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Le calvaire des mères bafouées

20 octobre 2004, 20:00

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Des centaines d?hommes et de femmes au chômage ne savent plus à quel saint se vouer. Le Human Resource Development Council (HRDC) se veut le messie. Mais l?enfer se vit au quotidien pour des pères, et surtout des mères, de famille désespérés.

Soixante d?entre eux, en majorité des femmes, ont participé, hier, à une réunion dans les locaux du HRDC, à l?IVTB House, à Phoenix. Ils sont de ces milliers de travailleurs du textile, licenciés de ces derniers mois. Le but de la réunion était de cerner leurs problèmes, d?identifier leurs aspirations, et leur permettre de trouver un emploi.

L?exercice a surtout permis aux femmes et mères de famille présentes de s?exprimer. Dans la salle, l?atmosphère était tendue et le ton était aigre et véhément, à la mesure des drames vécus au quotidien depuis la perte d?emploi, il y a plusieurs mois maintenant.

?C?est un sentiment indescriptible?, dit Clara, ancienne employée de Floréal, ?j?ai perdu mon emploi sans préavis, mon mari a une faible rémunération, nous sommes endettés, nous risquons de mourir de faim??. Frustration et colère prennent le dessus. ?On nous a bernées. Les job fairs n?ont servi à rien?, lance Nasrine avec colère. Leur licenciement a gâché leur réputation, entaché leur dignité. ?Nous avons fait le succès de nos entreprises?, lâche Nasrine, amère.

Après le licenciement, ce sont des vies qui partent en lambeaux, avec des budgets qui explosent. Une femme n?a plus de salaire et son mari, surendetté, n?a touché que Rs 1 800 ce mois-ci? La liste est longue, trop longue.

Après deux mois, la plupart n?ont pas trouvé d?autre travail. Pour celles de plus de quarante ans, c?est plus difficile. ?S?il y a du travail, j?aimerais que l?on dise où il se cache?, s?insurge Rekha. D?autres ont pu se placer, mais sont mal payées et mal traitées dans leur nouvel emploi. ?On m?offre Rs 10 de l?heure, une insulte?, dit Shenaz.

Les paroles s?emballent, les langues s?affûtent. Des mères désespérées, des femmes indignées, des travailleuses bafouées, se laissent aller. Leurs cibles: le ministre du Travail Sowkhatully Soodhun, les élus, les travailleurs étrangers, leurs entreprises Floréal, Novel, Arvind, le programme de formation inadapté?

L?Etat n?a rien pu faire pour elles, à ce jour. On leur a bien proposé des cours de cuisine, ou le recyclage dans l?hôtellerie, mais le programme est souvent mal adapté, surtout pour celles dépassant la quarantaine. ?Qui voudra nous embaucher, avec tous ces jeunes sur le marché du travail?, interroge fort justement Kavita.

Mais, comme Shenaz un peu ragaillardie, elles gardent espoir. Elles sont venues à la réunion du HRDC parce qu?elles sont prêtes à n?importe quel emploi digne de ce nom.

La HRDC veut, d?abord, leur redonner confiance. L?organisme se dit également confiant de pouvoir respecter les conditions de l?alinéa 4 du récent plan stratégique : ?répondre aux aspirations des sans-emploi, en fonction des aptitudes professionnelles?? Trouver une réponse technique à des problèmes humains. Et immédiats.

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