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?Le changement a déjà commencé?

10 août 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Trente sept jours après les élections. Et Navin Ramgoolam affirme que le changement promis lors de la campagne électorale est déjà une réalité. ?Il ne faut pas attendre 100 jours pour constater le changement?, lance le Premier ministre. Il intervenait hier à l?Assemblée nationale au moment de la motion sur le programme gouvernemental 2005-2010.

Navin Ramgoolam rappelle que son gouvernement a été élu pour ?changer la vie? des Mauriciens.?Ce processus implique la création d?opportunités pour tous, l?égalité de traitement, l?ouverture de l?espace économique à tous et un meilleur accès à un service de qualité.? Navin Ramgoolam est catégorique: les choses ont déjà commencé à bouger aux niveaux institutionnel, économique et social. ?J?ai tenu parole.?

S?agissant des institutions, il explique qu?il a diminué le nombre de ministres et de secrétaires parlementaires privés. Et fait ressortir que cela a été fait pour, surtout, démontrer que le gouvernement ?sera efficace et compétent?. Il récuse les accusations de ?chasse aux sorcières? lancées par l?opposition et revient sur l?éviction de fonctionnaires en 1982, sous le gouvernement MMM.

Paul Bérenger, leader de l?opposition, l?interrompt. ?Pas des fonctionnaires, des commissioners?, précise-t-il. Mais le Premier ministre campe sur ses positions. Il affirme que le gouvernement de cette époque avait bien procédé à des changements dans les postes de l?Etat. ?Un nouveau gouvernement a besoin de compétences et de gens en qui il peut avoir confiance?, ajoute-t-il.

Le Premier ministre est ensuite revenu sur l?état de l?économie, ?pire que ce qu?on aurait pu penser?. Chômage, déficit, baisse de l?investissement, dépréciation de la roupie mais surtout ?déclin?, ?stagnation?, ?menaces? sur le sucre, le textile et le tourisme.

Il a été très critique envers le Board of Investment qui, au lieu d?être un one-stop shop ,?provoque des délais dans les projets?. Il annonce avec satisfaction avoir débloqué en trois jours un projet de Rs 200 millions en attente depuis trois ans.

Navin Ramgoolam se propose d?attirer plus d?investissements, de rétablir la confiance, de redresser les finances publiques mais surtout d?impliquer tous les citoyens dans le processus de changement. Il veut surtout un ?nouveau modèle économique? qui devrait, selon lui, ouvrir la voie à un secteur privé puissant, dynamique et diversifié. Il reprend les grandes lignes énoncées dans le programme, notamment, l?accès aux terres, la création de nouveaux secteurs, la méritocratie, l?ouverture de l?actionnariat? Car ?le modèle actuel est essoufflé?.

Au niveau social, Navin Ramgoolam veut ?mettre les gens en avant?. Il estime que le changement est déjà tangible: réduction du prix du lait, transport gratuit pour les collégiens et les étudiants et introduction de la pension universelle ou encore mesures en faveur des squatters. ?Mais nous ne tolérerons pas le squat?, insiste le Premier ministre.

Navin Ramgoolam plaide également pour l?unité nationale, le rôle des femmes dans la société ou encore la valorisation des jeunes. Il annonce la mise en place d?une Employment Equity Commission pour l?instauration de principes équitables au niveau de l?emploi. Et réitère sa volonté de ?rétablir la sécurité publique?.

Navin Ramgoolam annonce une réforme de la police et la mise en place de Regional Police Advisory Councils. Des réformes sont également au programme dans le judiciaire et pour la lutte contre la corruption. ?Nous allons résoudre l?impasse dans laquelle l?Independent Commission against Corruption est entrée?, promet Navin Ramgoolam.

Ce dernier évoque aussi la réforme électorale. La Electoral Supervisory Commission aura plus de moyens de contrôle lors des élections.

De plus, Navin Ramgoolam se prononce pour la décentralisation avec la création annoncée d?une Decentralisation task force. Il est important, dit-il, de sécuriser les routes. Le Premier ministre termine son intervention en annonçant la tenue d?un atelier de travail le week-end prochain avec les administrateurs du secteur public pour la mise en pratique du programme 2005-2010. Le changement semble bel et bien engagé?

RÉACTION

<B>Pas question de dire ?Merci SAJ? </B>

■ Le Premier ministre ne partage pas du tout l?opinion du leader de l?opposition à propos d?une ?tradition parlementaire? : remercier le président de la République pour sa lecture du discours-programme. ?Le leader de l?opposition veut que le Parlement respecte une tradition de la monarchie britannique. Les gens peuvent désormais voir qui est passéiste. Il s?accroche aux vestiges de la colonisation. C?est une tentative partisane et calculée de jouer les cartes d?un président non élu?, a-t-il affirmé. Navin Ramgoolam a rappelé que l?Alliance sociale s?était engagée dans son manifeste électorale à ?éliminer autant que possible ces vestiges?.

Il a souligné ?la différence entre une ?custom? et une convention?. Selon lui, le refus du président de consulter le gouvernement pour les nominations à la Public Service Commission est une violation d?une convention constitutionnelle. Alors que son refus de remercier Sir Anerood Jugnauth constitue une violation d?une coutume (?custom?). Or, a-t-il affirmé, ?une convention est plus importante qu?une coutume traitant d?une motion?. Il s?est également interrogé sur les raisons du mutisme de l?opposition ?sur l?infraction d?une convention, mais pas sur celle d?une custom?.

?Nous demandons à l?Assemblée d?approuver notre programme gouvernemental, ce qui est la façon rationnelle de faire les choses. Nous rejetons l?amendement car, ne pas remercier le président, n?enfreint pas la démocratie parlementaire. Il est temps de moderniser le pays!? a-t-il conclu.

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