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L?Autriche menace l?ouverture des négociations d?adhésion de la Turquie à l?Union européenne

30 septembre 2005, 20:00

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L?ouverture prévue lundi des pourparlers d?adhésion de la Turquie à l?Union européenne (UE) est menacée par l?Autriche, qui a bloqué cette semaine l?adoption du cadre de négociation avec Ankara, Vienne semblant vouloir un geste de l?UE en faveur de la Croatie pour donner son feu vert. «Sans aucun doute, il y a un risque de ne pas débuter les négociations d?adhésion», a estimé jeudi le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul. «D?un autre côté, des efforts intenses sont faits pour parvenir à une solution», a-t-il ajouté, soulignant qu?il y avait «encore du temps pour résoudre les problèmes».

Pour sortir de cette nouvelle crise européenne, après des semaines de palabres sur la nécessité pour la Turquie de reconnaître Chypre avant de rejoindre l?UE, la présidence britannique de l?Union européenne a annoncé une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères, dimanche à Luxembourg. Jeudi, les ambassadeurs des 25 à Bruxelles ne sont une nouvelle fois pas parvenus à s?entendre sur le document qui doit fixer les principes directeurs et les procédures des négociations d?adhésion, à cause de l?Autriche, selon des sources diplomatiques concordantes.

«Les Autrichiens maintiennent leurs réserves sur le cadre de négociation. Leur demande prévoit une solution alternative ou intérimaire à l?adhésion, au cas où l?UE n?aurait pas la capacité d?absorber la Turquie ou au cas où la Turquie ne remplirait pas tous les critères», a précisé une source européenne. Le texte accepté par 24 Etats membres prévoit que l?objectif des pourparlers est l?adhésion, dans un processus ouvert et sans garantie de succès. Mais Vienne, qui avait pourtant accepté comme ses pairs en décembre l?ouverture des négociations d?adhésion, a demandé à l?UE de réfléchir à l?ajout explicite d?une solution alternative à une accession pleine et entière.

«Nous ne faisons pas de menaces, mais nous voulons plus d?éléments positifs dans le cadre de négociation», a déclaré jeudi dans un entretien accordé à l?International Herald Tribune le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, dont 80 % des compatriotes sont hostiles à l?adhésion turque.

En parallèle, sans lier officiellement les dossiers turc et croate, Vienne presse pour l?ouverture des négociations d?adhésion avec Zagreb, repoussée au dernier moment, en mars, en raison d?un manque de coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l?ex-Yougoslavie.

«Si nous faisons confiance à la Turquie pour faire plus de progrès, nous devrions aussi faire confiance à la Croatie», a déclaré Schüssel dans une autre interview accordée au Financial Times.

«Il est dans l?intérêt de l?Europe de commencer des négociations avec la Croatie immédiatement», a-t-il jugé, dénonçant la politique de «deux poids, deux mesures» de l?UE.

Selon une source européenne, le groupe de travail de l?UE sur la Croatie ? composé notamment des ministres britannique, luxembourgeois, autrichien et finlandais des Affaires étrangères ? doit se réunir lundi matin à Luxembourg, en présence du procureur du TPI, Carla Del Ponte. Les 25 pourraient ensuite prendre une «décision globale» sur la Turquie et la Croatie.

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