pas rendu au bungalow de Flic-en-Flac (dont le titre de propriété est établi au nom de ma compagne). Me Patten m?a dit qu?elle le louait à des touristes. Chaque fois, elle me dit de ne pas m?inquiéter et que tout est sous contrôle.?

Le plaignant dit avoir appris par la suite que le dit bungalow avait été vendu à Tanya Moonoosamy, qui était représentée par un dénommé Sanmouyan Iyasamy, pour la somme de Rs 1,5 million.

Ledit mandataire, raconte Me Collendavelloo, a par la suite épousé la mère de la jeune acquéreur Tanya. ?La cérémonie s?est même déroulée dans notre maison d?Albion. Or, à aucun moment ils ne m?ont informé que le bungalow de Flic-en-Flac leur avait été cédé alors que j?ai investi dans son acquisition.?

Il réclame donc au juge en référé un ordre d?injonction interdisant à Me Patten de vendre ou de transférer la seule maison qu?il lui reste à Albion; un deuxième ordre lui interdisant de cadenasser l?entrée principale et les portes de la maison pour lui refuser l?accès ?à sa propriété?.

Le plaignant a aussi réclamé qu?un ordre soit émis pour interdire à la presse de faire état de cette affaire dont l?audition a été renvoyée au 31 mars 2004.

Me Collendavelloo a retenu les services de Me Gavin Glover et Me Georges Ng Wong Hing, avoué.

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