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Le chant des langues
On ne se fatigue point de parler musique avec Robert Singerman. Son nom indique bien qu?il a des affinités avec les notes. Et ses dires l?attestent fortement. L?homme nous chante les refrains d?un rêve américain encore plus fou. Voxsonic Technologies. Une démarche visant à donner une autre vie à la musique. Surtout dans sa compréhension.
Si notre rencontre devait se tourner vers son parcours on s?est très vite projeté dans son futur. On s?est laissé emporter par ses ambitions que d?aucuns trouveront peut-être irréalistes. Mais Robert est convaincu de ce qu?il fait. Il marche d?un pas assuré vers cette quête. Avec ce nouveau projet, il veut « briser les barrières de langues dans la musique.» Voxsonic Technologies est un logiciel permettant le changement de langues d?une chanson.
A titre d?exemple, prendre une chanson de Bob Marley, le faire chanter en français par Yannick Noah. Puis appliquer le logiciel Voxsonic qui transfère l?empreinte vocale de Marley sur celui de Noah. Au final, vous avez une chanson du roi du reggae en français. Chantée par Bob lui-même. Les tests confirment que l?empreinte vocale dans la langue de Molière est bien celle de Robert Nesta Marley. C?est incroyable, mais c?est vrai.
Des artistes connus ont déjà essayé cette technologie. «Kymani Marley l?a fait en traduisant sa chanson The March en espagnol. Le groupe Prodigee s?est aussi aventuré sur son dernier album », explique Robert Singerman. L?ancien producteur de Bob Marley, Chris Blackwell, a accepté de donner les enregistrements du chanteur pour la cause de Voxsonic Technologies. « Si Blackwell s?est intéressé à ce projet, c?est pour faire découvrir au monde les mots de Marley dans différentes langues. » Imaginez No woman no cry en chinois.
Une telle initiative, dit Singerman, est certes très idéologique mais cela va permettre de révolutionner le monde de la musique du globe. « J?ai envie que les gens, peu importe où ils sont, comprennent ce qu?ils écoutent. Un texte qu?on ne comprend pas à cause des barrières linguistiques gâche plein de choses dans son appréciation », constate Singerman.
De grosses pointures de la musique américaine s?intéressent à Voxsonic. Le rappeur 50 Cent serait même près à investir dans ce projet. Le rêveur se veut malgré tout réaliste : « Pour faire un impact dans le monde de la musique, cela va prendre entre un à cinq ans. » On attendra alors...
La musique, il l?aime vivante, il la cultive dans un cadre plus structuré. Le manager et booker aime travailler avec les artistes, mais concède «ce n?est pas facile d?évoluer aux côtés des artistes. »
Actuellement manager du groupe français Nojazz (voir encadré), il est une figure respectée de la musique aux States. Marié à une Mauricienne qu?il a connue alors qu?elle étudiait à l?université d?Harvard, il affectionne notre île et y vient souvent. « Je suis à ma sixième visite à Maurice. Je suis venu pour le Sakifo Muzik Festival sur une invitation de Percy Yip Tong de Cyper Produktion. Un ami de longue date. »
Cet amateur de musique s?est aussi attardé sur la musique locale. « Je connais Kaya et son seggae. J?écoute aussi le séga. La rencontre du reggae et du séga est un savant mélange. Il y a une variation de styles ici et c?est très intéressant. »
Robert Singerman est le manager de la formation francophone Nojazz. Ce groupe électronique aux sonorités jazziques et cubaines, cartonne dans les festivals. Ils ont animé l?émission de Thierry Ardisson, Salut les Terriens sur Canal +. Nojazz c?est Philippe Balatier, Philippe Sellam, Guillaume Poncelet, Pascal Reva et Mike Chekli. Sa force ; la scène. «C?est un des plus percutants groupes sur scène avec qui j?ai travaillé », souligne Robert Singerman. «Ovni musical qui déchaîne les passions, machine à briser les étiquettes, phénomène dont la notoriété s'est répandue dans les réseaux musicaux internationaux, Nojazz est doté d'un concept original basé sur la créativité et l'éclectisme.» Les critiques positives pleuvent sur cette formation parisienne.
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