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Le combat des dernières ?charrettes b?uf?

17 novembre 2005, 00:00

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La balance Coco, à Saint-Louis, est l?unique endroit de l?île où l?on peut encore voir des producteurs de canne venir apporter leur chargement sur des charrettes tirées par des b?ufs. Sur la trentaine d?agriculteurs qui se rend quotidiennement sur le site, ils ne sont pourtant qu?une dizaine à conserver ce mode de transport qui fait le bonheur des touristes. Seulement la balance ne correspond plus aux impératifs économiques de l?entreprise Sucrière de la Réunion.

Trop petite, une production insignifiante au regard des autres centres fait que le site est menacé. Devant cet état de fait, la CGPER a appelé les producteurs à bloquer lundi matin le site de Saint-Louis. ?Nous adressons un message fort au Département et à la Région, a insisté Jean-Yves Minatchy, le bouillant président de la CGPER. L?année dernière il y a eu la fermeture du site de Pierrefonds, aujourd?hui c?est au tour de la balance Coco d?être menacée de fermeture parce qu?elle ne serait plus rentable, nous ne pouvons accepter cela sans rien faire.?

Des livraisons en déclin

Le syndicaliste s?appuie sur un courrier émanant de l?entreprise en date du 10 novembre dernier invitant les usagers de la balance à une réunion dont l?ordre du jour était justement la fermeture du centre de Coco. Du côté de Sucrière de la Réunion, on se défend de vouloir fermer le site ?sans concertation préalable avec les planteurs? tout en mettant en avant le ?chiffre anecdotique? qu?affiche la balance Coco par rapport aux autres centres.

?Le volume des livraisons est en baisse constante depuis plusieurs années, souligne Jean-Claude Prugniaires, directeur des achats de canne. Actuellement nous en sommes à 6 000 tonnes, ce qui revient à 60 tonnes par jour alors qu?une balance de petite importance comme Langevin affiche 800 tonnes par jour et la balance Caserne 2 800 tonnes.?

L?entreprise insiste également sur la vétusté des équipements du site de Saint-Louis. Elle entend par là amener les agriculteurs à livrer directement à l?usine du Gol. Reste que pour les petits planteurs concernés, la pilule est difficile à avaler. ?S?il faut maintenant aller au Gol pour livrer mes cannes, je préfère encore arrêter?, lance, désabusé, Fabrice Payet, dont l?exploitation se situe juste à côté de la balance Coco. Comme une dizaine de ses collègues, ce jeune agriculteur de 30 ans vient livrer ses cannes chaque semaine en charrette b?uf. Pour lui, la fermeture de la balance signifierait la mort de son métier. ?Je n?ai pas les moyens de me payer un camion, sans compter l?assurance, et le carburant qui a augmenté.?

Pierre VERRIÈRE

Clicanoo.com

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