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Le bijou se personnalise

17 novembre 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Situé au troisième étage d?un immeuble à Moka, le factory shop des bijoux de la marque Zea cache de véritables trésors. L?argent et l?or se transforment sous les doigts experts des bijoutiers dans cette fabrique. Les modèles, que l?on y trouve, sont variés et affichent un ardent désir d?originalité. L?argent prend différentes formes. Des pendentifs en forment de fleur, des gouttes d?eau ornées de zircon, des boucles d?oreilles un peu plus classiques ou encore des bagues sertis de zircon coloré y sont exposés.

On découvre aussi de grands colliers en argent qui rappelle les bijoux romains qui ne pourront que souligner le décolleté d?une robe de soirée. Martin Beffert, le directeur de cette entreprise, nous montre la nouvelle série de bracelets qui combine l?argent à l?or de 22 carats. La différence se trouve aussi dans la texture des bracelets.

Une gamme de bijoux en or de 18 carats est aussi proposée. Ces bijoux sont sertis de pierres telles que la topaze, l?améthyste ou encore les diamants. Martin Beffert nous explique que tous les bijoux sont créés et réalisés à Maurice. Chez Zea, il nous explique qu?il ne fait pas forcément de collection. «Nous créons de nouveaux modèles tout au long de l?année. Je ne sais pas encore si c?est important de faire une collection. Nous ajoutons les nouveaux modèles à mesure que nous les créons », explique Martin Beffert.

En ce qui concerne les tendances en bijouterie, notre interlocuteur nous explique que c?est très difficile d?en dénoter un, en étant à Maurice. Cependant, il arrive à suivre les différents courants à travers des contacts avec ses clients étrangers et les magazines spécialisés. A partir de là, il crée en fonction du style de Zea pour correspondre à la tendance du moment. Car il n?est pas question de copier ce qui est fait ailleurs.

Au premier coup d??il, les bijoux montrent définitivement leur originalité. Les styles sont les uns plus novateurs que les autres. Une bonne partie des bijoux de Zea est travaillée argent. Martin Beffert nous explique que l?argent n?est pas considéré comme étant un métal précieux par de nombreuses personnes. C?est principalement dû au fait que le coût des bijoux en argent est plus abordable. Cela encourage ainsi les gens à acheter plus fréquemment des bijoux en argent.

Le lancement des bijoux de la marque Zea se fait actuellement. La participation de Zea au Salon des Créateurs et des marques lui permettra d?aller à la découverte d?autres clients mauriciens. «Nous ne sommes pas qu?une bijouterie. Nous avons voulu mettre en place le concept de l?atelier. Les bijoux peuvent être personnalisés. Une personne peut aimer une bague mais vouloir d?une autre pierre à la place de celle présentée. Nous accédons à sa demande et faisons le changement », souligne ainsi Martin Beffert. L?ouverture est prévue dans le Nord pour la fin de l?année.

GERALDINE DESJARDINS, ORGANISATRICE

« Le but est d?encourager les créateurs à exporter le Made in Mauritius »

Géraldine Mamet Desjardins, directrice de Glitter Co. Ltd, met la dernière touche au Salon des Créateurs et des marques. Il se tiendra au Centre de Conférence Internationale à Grand-Baie du 24 au 26 novembre.

● <B> Comment se passe la préparation du salon des créateurs et des marques ? </B>

  • Je suis à fond dans les derniers préparatifs. Je vois d?ailleurs en ce moment le prestataire de service qui se charge du podium et on s?occupe de la décoration. Je finalise les derniers détails avec le photographe qui sera présent au salon. Il fera non seulement des photos des défilés mais aussi des personnes qui voudront se faire photographier. On met la dernière touche du côté des mannequins, de la coiffure et du maquillage... Les exposants sont aussi à pied d??uvre pour décorer leurs stands. On prépare l?inauguration qui sera suivie d?un défilé de mode.

● <B> Vous êtes à une semaine de la tenue du salon. A quoi le public doit-il s?attendre ? </B>

  • Le public concerné est très ciblé. C?est un petit salon et il s?adresse à une clientèle ? mauricienne et étrangère ? qui a l?habitude d?acheter des produits de marque et de qualité. Le but est d?encourager les créateurs mauriciens à exporter le Made in Mauritius. C?est une initiative à la croissance de l?export. Les visiteurs pourront voir une vitrine des produits des exposants sur les mannequins.

Ils pourront aussi voir ce que donne le produit lorsqu?il est porté. Les mannequins porteront les vêtements ainsi que les chaussures et les accessoires qui vont avec. Ce sera le moment idéal pour penser ce que l?on va acheter comme robe de soirée pour cette fin d?année. Il y aura beaucoup de collections exclusives qui seront présentées. Ce salon offrira une sélection de ce que l?on trouve de plus beau à Maurice en terme de design, de qualité et d?exclusivité.

● <B> Etes-vous satisfaite du nombre de participants que vous avez eu pour ce premier salon ? </B>

  • Je m?attendais à ce qu?il y ait plus de participants. Pour la deuxième édition l?année prochaine, il faudra trouver la bonne date et une meilleure période. Mais je suis très satisfaite de la qualité des exposants. Il y a de grandes références. Ce sera un très beau salon.

● <B> La subvention proposée par Enterprise Mauritius a-t-elle permis à davantage de créateurs de venir exposer ? </B>

  • Sans Enterprise Mauritius, ce salon n?aurait pas eu lieu. Le nombre d?entrées n?était pas suffisant pour rentabiliser. Je me suis tournée vers eux à la suite d?un article dans l?express. C?est très difficile de mettre en place un salon comme celui-ci.

● <B> Pour une deuxième édition de ce salon, quel est le plus que vous souhaiteriez avoir ? </B>

  • Déjà, si on veut inviter des clients étrangers, il faudra avoir au moins une cinquantaine d?exposants. Ils ne vont pas venir pour une vingtaine de stands. Même les clients mauriciens ne se déplacent pas tous pour moins de cinquante exposants. Le salon est arrivé à un mauvais moment pour beaucoup. L?année prochaine, les exposants seront plus nombreux car il y a beaucoup de nouvelles marques qui auront, entre-temps, été déposées. Cette année, nous avons une vingtaine d?exposants. L?année prochaine, nous aurons environ une cinquantaine d?exposants.

ANNE-MARIE FLETCHER, HÉMISPHERE SUD

● <B> « Maurice n?a pas encore une réputation de créateur » </B>

Elle a su se faire une réputation non seulement sur le marché local mais aussi sur la scène internationale. Hémisphère Sud n?a rien à envier aux plus grandes marques de maroquineries à travers le monde. Anne-Christine Fletcher, la directrice de Hémisphère Sud, revient sur cette entreprise au parcours en or.

● <B> Quelle est l?importance de la participation de Hémisphère Sud à ce salon ? </B>

  • Il est tout à fait logique que notre entreprise soit présente au salon des Créateurs et des marques. L?entreprise de création Hémisphère Sud est l?une des plus anciennes de Maurice. Nous avons réussi à nous faire une place dans le domaine de la maroquinerie haut de gamme.

● <B> Comment se sont passés les débuts de cette entreprise ? </B>

  • Notre première étape a été la mise au point d?une collection originale. Nous avons ensuite investi dans la formation du personnel. Nous avons enchaîné avec une étude de marché. Des chefs de production de chez Hermès sont venus pour former les Mauriciens. Nous avons ensuite ouvert un magasin à Maurice. Nous avons eu un grand succès notamment auprès des touristes. Ils pensaient que nos articles venaient de Paris.

● <B> A quel moment, la décision a-t-elle été prise d?exporter les produits de Hémisphère Sud ? </B>

  • Notre décision a été prise à la suite du succès que nous avons eu auprès des clients. Cela nous à encourager à prospecter des marchés étrangers. On a commencé par les pays voisins : La Réunion et les Seychelles. Aujourd?hui, Hémisphère Sud est présente en Italie, en France, en Angleterre et au Luxembourg notamment. Il nous reste encore le reste du monde à conquérir !

● <B> Etre loin des grands marchés vous pose-t-il un problème pour vous faire connaître ? </B>

C?est difficile d?obtenir des rendez-vous dans les boutiques de luxe pour la revente. Maurice n?a pas encore une réputation de créateur. Maurice doit faire oublier son image de pays sous-traitant. Il est possible d?avoir une image de pays du tourisme de luxe et d?innovateur en mode international. Nous devons faire partie de ceux qui innovent et qui inventent.

● <B> Proposez-vous des collections annuelles comme c?est le cas pour les vêtements, par exemple ? </B>

  • Nous proposons plusieurs collections. Une collection classique se trouve dans les palaces. Elle vise une clientèle au fort pouvoir d?achat. Celle-ci est âgée entre vingt-cinq et cinquante-cinq ans. Ces produits sont fabriqués avec les plus beaux cuirs et de la meilleure qualité qu?on puisse trouver. On a aussi un deuxième catalogue qui propose des cadeaux d?entreprise haut de gamme. Nous présentons deux collections par an pour les 18 à 60 ans avec un rapport qualité-prix intéressant. Ces collections sont très modernes et à la mode. Le prix est fixé selon le marché européen.

<B> GAS

L?Italie pour séduire</B>

La marque italienne Gas sera présente au Salon des Créateurs et des marques. Des produits de cette marque y seront en expo-vente. Pascal de Spéville représente Gas à Maurice depuis un an. Une boutique a d?ailleurs été ouverte à Grand-Baie. Il est prévu que d?autres boutiques ouvrent leurs portes bientôt dans d?autres régions du pays. Les touristes aussi bien que les Mauriciens utilisent les produits de la marque Gas.

Il nous explique que ce salon permettra à cette marque de se faire un coup de marketing énorme. «Des milliers de clients potentiels pourront voir et acheter nos produits. Nous allons montrer la qualité que l?on apporte. Les visiteurs pourront connaître le concept de cette marque », explique Pascal de Spéville.

Représenter une marque internationale, surtout quand elle est connue comme Gas, n?est pas une chose facile. Le principal problème étant la contrefaçon dont sont victimes les vêtements de marque sur le marché local. Pascal de Spéville est, cependant, relativement serein. Il explique que le nom est enregistré et que les fakebusters ? chasseurs de contrefaçons ? font du bon travail. Ces derniers sont à l?affût. Il souligne aussi que la contrefaçon touche principalement quelques marques. L?original prime cependant sur la contrefaçon par rapport à sa qualité.

«La contrefaçon est un problème très embêtant. Mais il y a des moyens de se battre contre cela. Le gouvernement doit aussi faire plus d?effort à ce sujet. Il devrait aider les gens à créer plutôt que de copier ce qui existe déjà», déclare notre interlocuteur.

Si Pascal de Spéville reconnaît qu?il n?est pas facile d?être dans le monde des affaires, il souligne qu?il faut savoir comment faire découvrir les marques. Pascal de Spéville a identifié le marché de cette marque dans le pays. Il a développé un marketing ciblé pour cette niche choisie. Il a ainsi constitué une base de données sur ses clients et ces clients potentiels. Au début, le marketing était beaucoup plus à un niveau national. Maintenant, il est beaucoup plus ciblé. L?évolution ne doit jamais s?arrêter surtout dans le monde des affaires.

Pascal de Spéville explique que ce n?est pas parce qu?une marque est installée qu?il faut se reposer sur ses lauriers. Bien au contraire, il faut affiner ses stratégies. Le client n?est jamais acquis. Il faut dont pouvoir le séduire régulièrement.

Et la marque Gas, à travers ses représentants à Maurice, s?y applique consciencieusement.

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