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Le coût du non-respect des engagements

5 octobre 2007, 00:00

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Le non-décaissement des mesures d?accompagnement de l?Union européenne (UE) porterait un coup très dur à la réforme sucrière. Sans ce soutien, la restructuration de l?industrie n?est pas viable. Le non-respect des engagements pris auprès de l?UE va aboutir au non-déboursement de l?aide promise mais sujette à des conditions. Un montant de Rs 200 millions (sur une somme totale de Rs 485 millions prévue pour cette année) est dans la balance. Une aile du gouvernement estime la partie déjà perdue pour l?échéance de 2007. D?autres aides beaucoup plus importantes projetées pour les années à venir risquent de l?être également.

Les mesures d?accompagnement comportent deux tranches, la tranche fixe et la tranche variable. Pour l?année en cours, l?argent prévu sous la tranche fixe (6,5 millions euros, soit environ Rs 285 millions) a déjà été décaissé. Maurice a en effet passé les tests de stabilité macroéconomique et d?introduction d?une nouvelle loi sur les marchés publics.

Les tests sous la tranche variable (d?un montant de 4,5 millions d?euros, soit environ Rs 200 millions) s?avèrent très laborieux au point de rater les échéances agréées avec l?UE. Ces fonds sont répartis ainsi : La centralisation de trois usines, Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau (10 % du montant) ; le Voluntary Retirement Scheme (VRS) pour 1 500 travailleurs (40 %) ; le recyclage professionnel de 1 500 retraités de l?industrie (40 %) ; et l?épierrage de 300 hectares appartenant aux petits planteurs (10 %).

A ce jour, seule la condition concernant l?épierrage a été remplie. Ce qui signifie que Maurice peut prétendre à un soutien de Rs 20 millions seulement.

Les sucriers comptent beaucoup sur les mesures d?accompagnement pour financer les indemnités de départs à la retraite, de la centralisation et du VRS. Mais il n?y a pas que le dégraissage des effectifs. Les sociétés sucrières doivent aussi mobiliser des ressources importantes dans le développement de nouveaux pôles, notamment les distilleries, le raffinage, la fabrication des sucres spéciaux et la production d?électricité.

Les sucriers ne pourront pas puiser dans les mesures d?accompagnement (qui sont en fait des dons) pour financer ces investissements. Ils doivent notamment emprunter auprès de la Banque européenne d?investissement.

Ainsi, le non-décaissement des mesures d?accompagnement pour les coûts sociaux aura un effet d?entraînement sur la modernisation du secteur sucre. Faute de ce soutien, l?industrie sucrière serait à court d?argent pour construire des centrales thermiques, des distilleries et des raffineries.

Le non-respect des engagements cette année aura des répercussions sur les années à venir. Une somme de 44,7 millions d?euros (environ Rs 2 milliards) est sur la table pour 2008. Si Maurice ne passe pas ses tests de performance cette année, cette aide n?est plus valable.

Les conséquences dépassent largement le contexte de l?industrie sucrière. Plusieurs autres chantiers seront alors compromis, notamment au niveau du développement de l?infrastructure.

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