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LE COSTUME un art à part entière
L?habit fait le moine. Du moins dans le monde du spectacle. «Les costumes ne sont pas de simples accessoires », dit d?entrée Sanedhip Bhimjee, directeur de Art Academy et créateur des costumes de Mahabharat.
En effet, les costumes font le personnage, prolongent ses mouvements, démarquent les caractères, éclairent ou ternissent une scène.
Pour Mahabharat comme pour Starmania, les costumes ont été minutieusement étudiés et réalisés. Au final, une fois sur scène, ce sont les détails qui feront la différence. C?est un art à part entière.
Ils étincellent dans Mahabharat, attirent l??il dans Starmania. Ils collent parfaitement à leurs personnages. Plus que le décor, l?on peut souvent se laisser aller à admirer les détails et éléments des costumes et leurs accessoires.
Tout commence par la découverte des personnages, de leur psychologie. Les costumiers s?attardent alors sur le choix des couleurs et des tissus, révélateurs des personnalités.
«Pour Starmania, Gérard Sullivan, le metteur en scène, voulait délimiter chaque thème, chaque clan, suivant les couleurs, les ambiances», explique Carol Lamport qui a signé les costumes de l?opéra-rock.
<B>Obstacles surmontés</B>
Il faut toutefois qu?un lien existe entre les différents personnages. «Les espèces de bourrelets du costume de Marie-Jeanne devaient être plus ou moins présents dans les autres costumes. Faute de temps, il a fallu simplifier au maximum. On retrouve toutefois les bourrelets dans la robe de mariée de Stella Spotlight».
Pour le reste, il faut marquer les différences. Les Etoiles Noires, en noir, le clan Zéro Janvier avec des couleurs clinquantes, dorées ou un froid turquoise (car tissu en stock), une déclinaison de couleurs sombres, ternes, pour Marie Jeanne.
Sur scène, l?on retrouve bien ces différences et le public est à même d?entrer dans l?histoire plus facilement, simplement en se fiant aux costumes. «Il faut que le costume seul puisse parler», résume Sanedhip Bhimjee.
Mahabharat possède également un vocabulaire de couleurs. Sanedhip Bhimjee et Anna Patten ont fait des recherches dans les livres parlant de cette épopée, pour restituer avec authenticité les couleurs propres à chacun des personnages.
C?est le blanc et l?argent pour Bhishma par exemple, qui mettent en valeur son «caractère de fer», ou les couleurs plus ternes de Sanjay, serviteur du roi Dhritarashra.
«Pour Krishna, nous avons mélangé les styles, en utilisant le safran, couleur présente dans de nombreuses représentations du Dieu». Au choix des couleurs, s?ajoute ensuite celui des tissus et autres matériaux utiles.
«Nous avons fait venir les tissus de l?Inde. Les costumes de Mahabharat sont faits de soie de Madras, de broderies dorées, parce que le costume d?un prince doit montrer sa richesse, sa puissance», poursuit Sanedhip Bhimjee.
Carol Lamport a accordé du temps à la recherche des matériaux, tout en faisant avec les moyens du bord. «C?est en fonction de ce que l?on trouve. Souvent, les bonnes idées sont juste devant nos yeux», dit-elle. Les épaulettes de Ziggy par exemple, sont des morceaux de lunettes, qui contre toute attente, allaient parfaitement avec l?ensemble.
«Parfois, on peut même faire faillite à cause des costumes», dit-il d?un ton pas si amusé. «On est inspiré par un tissu qui au final ne colle pas du tout», poursuit-il. Les «rejets», ne sont pas perdus pour autant.
«Il faut surtout respecter le caractère du personnage mais il faut aussi mettre une touche personnelle», ajoute à ce sujet Sanedhip Bhimjee.
Une fois tous ces éléments réunis, c?est la course pour livrer les costumes à temps. Pour Mahabharat, le costumier a fait appel, comme à son habitude, au couturier Mahess Kumar, qui a notamment signé les costumes de Devdas. «Il comprend ce que je veux sans que j?ai besoin de lui expliquer», dit Sanedhip.
Carol Lamport a eu plus de difficultés. Il lui a fallu suivre les différentes étapes de fabrication auprès des différents couturiers, Greta Huet, Josiane Langlois, Nazimah Sadally entre autres.
L?avancement de la date du spectacle les a tous surpris et il a fallu parfois refaire les costumes au dernier moment. Carol Lamport a aussi laissé la liberté à certains des artistes d?apporter leur touche personnelle aux costumes. Alexandre Koenig, qui interprète Ziggy, a lui même fait les recherches de ses deux costumes et les a réalisés.
Pour les danseurs, Carol a donné une idée de base et des accessoires, bretelles, poignets en cuir? «et je leur ai dit : amusez-vous».
Cette liberté a l?avantage de rendre le costume plus souple à porter. Sanedhip Bhimjee est du même avis. «La coupe est très importante car il faut que l?artiste se sente à l?aise dans son costume».
Les performances des personnages principaux de ces deux spectacles n?auraient sûrement pas été les mêmes sans les magnifiques costumes des artistes Carol Lamport et Sanedhip Bhimjee.
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