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Le BPO veut attirer les élèves
Aller à la source. C?est ce que fait Teleforma en ciblant les élèves d?Upper VI à travers une campagne de recrutement dans les collèges. Hier, des responsables de la compagnie étaient au Hindu Girls? à Curepipe. Une dizaine d?autres établissements secondaires sont visés. L?entreprise veut intéresser les jeunes détenteurs de Higher School Certificate (HSC) avant qu?ils n?entrent sur le marché du travail.
?Lorsque vous aurez terminé vos études, pensez à nous. Nous sommes prêts à vous employer?, assure à l?assistance Saoud Baccus, directeur de la formation chez Teleforma. Cette compagnie est engagée dans le Business Process Outsourcing (BPO ou externalisation).
En pleine expansion, elle a soif de personnel. Pour l?étancher, il lui faut trouver 2 200 nouvelles recrues pour les trois prochaines années afin de porter son effectif à 3 000. ?Nous voulons doubler notre effectif d?ici l?année prochaine. C?est par rapport à tout cela que nous avons décidé de nous rendre dans les collèges pour leur faire savoir que nous sommes là?, précise Ranila Dabeedial, corporate affairs executive de Teleforma.
Niveau d?anglais
Mais il n?est pas aisé de trouver les oiseaux rares. Alors que l?anglais est la langue d?instruction, Teleforma, qui opère surtout sur le marché américain, a beaucoup de mal à recruter de la main-d??uvre capable de mener une conversation en anglais. ?Nous avons beaucoup de candidatures, mais on arrive difficilement à trouver des gens avec les minimums requis à partir desquels nous pouvons travailler?, confie Saoud Baccus.
Outre le ?niveau d?anglais problématique?, il se plaint des aptitudes sociales des Mauriciens en général. ?Converser, argumenter et dialoguer sont considérés comme difficiles. Au niveau de la réflexion et de l?analyse critique, c?est la même chose. De plus, il y a une certaine timidité qui ne sert pas le métier.?
À qui la faute ? ?Le gros problème, c?est l?éducation?, assure Ranila Dabeedial.
D?ailleurs, les deux orateurs ont fait ressortir aux élèves du collège Hindu Girls? que même avec un HSC en poche, un bon niveau d?anglais est impératif. Auquel s?ajoute le fait d?être prêt à travailler en dehors des heures ouvrables classiques. ?Lorsque l?Amérique dort, nous nous réveillons et lorsque nous dormons, l?Amérique se réveille?, plaisante Saoud Baccus.
Le travail de nuit n?est a priori plus un problème. ?Cela nous permettra d?avoir plus de temps libre durant la journée?, commente une élève après la réunion.
Les salaires et la formation proposés étaient au centre des préoccupations des filles. Elles sont sorties plutôt satisfaites. Une fois prises, les nouvelles recrues bénéficient d?une formation complète de plusieurs semaines sur la culture américaine, la maîtrise de l?accent et le service clientèle. Pendant ce temps, la compagnie paie Rs 6 500 par mois. Après un an d?emploi, les salaires dépassent les Rs 10 000, promet Saoud Baccus. Une condition s?impose : bénéficier de la formation exige la signature d?un lien (bond) d?un an. Si le jeune quitte l?entreprise avant, il devra rembourser le coût de la formation, soit Rs 20 000.
Mais chez Teleforma, l?on est conscient que la grande majorité des recrues ne resteront pas. ?Nous savons qu?après quelques années, vous voudrez passer à autre chose. Mais n?oubliez pas que vous garderez le savoir que nous vous avons appris et que vous pourrez réutiliser ces outils.? Argument qui fait mouche. ?Le salaire est assez bon et nous apprendrons à travailler dans un environnement culturel américain t(?) Et en plus, après un an, nous pouvons quitter l?entreprise. Cela m?intéresse?, se réjouit Anjeela Pittia.
Le secteur du BPO a-t-il un avenir ? Oui, estime Parhveena Gokhool, autre élève, qui se verrait bien passer par Teleforma.
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