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Le citoyen libre

26 avril 2008, 00:00

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Dans le cadre enchanteur de l?hôtel cinq étoiles de Beau Rivage, le rastaman bouddhiste, pieds nus comme signe de référence, entre dans la salle. Zen, il écoute Rama Poonoosamy d?Immedia égrainer des mots flatteurs à son égard avant de répondre à des questions des gens de la presse. « C?est toujours difficile la première fois, (NDLR : la première question) et après ça passe,» dit-il calmement. Les questions fusent. Il répond sans broncher. Il reste fidèle à son image, «cool man in the sun.»

Sa musique est devenue, après sa carrière de tennisman professionnel, un moyen de se libérer des barrières. « Pour une fois, je n?avais plus de filet, ni de lignes blanches devant moi. Je voulais exister. Le tennis c?est Babylone. J?ai vécu la solitude avec ce sport. La musique me donne la liberté d?exprimer ce que je veux.» Cette nouvelle notoriété lui permet aussi d?entreprendre des projets humanitaires allant des enfants de la terre, association créée avec sa mère au Resto du C?ur ou encore son nouveau combat pour la protection de l?environnement.

Homme public, personnalité préférée des Français, Yannick Noah pense-t-il faire de la politique un jour ? « Non ! » dit-il. Son engagement humanitaire « l?éloignera de la politique. On m?a déjà approché pour être candidat mais cela ne me tente pas.» En parlant de popularité, quelle est la formule pour séduire un si grand public ? Il ne l?explique pas. Préférant parler d?une histoire d?amitié de longue date. « J?ai une relation qui dure depuis longtemps avec le public. On se connaît depuis 30 ans. Il y a eu des moments forts entre nous, avec le tennis où je gagnais ou avec mes disques dans les maisons. Quand les gens votent pour moi, je ne peux que leur dire merci.»

Ce rasta qui s?avance sur les lignes de la philosophie bouddhiste prend les choses avec la zen attitude. Il n?essaie même pas de faire la distinction entre les deux philosophies. « Le bouddhisme est là. Tu n?a pas besoin de dire que tu en es un. Tu peux être bouddhiste et être inspiré par le Coran ou la Bible. J?exclus juste dans tout cela, toutes formes d?extrémismes.»

Sa relation avec la culture rastafari, il la vit bien aussi. «Rasta c?est la positivité. C?est la porte ouverte. Si tu me demande si je suis un rasta, je te dirai oui. Je ne suis pas bling, je vis pieds nus, je vis simplement. A une certaine époque, je fumais du ganja, maintenant je ne le fait plus. Suis-je toujours un rasta ?»

Pour poursuivre sur la vague positivité, il se qualifie comme un homme en colère qui « essaie de se contrôler en changeant cette colère en énergie positive. A la base je suis très sensible. »

Qu?en est-il de sa passion première, suite à la déclaration dans la presse française de Francis Gasquet : « Je lance un appel à Yannick Noah pour qu?il reprenne le flambeau du capitaine de la Coupe Davis. » Yannick Noah est catégorique. « Jamais ! » Personne ne doit me dire ce que je dois faire, souligne le chanteur. « Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Et si Francis Gasquet veut que je retourne au tennis, il faut qu?il vienne me le dire directement. »

<B>La voix d?un sage</B>

Pour son unique concert chez nous au Centre Swami Vivekananda hier soir, Yannick Noah tout de blanc vêtu a lancé son show avec la chanson Danser devant une salle comble. Remplie comme un ?uf.

Il a commencé vers 20 h30 et la salle se remplissait au fil des chansons. Les gens continuaient à arriver à 21 h alors que le concert était prévu à 20 h. Même avec du retard, ils ne veulent pas manquer Yannick Noah. Comme on les comprend.

Laissez derrière vous les occupations quotidiennes. Fermez les yeux et embarquez-vous dans le wagon de Noah pour un autre voyage. Une découverte d?émotions et de passion. En route vers les accords métissés. Sur les rails d?une musique qui ressemble à son auteur, pleine de bonne humeur et de simplicité, teintée de la chaleur et de ses racines camerounaises.

A l?aurore de ses 50 ans, il fait toujours sa Saga sur scène. Sur des sonorités d?Africa, Noah plante ses convictions et fait appel à un monde nouveau. Un autre voyage. Un retour à la terre vers une destination ailleurs enchaînant ensuite par ses tubes notamment Les Lionnes, Mon Eldorado ou encore Saga Africa. Le public est embarqué dans un autre univers. Le voyageur les emmène ailleurs. L?assistance se laisse volontiers porter vers une destination meilleure. Le chanteur a assuré sur toute la ligne. Le public a su largement le remercier.

Ce voyage sonore au pays de Noah se veut une aventure exotique, chaleureuse et paisible. L?artiste distille de la positivité dans les accords.

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