Publicité
Le cerveau du trafic compte se rendre
Par
Partager cet article
Le cerveau du trafic compte se rendre
Plus de 21 000 comprimés de Subutex. C?est la saisie effectuée par l?Anti-Drug & Smuggling Unit (ADSU) mercredi. Ces comprimés, interdits à Maurice, étaient dissimulés dans les bagages d?une Mauricienne, Marie Cindy Legallant, installée en France. Le contact local de la jeune femme, Bernard Joly, venu prendre livraison de la marchandise, a lui aussi été arrêté lors de cette opération de police.
Interrogés, tous deux ont mis en cause un troisième individu, Sada Curpen, soupçonné d?être le cerveau présumé du trafic. Ce dernier aurait pris contact avec les autorités pour les informer qu?il comptait se constituer prisonnier.
Le jeune homme, âgé de 34 ans, n?en serait pas à son coup d?essai. Il a été arrêté il y a deux ans par la brigade anti-drogue dans une affaire de trafic de Subutex. Marie Cindy Legallant a déclaré, lors de son interrogatoire, avoir été approchée par Sada Curpen à Paris. Celui-ci lui aurait proposé une somme de Rs 1,5 million pour transporter les comprimés à Maurice. Proposition qu?elle a acceptée.
Si Marie Cindy Legallant a été repérée par les services de police, c?est notamment à cause de certaines de ses fréquentations. « Nous avions eu vent des rencontres qu?elle aurait eues avec des individus soupçonnés d?être liés au trafic de drogue. C?est tout naturellement que nous nous sommes intéressés à elle », confie-t-on du côté de la brigade anti-drogue.
De passage à Maurice, cette nutritionniste de 31 ans reprend l?avion dimanche pour revenir trois jours plus tard. Détail qui n?a pas manqué de mettre la puce à l?oreille des policiers. « Il n?y avait aucune raison qui justifiait apparemment de tels allers-retours. Les éléments rassemblés lors de notre enquête laissaient penser qu?elle pouvait être liée à un réseau de trafic de drogue. Nous avons vu juste », confie, pour sa part, un enquêteur de la brigade anti-drogue.
C?est donc peu après sa descente d?avion mercredi que Marie Cindy Legallant est arrêtée. La fouille de ses bagages permet aux policiers de retrouver, cachées dans des paquets cadeaux, quelque 7 000 plaquettes de Subutex, d?une valeur marchande de Rs 21 millions.
Interrogée, la jeune femme passe à table et accepte de donner le nom de ses complices. C?est ainsi qu?un deuxième suspect, Bernard Joly, sera arrêté un peu plus tard, alors qu?il s?apprêtait à prendre possession de la drogue sur l?aire de stationnement du centre commercial de Jumbo, à Riche-Terre. C?est un policier en civil qui conduira la suspecte, ainsi que la drogue sur le lieu de l?échange. Tous deux ont été arrêtés et placés en détention.
Aux dires de la jeune femme, ce n?est pas la première fois qu?elle transportait du Subutex pour le compte de Sada Curpen. Ce dernier aurait eu recours à ses services à trois reprises depuis ces deux dernières années. C?est Sada Curpen, a-t-elle expliqué aux enquêteurs, qui se chargeait d?acheter les comprimés avant de prendre contact avec elle. Ils se rencontraient par la suite pour décider de la marche à suivre pour le transport de la marchandise. « Elle nous a également expliqué qu?une fois les préparatifs terminés, le cerveau présumé prenait le premier avion pour Maurice. Elle embarquait à son tour quelques jours plus tard », explique un membre de la brigade anti-drogue.
« Des ennuis avec la justice par le passé »</B>
Après vérification, les policiers ont découvert que Sada Curpen s?était rendu en France le mois dernier, période durant laquelle Marie Cindy Legallant aurait affirmé l?avoir rencontré dans la région parisienne.
Des recherches ont immédiatement été initiées en vue de retrouver le cerveau présumé. Les officiers de l?Adsu, épaulés par d?autres services de police, ont perquisitionné le domicile du suspect, à Cité-La-Cure, et celui de certains de ses proches dans la périphérie de Port-Louis.
Les proches du jeune homme rejettent, pour leur part, les accusations dont fait l?objet Sada Curpen. « Il a certes eu des ennuis avec la justice par le passé, mais il s?est rangé depuis. Nous ne comprenons pas pourquoi les personnes qui ont été arrêtées l?ont mis en cause », laisse-t-on entendre du côté de la famille.
La brigade anti-drogue aurait été contactée peu après les perquisitions par le suspect qui aurait expliqué qu?il comptait se rendre. « Il a sans doute été prévenu par l?un de ses proches que nous sommes à sa recherche, car il était au courant des perquisitions », explique un enquêteur proche du dossier. Il aurait déclaré qu?il comptait se rendre dans les prochains jours. Affaire à suivre.
Publicité
Publicité
Les plus récents