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L?aventure informatique de Ganesh Ramalingum

9 janvier 2004, 20:00

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« Un businessman doit pouvoir prendre des risques calculés. On ne peut faire du business et s?attendre à faire du profit tout de suite. » Qu?on se le tienne pour dit : Ganesh Ramalingum, directeur exécutif de Data Communications Ltd (DCL) est un fonceur.

Pionnier dans plusieurs domaines des nouvelles technologies, dont la vente en ligne, la formation, les services Internet et la téléphonie internationale, il soutient qu?il faut parfois des casse-cou pour faire avancer des situations. Lui, il en a déjà fait l?expérience à plusieurs reprises, et a pu, jusqu?à l?heure, s?en sortir avec mention honorable.

Dans son petit bureau au premier étage du First Knitters Building, quartier général de DCL, à Port-Louis, le patron d?entreprise, la quarantaine, parle de son travail qui le passionne. L?informatique, explique-t-il, n?était pas un amour de jeunesse. C?est une découverte faite lors des études en Grande-Bretagne. De retour au pays, il trouve de l?emploi chez Li Sung Sang, propriétaire des magasins Super Centre. Il y crée notamment un nouveau département autour de l?informatique. « En 1983, j?ai créé la première école d?informatique de Maurice, le Centre for Computer Studies à Quatre-Bornes, qui existe toujours d?ailleurs. C?était très populaire, mais j?ai dû le vendre parce que j?étais trop pris par mon travail chez Li Sung Sang. »

Entre-temps, il épouse Ludy Marimootoo qui lui offre une fille, Koshee et un garçon, Selvan. « C?est alors que j?ai décidé de créer ma propre société. Avec le recul, la faillite du groupe en 1997 a été un blessing in disguise pour moi », analyse le patron de DCL.

De toute manière, le business n?est pas terre inconnue pour lui. Dans sa famille, issue de Camp-Diable, ils sont presque tous entrepreneurs, à l?instar de son père, boutiquier.

DCL naît quelques mois après la faillite de Li Sung Sang et devient partenaire de Cellplus, filiale de Mauritius Telecom (MT). Au départ, trois employés, aujourd?hui, une cinquantaine? l?ironie veut que Ganesh croise le fer avec MT à plusieurs reprises jusqu?à devenir désormais son principal concurrent.

Deux années plus tard, en 1999, DCL se met à vendre des ordinateurs et autres équipements informatiques. Mais Ganesh Ramalingum veut entrer dans le domaine des services. La même année, MYELDO.COM, premier site de commerce électronique mauricien, voit le jour avec un gros matraquage publicitaire.« Ça n?a pas marché. Le Mauricien n?était pas encore prêt à acheter des produits en ligne. » Aujourd?hui, le site existe toujours et a été entièrement relooké. Il est devenu une vitrine vendant des produits mauriciens.

En 1999, le gouvernement veut libéraliser le secteur del?internet, sur les conseils d?organismes internationaux. Deux ans après, DCL obtient sa licence mais ce n?est que le début du chemin de croix. MT, peu désireux de perdre son monopole, n?est pas très coopératif et l?organisme régulateur du secteur de l?époque, la Mauritius Telecommunications Authority (MTA) est très limité dans ses compétences. Les négociations se trouvent dans une impasse qui semble définitive.

SE BATTRE CONTRE UN MONSTRE

Mais, Ramesh Ramalingum se lance quand même. « Je savais déjà que nous allions perdre beaucoup d?argent et que nous devions nous battre contre un gros monstre. D?autres tels que Rogers ou Currimjee n?ont pas voulu entrer, c?est dire? » Les investissements de Rs 20 millions devaient être rentabilisés après deux ans d?opération. Malheureusement, rien ne va comme prévu : les bandes passantes pour avoir une vitesse raisonnable pour surfer ne conviennent pas à ses clients. « Ça a découragé bon nombre de nos clients. Beaucoup nous ont quittés. A un moment, je voulais même rendre la licence de Fournisseur d?accès à Internet, tellement c?était difficile.»

Autre imprévu : MT facture l?interconnexion à 33 sous la minute. Or, à sa filiale, Telecom Plus, la compagnie vend à un prix inférieur. « Pour pouvoir suivre, nous avons dû vendre à perte pendant deux ans », précise Ganesh Ramalingum. Le regret n?est toutefois pas de la partie. « Il fallait entrer dans ce marché à ce moment-là. C?était pour le bien de Maurice. Si personne ne faisait le pas, la situation allait rester statu quo et la libéralisation n?aurait pas été ce qu?elle est. » La compagnie tient la tête hors de l?eau grâce à ses autres activités. Un gros contrat de vente portant sur une application informatique de 400 000 dollars pour Electricité de Mozambique vient à point nommé.

Entre-temps, l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA) remplace la MTA. Ce nouveau régulateur est doté de professionnels reconnus et est chargé par le gouvernement de libéraliser non pas uniquement l?internet mais l?ensemble des Tic. « Dans bien des cas, ils ont débloqué des situations qui étaient dans l?impasse», concède Ganesh Ramalingum. Lorsque, en 2002, l?opportunité d?entrer dans le marché de la téléphonie inter- nationale se présente, DCL est de la partie et veut être le premier. Aujourd?hui, la clientèle de DCL se chiffrerait à environ 10 000, soit environ 15 % du marché, et ses débuts dans ce secteur sont « prometteurs ».

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