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Le commissaire de police décidera si l?ICAC enquêtera sur la MCIT

26 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

De nouvelles révélations qui vont secouer la classe politique et le quartier général (QG) de la police aux Casernes centrales. C?est ce que promet Harish Boodhoo, même s?il s?est retiré de la scène politique et des activités sociales. Dans une déposition faite vendredi, il pointe du doigt l?ancienne équipe de la Major Crime Investigation Team (MCIT), dont certains membres «soutiraient» de l?argent à des hommes d?affaires comme «protection money».

Le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh compte animer un briefing en début de semaine avec des enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) pour savoir quelle orientation donner à cette affaire. Si elle relève de la corruption, le dossier sera référé à l?Independent Commission against Corruption (ICAC).

Du côté des enquêteurs du CCID, on laisse entendre que, dans un premier temps, il faut que les informations fournies à la police par Harish Boodhoo soient scrupuleusement vérifiées, car elles sont très brèves et ne comportent aucun nom. Initialement, l?enquête sera menée par le CCID. Si elle s?oriente vers une affaire de corruption, le commissaire de police décidera alors si elle doit être confiée à l?ICAC.

Toute cette affaire commence vendredi matin, lorsqu?Harish Boodhoo fait parvenir une télécopie au bureau du commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, au QG de la police. Cette télécopie, fait ressortir Harish Boodhoo, peut être considérée comme une déposition. Autrement, il se dit prêt à donner une déposition dans le même sens. Au tout début de cette lettre, il declare : «As you are aware I am well connected to many sectors of public life and government quarters.» Il fait état d?informations provenant de sources fiables sur des membres de la MCIT sous l?ancienne équipe qui auraient collecté de l?argent auprès d?hommes d?affaires et de bookmakers, entre autres, comme «protection money».

Longue déposition

Peu après avoir receptionné cette télécopie, le bureau du commissaire a pris contact avec Harish Boodhoo. Le même jour, le numéro deux du CCID, le surintendant Suchidanand Lollbeeharry, l?a rappelé. Rendez-vous pris, Harish Boodhoo s?est rendu au bureau du CCID le jour même. De 13 h 30 à 15 heures, il a donné une longue déposition à ce sujet.

Dans cette déposition, il est plus précis sur ces informations qu?il qualifie de très fiables contre l?ancienne équipe de la MCIT. Certains policiers de cette équipe auraient exigé de fortes sommes d?argent auprès d?hommes d?affaires, de bookmakers, de directeurs de compagnies, de restaurants et de discothèques pour assurer leur sécurité. Malgré leur peur, des personnes victimes de cette «bande» ont commencé à parler et se sont confiées à Harish Boodhoo. Ce dernier déclare que ces personnes n?osent pas dénoncer les policiers, craignant la répression.

Une manière de faire pour vérifier l?authenticité de cette affaire, précise Harish Boodhoo, est que les autorités policières aient recours à la Cour suprême pour obtenir l?autorisation de consulter les avoirs de ces membres de la MCIT, de même que ceux de leurs proches. Il est impensable, déclare Harish Boodhoo, que certains officiers de cette équipe vivent au-dessus de leurs moyens, soient propriétaires de belles maisons, voitures ou bungalows. La Financial Intelligence Unit doit s?intéresser à cette affaire, dit-il.

Pourquoi l?ICAC ne s?intéresserait-elle pas à cette affaire, se demande-t-il. Il compte se rendre à nouveau au CCID cette semaine pour un deuxième volet de sa déposition. Déjà, il a fait état de l?utilisation abusive des véhicules de l?Etat affectés à cette équipe de la MCIT.

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