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L?avocat de Marie Pascale Séry rejette la thèse de l?enlèvement

18 février 2006, 00:00

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par Guillaume GOUGES

Court répit pour Marie-Pascale Séry. Cette Réunionnaise qui a fui Maurice en 2004 avec ses deux enfants est dans l?attente de la décision de la cour d?appel concernant l?attribution de la garde de ses enfants. En attendant, ces derniers restent avec elle. Son époux mauricien, qui réclame lui aussi le droit de garde, a invoqué la Convention de la Haye sur les enlèvements internationaux. L?homme de loi de Marie-Pascale, Me Saïd Larifou, a fait le déplacement à Maurice hier pour tenir une conférence de presse.

«Il y a eu la fuite d?une femme pour se soustraire à un climat de violence. Il y a simplement eu une décision de déménager et il ne s?agit aucunement d?enlèvement.» Me Saïd Larifou est formel. En l?absence d?enlèvement, il n?y a pas lieu pour Muhammud Mamode, l?époux de Marie-Pascale, d?invoquer la Convention de la Haye.

Le couple s?est marié en 1990 à St-Pierre avant de venir vivre à Maurice peu de temps après. De cette union naîtra deux filles et un garçon, aujourd?hui âgés de 14, 12 et 3 ans respectivement. En 1993, explique l?avocat de Marie-Pascale, les deux pa-rents se sont mis d?accord pour déléguer leur autorité parentale ainsi que la garde de l?aînée des trois enfants à sa tante qui réside à l?île de la Réunion. Cette décision avait été prise afin de lui permettre d?y poursuivre ses études secondaires.

«Les relations conjugales sont par la suite devenues tendues. Ma cliente a fait état, auprès des autorités françaises, des violences dont ses enfants et elles ont été victimes», explique Me Saïd Larifou. Ce qu?a catégoriquement nié Muhammud Mamode auprès des autorités judiciaires réunionnaises. L?avocat affirme, en outre, que sa cliente avait averti les autorités consulaires françaises en poste à Maurice de son intention de retourner à la Réunion avec ses deux enfants.

?Retour immédiat?

De retour dans son île, Marie-Pascale entame aussitôt une procédure de divorce. Le juge aux affaires familiales a restitué, à l?issue d?une audience qui s?est tenue le 13 juin 2005, l?autorité parentale de la fille aînée du couple à sa mère. «Le juge avait, lors de cette audience, également confié la garde des deux autres enfants à ma cliente», poursuit l?homme de loi. Marie-Pascale et ses trois enfants, tous scolarisés, commencent alors une nouvelle vie. Les enfants sont alors suivis par les services sociaux qui ont rédigé un rapport «objectif et positif» quant à leur nouvel environnement familial à la Réunion.

Marie-Pascale est toutefois rapidement rattrapée par son passé. Cinq mois plus tard, le tribunal de St.-Denis, saisi par le procureur, lui-même saisi par les autorités diplomatiques françaises à la demande des autorités mauriciennes, décide que les enfants doivent impérativement regagner Maurice. Ce jugement, rendu le 28 novembre dernier, demande en effet le «retour immédiat et sans délai des enfants.» Marie-Pascale a fait appel, même si cette procédure ne peut normalement pas empêcher le retour des enfants à l?île Maurice. «Les deux parents ont toutefois pu trouver un accord en attendant le verdict final. Les enfants devraient donc pouvoir rester avec leur mère en attendant», nous explique une proche de Marie-Pascale, que nous avons contactée hier-après-midi.

Muhammud Mamode, qui était récemment à la Réunion, devait rentrer à Maurice hier, son visa de quinze jours arrivant à expiration. Dans une déposition faite au poste de police de Plaine-Verte en mai 2005, il explique que c?est en rentrant du travail, vers 17 heures le 14 octobre 2004, qu?il a remarqué que sa maison était fermée. Il prend l?avion à destination de la Réunion deux jours plus tard.

Il soutient y avoir rencontré son épouse et ses enfants, en présence de sa belle-s?ur, pendant une dizaine de minutes. «Mes enfants ne m?ont pas reconnu et ne m?ont pas adressé la parole. J?étais surpris et choqué», déclare-t-il dans sa déposition à la police. Ce n?est que le 24 octobre 2004, après de vaines tentatives de récupérer ses enfants, qu?il reprend l?avion pour Maurice.

Accord

L?accord temporaire entre la jeune femme et son époux est accueilli avec soulagement par les proches de la jeune femme car, explique l?avocat de Marie-Pascale, les autorités françaises ont tenté à plusieurs reprises de faire appliquer la décision du tribunal de St Denis. «Nous avons demandé aux autorités judiciaires d?adopter une démarche d?apaisement», souligne l?avocat.

Un courrier en ce sens a été remis à l?Attorney General, Rama Valayden, hier. Muhammud Mamode a, lors de son séjour à l?île s?ur, pu rencontrer ses enfants à cinq reprises. «Nous souhaitons seulement que les autorités privilégient le dialogue dans cette affaire et cela dans l?intérêt exclusif des enfants», fait ressortir Me Saïd Larifou.

L?affaire sera appelée le 7 mars mais, souligne l?avocat, le verdict ne devrait être rendu que dans plusieurs mois. D?ici là, Marie-Pascale tente de mener une vie normale en espérant se voir confier la garde définitive de ses enfants.

La Convention de La Haye en quelques mots

La Convention de La Haye sur les aspects civils de l?enlèvement international d?enfants, qu?on appelle plus communément Convention de La Haye, est le principal traité international qui peut aider les parents dont les enfants ont été enlevés et emmenés dans un autre pays. En août 2005, la Convention avait été ratifiée par quelque 75 pays, dont Maurice. Elle est d?un précieux secours pour les enfants enlevés dans les pays signataires. Elle vise à protéger l?enfant, sur le plan international, contre les effets nuisibles d?un déplacement ou d?un non-retour illicite. Elle établit aussi des procédures en vue de garantir le retour immédiat de l?enfant dans l?État de sa résidence habituelle et d?assurer la protection du droit de visite.

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