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Le cinéma de Jules Verne
Le centenaire de la mort d?un écrivain. Cette année, c?est au tour de Jules Verne, le géographe-inventeur-voyageur, ou plutôt écrivain passionné par les sciences et les nouvelles découvertes. De son vivant il est une star, auréolée du succès du roman Le tour du monde en 80 jours, puis de la pièce, tout aussi éblouissante.
Mort en 1905, alors que le cinéma naissant commençait à prendre de l?ampleur, l'écrivain a toutefois pu voir cinq de ses romans adaptés à l'écran, le Tour du monde en quatre-vingts jours, Enfants du capitaine Grant, Voyages et aventures du capitaine Hatteras, entre autres.
Pour le 7e art, l??uvre de Jules Verne est une caverne aux merveilles. Il n?y a qu?à choisir parmi les romans, ou destinations, ou aventures. Derrière chaque titre des Voyages Extraordinaires, un succès critique et populaire. Au 19e et encore aujourd?hui, l?homme cherche l?évasion, court contre le temps. Les bases principales de l??uvre vernienne. C?est même l?esprit Jules Verne qui va influencer tout un genre cinématographique.
Dès le début du 20e siècle, George Méliès, et son Voyage dans la Lune, revendiquent l?héritage visuel du maître. Il adapte également Vingt mille lieux sous les mers, puis les Voyages et aventures du capitaine Hatteras. Le fils de Jules Verne, Michel, passera aussi derrière la caméra pour tourner l??uvre de son père L'étoile du Sud, Les 500 millions de la Bégum, entre autres.
Tour à tour, de nombreux cinéastes s?essaieront à Jules Verne. A mesure que la technologie s?installe dans le quotidien, le travail de Verne intéresse d?autant plus que nombre de ses machines, inventions, visions du futur, décrites dans ses livres, au 19e, prennent vie au milieu du 20e.
Paris au 20e siècle, décrivait un métro, Les 500 millions de la Bégum, un canon géant, De la Terre à la Lune? Verne n?a pas tout inventé ni imaginé. Il se tenait au courant, reprenait, avec passion, certains thèmes ou idées émises par d?autres avant lui, écrivains ou scientifiques.
Toute son ?uvre tourne autour du thème de la découverte, alliée au voyage et à la science. Ses héros sont des explorateurs, des aventuriers. Le cinéma et d?autres écrivains poursuivront sur cette lancée avec le genre de science-fiction pure. C?est la venue des robots, des voyages dans l?espace, et autre mondialisation ou Big Brother avant l?heure.
A cela près, que de plus en plus, la science fait plus peur qu?elle n?aide l?homme à maîtriser le monde. Deux guerres mondiales et une bombe atomique sont passées par là. On remarque des films tels que Soleil Vert, Fahrenheit 451, L?invention Diabolique, Alphaville.
La science-fiction de Jules Verne, et au même titre, celle de H.G. Wells ou Pierre Boule, posait déjà nombre d?interrogations, justement. Jusqu?où aller pour la science ? En 1954, Disney donne vie au fascinant Capitaine Némo et plonge le public dans l?univers Jules Verne avec le Vingt mille lieues sous les mers de Richard Fleischer, l?une des meilleures adaptations cinématographiques de Verne et l?une des plus fidèles.
Cet immense succès relance la mode Jules Verne, rien que dans les années 50/60. Une nouvelle fois, Le Tour du monde en 80 jours, l?excellent Voyage au Centre de la Terre, de Henry Levin.
En France, dans un tout autre registre on présente un héros vernien franchouillard qui prend les traits de Jean Paul Belmondo, dans les Tribulations d?un Chinois en Chine. Les années 70 boudent les adaptations de Verne. Mais quelques jeunes réalisateurs font leurs premiers pas et s?apprêtent à marquer d?une pierre blanche l?histoire du cinéma de science-fiction.
George Lucas exprime ses ambitons dans THX 1138 et devient multimillionnaire en 1977 avec La Guerre des Etoiles. Son copain de toujours, Steven Spielberg, signe déjà de grands succès, Rencontres du Troisième Type puis E.T. L?extraterrestre.
La science-fiction et la technique révolutionnées par les deux cinéastes américains, offrent à la science-fiction une indépendance qui lui permet de se démarquer.
Le grand public découvre au cinéma les adaptations de deux grands écrivains de science-fiction, Philipp K. Dick, et Isaac Asimov. On leur doit les Blade Runner, Running Man, Minority Report, I, Robots?
Tout récemment, Hollywood s?est attaqué à une nouvelle adaptation du Tour du Monde, produit par Jacky Chan. Malheureusement, ils s?y sont littéralement attaqués.
Au moins peut-on espérer que le film a donné l?envie aux plus jeunes de lire Jules Verne, et aux réalisateurs, de continuer à porter à l?écran l??uvre gigantesque de Jules Verne et de continuer à nous faire rêver à ces Voyages Extraordinaires.
A l?occasion du centième anniversaire de la mort de Jules Verne, le Festival du Film Jules Verne, le rendez-vous international de l?aventure et de la science-fiction, récompensera le 6 avril, le Film du Centenaire.
L?organisation a lancé en novembre 2004 un grand vote du public parmi les 100 plus grands films d?aventure et de science-fiction. 100 films inoubliables.
Parmi ces 100 chefs-d??uvre, pour la plupart, 10 films ont été plébiscités par plus de 20 000 votants et seront en compétition pour le Jules Verne Award.
De grands absents, bien sûr, des films que l?on ne s?attendait pas à voir ici. Mais majoritairement, l?esprit Jules Verne est présent partout.
LES FINALISTES SONT :
2001 : l?Odyssée de l?espace, de Stanley Kubrick (1968)
Alien, le huitième passager, de Ridley Scott (1979)
Les Aventuriers de l?Arche perdue, de Steven Spielberg (1981)
Blade Runner, de Ridley Scott (1982)
E.T. l?extraterrestre, de Steven Spielberg (1982)
Le Grand Bleu, de Luc Besson (1988)
La Guerre des étoiles, de George Lucas (1977)
Matrix, de Andy Wachowski et Larry Wachowski (1999)
Le Seigneur des anneaux : la communauté de l?anneau, de Peter Jackson (2001)
Titanic, de James Cameron (1997)
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