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Le cimetière de... bringelles

1 décembre 2003, 20:00

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LE CIMETIÈRE de Trou-d?Eau-Douce est saturé, mais ses terres de réserve sont occupées. En effet, depuis une dizaine d?années, celles-ci ont été transformées en plantation de bringelles.

Le président du village, Ange Rosette, rejette carrément le blâme sur le conseil des districts de Moka-Flacq, qui gère le cimetière. ?Le conseil n?aurait jamais dû permettre à des gens de planter des légumes sur ces terres réservées qui ont une superficie de plus d?un arpent?, dit-il. ?Bientôt, il nous faudra déterrer des plants de bringelle pour enterrer nos morts. Nous avons déjà commencé à fouiller des fosses à la lisière des terres de réserve?, ajoute Vinaye Coolen, un conseiller de district.

Des feuilles sèches

Ange Rosette s?élève aussi contre l?état insalubre du cimetière. Il nous montre même le tronc d?un badamier abattu qui a été abandonné depuis plus de trois semaines. ?Il y a seulement deux employés pour l?entretien de ce cimetière qui est un des plus grands dans la région. Non seulement les morts de Trou-d?Eau-Douce, mais aussi ceux de Bramsthan, de Quatre-Cocos, dePalmar, de Mare-La-Chaux et d?autres villages avoisinants, y sont enterrés?, explique-t-il.

Selon lui, la situation s?aggrave au mois d?octobre lorsque le cimetière est couvert de feuilles sèches tombant des badamiers et des filaos. ?Comment deux employés seulement pourraient-ils enlever des milliers de feuilles dans ce vaste cimetière ??, se demande-t-il.

Un peu plus loin, l?ancien cimetière de la région est en passe de devenir un véritable dépotoir. Les pollueurs ne reculent devant rien pour y déverser bouteilles en plastique vides, vieille ferraille et ordures ménagères.

Interrogé, le président du conseil des districts de Moka-Flacq, Prakash Bhunsee, précise que cette affaire remonte à une dizaine d?années, mais les conseillers de village, selon lui, sont les plus à blâmer pour n?avoir pas levé le petit doigt pour faire interdire l?utilisation des terres de réserve du cimetière. ?Ange Rosette est conseiller depuis une quinzaine d?années, il aurait dû agir dès le départ. On ne peut blâmer uniquement le conseil des districts, même si certains officiers n?auraient pas pris leurs responsabilités. Le ministère du Logement et des terres, le service des Bois et Forêts ou même la Beach Authority (NDLR : Le cimetière longe le littoral) ne sont pas sans reproche?, affirme-t-il.

Concernant le nombre insuffisant d?employés pour l?entretien du cimetière, Prakash Bhunsee précise qu?il est en fonction du nombre de morts enterrés chaque semaine.

Mais le conseiller de district de Trou-d?Eau-Douce, Vinaye Coolen, lui, renvoie la balle. ?Le conseil de village a déjà voté depuis plus d?un an une motion contre l?utilisation des terres de réserve du cimetière pour la plantation de légumes. Nous en avons averti le conseil de district, mais rien n?a été fait jusqu?à présent. Nous lui demandons d?agir car déjà l?espace manque pour enterrer les morts?, répond-t-il.

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