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Le bébé mort in utero atteint de chikungunya
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Le bébé mort in utero atteint de chikungunya
C?est malheureusement con-firmé. Le bébé mort dans le ventre de sa mère il y a deux mois à l?hôpital Candos avait bien le chikungunya. Le laboratoire de virologie vient en effet de révéler que le virus était présent dans l?échantillon sanguin prélevé du cordon ombilical.
Les parents, des habitants de route Bassin, Quatre-Bornes, en ont été officiellement informés lundi et ils envisagent déjà d?intenter un procès en réclamation contre le ministère de la Santé pour négligence médicale. Même si ce n?est peut-être pas le chikungunya qui est la cause directe de la perte de leur enfant, ils estiment que les médecins auraient pu lui donner les chances de vivre s?ils avaient effectué une césarienne.
Ladite césarienne était la chose la mieux indiquée dans le cas de Priscilla, la mère de l?enfant, reconnaissent gynécologues et médecins, car cette dernière était sujette à des fièvres liées au virus.
Les professionnels de la santé sont unanimes à affirmer que la fièvre chez la femme enceinte peut être fatale pour son enfant. Il est de notoriété que lors du premier trimestre de la grossesse, le bébé peut être victime de malformation.
Et durant les 2e et le 3e trimestres, un accouchement prématuré n?est pas à écarter car la fièvre provoque des contractions utérines. En outre, au 3e trimestre, la fièvre peut tout aussi bien déboucher sur une encéphalite ou une asphyxie cérébrale pour l?enfant.
Son c?ur ne bat plus
Le rêve de Kaumaren, 32 ans, et Priscilla, 25 ans, a donc basculé le 11 avril dernier car « rien n?a été fait pour le sauver ». L?infortuné petit allait être leur premier enfant et ses parents avaient déjà choisi son nom : Yashven
Ce 11 avril, après deux jours d?hospitalisation, Priscilla se rend compte que son enfant ne bouge plus. Après vérification par le personnel médical, le constat est que son c?ur ne bat plus.
Et dire que Priscilla avait été admise deux jours auparavant, en proie à une forte fièvre provoquée par le chikungunya. Sa grossesse était presque à terme mais Priscilla a alors une température frisant les 39 °C. Un premier examen vers minuit, le 9 avril, indique que le bébé est en bonne santé, que son c?ur bat normalement.
Dans les heures qui suivent, Kaumaren ne cesse de multiplier les démarches afin que son bébé voie le jour au plus vite. Avec tout ce qu?il a entendu sur le chikungunya, en termes de complications chez les nouveaux-nés à la Réunion, il veut être on the safe side.
Il prend alors contact avec le médecin traitant de Priscilla, qui est en vacances, pour essayer de le convaincre de lui faire subir une césarienne. « Pa mo problem sa », lui rétorque sèchement ce dernier. Un deuxième praticien lui lancera un « Pa mo travay sa ». Aucun médecin ne veut alors prendre de décision, se souvient Kaumaren.
À ce moment-là, Priscilla ne sait pas encore qu?elle a le chikungunya. Elle en prendra conscience en feuilletant son dossier laissé sur son lit dans les heures qui suivent. Elle panique et, le 10 avril au soir, elle est en proie à d?atroces douleurs à l?abdomen.
« Zot finn fer neglizans »
Ce n?est que le lendemain que le personnel soignant se rend compte que son bébé a trépassé. « Zot finn fer neglizans », résume Kaumaren en prenant connaissance du résultat des tests virologique.
Depuis le décès du petit, il a déjà été confirmé que la mère a été testée positive au virus. Pour le ministère de la Santé, il est clair que ce cas a été mal géré et des sanctions vont pleuvoir? Une enquête est déjà en cours depuis avril pour situer les responsabilités.
Surtout qu?il n?est pas un secret pour celui qui s?informe que le chikungunya a fait des victimes chez les bébés à la Réunion. Des cas de mort in utero au cours du premier trimestre de la grossesse ont en effet été enregistrés chez nos voisins.
Le chik sous le microscope
La Réunion ayant été quasiment mis en état de siège par le chikungunya, le gouvernement français a mis les bouchées doubles pour le contrer et pour produire un vaccin. Déjà, les chercheurs de l?Institut Pasteur ont étudié l?évolution du virus et ont pu retracer son origine et son évolution. Les premiers résultats démontrent que les virus des îles de l?océan Indien (La Réunion, Mayotte, Seychelles, Maurice, Comores, Madagascar?) ressemblent fortement à ceux d?Afrique de l?Est, Centrale et du Sud, rapporte le magazine français Science & Vie. Comme on l?a soupçonné, les Comoriens ont sans doute transmis le virus aux habitants des Mascareignes. Parallèlement aux recherhes en cours, les Français s?apprêtent à tester un vaccin d?ici la fin de l?année à la Réunion. L?annonce a été faite par le professeur Antoine Flahault, président de la cellule française de recherche sur cette maladie, dans une interview au quotidien français Libération. Ce vaccin serait une variante de celui préparé par les Américains dans les années 80.
Il fait d?ailleurs état d?un cas où une personne revenant de Maurice a « inquiété » les autorités hongkongaises récemment. Il est à noter qu?à ce jour, plus de 262 000 personnes ont contracté le virus à l?île s?ur, contre environ 11 000 chez nous. Alors qu?à la Réunion, les autorités sanitaires fixent le nombre de décès provoqués directement ou indirectement par l?épidémie à 228, il n?existe aucun chiffre officiel à Maurice. Bien qu?il y a un nombre important de personnes qui sont mortes après avoir contracté le virus.
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