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Le bonheur?mode d?emploi
Imaginez un dimanche à l?Ile-aux-cerfs. Un catamaran a accosté. À son bord, des touristes dansent la salsa, d?autres sont allongés sur des transats et profitent du soleil, certains se font servir du vin au bar et sur le pont, des jeunes gens en shorts à fleurs s?affairent au barbecue. C?est la dolce vita visiblement et ceux qui sont sur la plage assistent à cette ambiance de fête avec envie. Sur la jetée, des gamins s?amusent à courir avant de se jeter à l?eau en riant.
Le bonheur est fait de petites et de grandes choses. Parfois, il suffit de regarder les étoiles pour se sentir bien, ou d?observer son gamin en train de dormir avec sa peluche pour vous donner une sensation de douceur. Nous sommes souvent aveugles, en quête d?événements extraordinaires et nous passons à côté des petites choses de l?existence qui peuvent apporter de la joie de vivre. Il faut dire aussi qu?il est difficile de chasser les idées noires quand on vit dans une époque angoissante où il y a beaucoup de souffrances, de pressions, d?indifférence, de frustrations. Comment construire le bonheur alors ?
« Il faudrait d?abord définir le bien-être. Est-ce le bien-être matériel ? Si le bonheur consiste à avoir plus de confort et de choses dites matérielles, il est clair que ceux qui s?attendent seulement à cela ne trouveront jamais le bonheur. Car ce désir est une sorte de spirale qui fonctionne sur l?insatisfaction. Si je désire quelque chose, une fois la chose obtenue, je ne m?arrête pas, je ne m?arrête plus, mais je continue à désirer autre chose, et ainsi de suite », explique Joseph Cardella, professeur de philosophie. Ainsi, ce n?est donc pas la satisfaction de notre désir qui est en jeu, mais c?est l?insatisfaction qui amène à désirer plus.
Le bonheur, c?est un moment agréable passé en famille, c?est du moins l?opinion de Linda Moutou du restaurant Happy China, si elle en juge par la foule qui s?est déplacée il y a deux semaines pour participer au festival de China town à Port-Louis. « Les rues étaient inondées de gens, les restaurants croulaient sous les réservations, les gens venaient en famille voir les démonstrations de karaté, la danse des lions. C?est le signe que les gens ont besoin de loisirs, d?initiatives de ce genre pour casser avec la routine et être heureux. »
<B>Le plaisir d?être dorlotés</B>
Pour Rajen Pillay, de Spa Bioform, les Mauriciens sont de plus en plus à la recherche du bien-être. Ceux qui vont dans son centre de remise en forme, veulent goûter au plaisir d?être dorlotés.
« Les gens croient de plus en plus dans les bienfaits des soins vivifiants et tonifiants.
Ils ont compris qu?en s?occupant de leur corps, ils prennent soin de leur esprit. C?est du bonheur, ça aussi. »
Pour d?autres, le bonheur passe par la spiritualité. Bernard Laval, voyant, pratique du reiki depuis longtemps. C?est dans cet art qu?il a trouvé son équilibre et la paix intérieure. « Grâce au reiki, on arrive à s?aimer soi-même. Cela permet de nettoyer tout ce qui est obscurité en vous et vous ouvre à une lumière cosmique. »
La psychothérapeute Sophie de Robillard ne jure, elle, que par les relations humaines. « On vit l?un à côté de l?autre mais dans une vie parallèle. On ne prend plus le temps de dire, de partager, de s?écouter. Pourtant le bonheur dépend beaucoup des relations qu?on a avec les autres. Souvent il y a beaucoup de souffrance quand il n?y a pas de communication. »
En fait, chacun a sa conception du bonheur. Et il ne se décrète pas. En ce sens, le bonheur n?est pas une notion collective. Joseph Cardella est convaincu que ce n?est pas en donnant quelques conseils pour être heureux qu?on le deviendra. « Le bonheur n?est pas comme une sorte de « prêt-à-jouir », comme il y a du prêt-à-porter ou du prêt-à-penser dont certains auraient la recette toute faite. Le bonheur est quelque chose qui s?acquiert individuellement, par une démarche personnelle demandant une motivation personnelle », assure-t-il.
À chacun donc de trouver sa voie. Si le bonheur n?existe pas en taille unique, il existe tout de même. Pour cela, il suffit d?organiser sa vie pour tendre vers lui.
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