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L?aventure de la fraise

9 août 2004, 20:00

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Sans-Souci, Montagne-Blanche, regorge de planteurs de légumes. Mais Nalynee Lutchmee Ramgulam, elle, a décidé de tracer sa propre voie. Depuis l?année dernière, elle s?est lancée dans la culture de fraises.

Malgré son enthousiame, son entreprise est encore à ses premiers balbutiements. Des difficultés financières surtout ralentissent son essor.

Dans sa vie de tous les jours, Nalynee, 40 ans, doit aussi endurer de grands sacrifices Elle se lève à cinq heures du matin pour s?occuper d?abord de ses fraises pendant au moins deux heures. Ensuite, elle joue pleinement son rôle de femme au foyer auprès de son époux, qui est laboureur, et de leurs deux enfants.

?Bizin veil zoiseaux?

Cependant, elle est plus que jamais déterminée à se battre contre vents et marées pour monter sa propre petite entreprise. L?Aventure de Nalynee dans le secteur agricole commence en 1999. Comme bien d?autres planteurs de légumes de la région, elle fait alors partie du club d?agriculteurs de l?Agricultural Research and Extension Unit. Aussitôt, elle montre un intérêt certain pour ce domaine, elle qui avait une formation de couturière.

A l?issue de sa formation de trois mois au NWEC sur la culture des fraises, elle décide de changer de cap. Elle monte sa propre affaire. L?entreprise est hasardeuse, mais peut offrir, à la longue, des revenus importants.

Nalynee cultive ses fruits de façon artisanale. Elle arrose les plants à l?aide d?un simple tuyau d?arrosage. Pour les protéger, elle utilise les filets qu?elle a elle-même confectionnés. ?Sinon bizin veille zoiseaux tout la zourne. Si zot mange enn fler, mo perdi bann fraise?.

Après sa première récolte en 2003, elle réalise que la culture de fraises à l?ancienne n?est guère encourageante. Son chiffre d?affaire ne s?élève qu?à Rs.12 000, avec un verger de 1 300 fraisiers, s?étendant sur une superficie d?un demi-arpent. ?Si je tiens compte des dépenses pour l?achat d?insecticides et d?autres produits, je ne réalise pas vraiment de profits?.

Même si ses efforts sur le plan financier ne sont guère récompensés, Nalynee se distinguera parmi les femmes entrepreneurs. Le NWEC lui décernera le second prix, au niveau national, pour son projet de production de fraises.

Par la suite, Nalynee projette de mettre en place une culture hydroponique afin d?augmenter sa production. Mais ce projet est onéreux. ?Ma demande pour avoir un prêt de Rs 200 000 auprès de la Banque de Développement a été rejetée. Nous ne pouvions hypothéquer notre terre parce qu?il y a plusieurs héritiers?.

Cette année, elle n?a cultivé que 1000 plants. On procédera à la cueillette dans quelques semaines. Elle songe sérieusement à cultiver la fraise en serre et doter sa plantation d?un système d?irrigation goutte-à-goutte.

Des différentes variétés de fraises, elle préfère celle communément appelée frigo. ?Avec cette variété importée de France, on peut, après la cueillette, conserver les racines des plantes dans le congélateur à une température de deux degrés. A la prochaine saison, on peut les replanter ?.

Emploi du temps chargé

En dépit de son emploi du temps chargé, Nalynee trouve du temps pour se consacrer au travail social. Elle est trésorière de l?association féminine de Montagne-Blanche. Celle-ci vient en aide aux familles défavorisées et aux femmes en détresse et fait des donations aux hospices.

L?association donne également des cours de cuisine, d?esthétique, de couture et d?artisanat. Elle permet à ces femmes de sortir, de rencontrer d?autres villageoises, de discuter de leurs problèmes et parfois même de les résoudre grâce au dévouement des membres de l?association.

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