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Le 11e sommet de la Francophonie s’ouvre à Bucarest

28 septembre 2006, 00:00

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La Roumanie accueille aujourd’hui 43 chefs d’Etat et de gouvernement et 14 ministres pour le 11e sommet de la francophonie – le premier à se tenir en Europe de l’est – alors que l’UE vient de lui donner son feu vert pour entrer dans le club européen dès le 1er janvier prochain.

Le Liban ne sera pas représenté par son président pro-syrien Emile Lahoud, seul le ministre de la Culture Tarek Mitri devant être présent. M. Lahoud a accusé Jacques Chirac d’avoir exercé une “pression directe” sur la Roumanie pour qu’il ne soit pas convié au sommet. La Roumanie “s’est malheureusement soumise aux pressions du président Chirac qui a agi selon des motifs personnels”, a-t-il dit, avant d’ajouter : “la présence d’un quelconque responsable libanais quelque soit son niveau sera considérée comme une présence personnelle et ne représentera pas l’Etat libanais”.

Visiblement désireux d’éviter toute nouvelle tension politique, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a décliné l’invitation de la Roumanie, mais a chargé Tarek Mitri d’être son “représentant personnel”.

La France n’a “par définition” pas fait pression sur Bucarest, a assuré le porte-parole de l’Elysée Jérôme Bonnafont. “La Roumanie a souhaité inviter le Liban dans des formes qui mettent l’action de la francophonie en conformité avec les décisions de l’Onu” et “nous comprenons ce choix”, a-t-il ajouté.

Le sommet de la francophonie devrait adopter un programme d’aide à la reconstruction du Liban, alors que Paris aura aussi à coeur de s’assurer du soutien politique de ses partenaires. Le dossier libanais devrait être évoqué dans la déclaration finale du sommet.

Le 11e sommet de la francophonie devrait par ailleurs reconduire dans ses fonctions le secrétaire général de l’organisation Abdou Diouf, seul candidat à sa succession. Cette réunion sera aussi l’occasion d’aborder la question de l’immigration, la situation en Côte d’Ivoire -représentée par le Premier ministre Charles Konan Banny-, au Darfour et en République démocratique du Congo.

Demain, Jacques Chirac est attendu à Erevan pour une visite d’Etat dans un pays traditionnellement proche de la France. Les Français d’origine arménienne sont plusieurs centaines de milliers et le président français sera notamment accompagné du député des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian et du footballeur Youri Djorkaeff. Il assistera samedi soir à un concert de Charles Aznavour à Erevan qui doit lancer la saison culturelle en France, “Arménie mon amie”. “C’est un voyage de mémoire et de rencontre”, a expliqué M. Bonnafont. Le président français devrait notamment rendre hommage aux victimes du génocide arménien, au risque de susciter une fois de plus la colère de la Turquie.

“L’adhésion à l’Union européenne, c’est l’adhésion aux valeurs de l’Union” et “c’est aussi le travail sur la mémoire”, a rappelé le porte-parole de l’Elysée. “De ce point de vue, la question du génocide arménien se pose” et “il appartient à la Turquie de conduire ce travail de mémoire”. Jacques Chirac devrait également aborder lors de cette visite d’Etat le dossier du Haut-Karabakh, sujet d’affrontement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

<B>©Le Nouvel Observateur</B>

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