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L?autre campagne de Cuttaree

16 octobre 2004, 20:00

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Après 22 ans à courir d?un scrutin à l?autre, Jayen Cuttaree tente une autre course. Celle qui mène à la direction générale de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Et il y croit. « Je pense avoir de bonnes chances », avoue le candidat mauricien. Si l?élection est dans onze mois, un consensus devrait être dégagé sur le choix de l?élu dès mai.

Deux autres candidats sont déjà dans la course. Le Brésilien Luiz Felipe de Seixas Correa a été le premier à se lancer. Pris de court, Carlos Perez del Castillo, de l?Uruguay, l?a rejoint la semaine dernière. Les Latino-Américains maîtrisent les rouages de l?OMC ? Perez Del Castillo a dirigé le Conseil général, conseil exécutif de l?OMC, en 2003. Toutefois, la désunion du bloc latino-américain amenuise leurs chances de succès. Leurs pays respectifs appartiennent à de puissants groupes comme le G 20 ou le groupe de Cairns, particulièrement actifs sur les questions agricoles, notamment. Mais ils ne s?entendent pas sur tout. Et rien ne semble indiquer, pour l?instant, que cette région présentera un candidat unique.

Condition : originaire d?un pays en développement

Les candidats les plus redoutables ne se sont sans doute pas encore fait connaître. Pascal Lamy, en l?occurrence, dont on cite le nom dans les couloirs de l?Union européenne à Bruxelles. Le commissaire européen au Commerce n?a, il est vrai, reçu aucun soutien officiel de son pays, ni de l?UE. Et il ne s?est pas fait de nouveaux amis avec ses critiques acerbes sur la gestion de l?économie française... Mais il y a encore Tim Groser, président du groupe agricole de l?OMC, et Shotaro Oshima, ambassadeur japonais à l?OMC. Des noms qui s?échappent des conversations à l?OMC.

Qu?il s?agisse de Lamy, d?Oshima ou de Groser cependant, ils ont un désavantage qui n?est pas pour déplaire au candidat Cuttaree. La majorité des membres de l?OMC, depuis le cycle de négociation sur le développement de Doha, pensent que c?est à une personne originaire d?un pays en développement que doit être confié ce poste. C?est le principe qui a dicté le choix du Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, l?actuel titulaire du poste. En outre, la règle tacite à l?OMC veut que le successeur du DG ne provienne pas du même continent que lui. Exit donc Nippon, Chinois et Indien.

Et si la menace venait... d?Afrique. Du Ghanéen Alan Kyerematen par exemple. « Il est évident que l?Afrique ne présentera qu?un seul candidat », se rassure Jayen Cuttaree. Un des arguments est que les Ghanéens, à l?instar de Kofi Annan, sont déjà très présents dans les instances internationales. Mais Cuttaree tient son assurance des soutiens déjà exprimés de part et d?autre du continent : la Southern Africa Development Community (SADC), l?Union africaine, le secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf... « Je crois aussi pouvoir bénéficier du soutien du groupe Afrique Caraibes et Pacifique », ajoute Jayen Cuttaree à la liste. Enfin, les Etats-Unis n?ont montré aucune réticence face à l?idée, de même que l?Europe.

Ce qui fait dire, dans le camp Maurice, que si l?Afrique est unie, et que ceux qui nous soutiennent continuent à le faire, c?est bien parti. Mais pas gagné. Là-bas comme ici, une élection n?est jamais courue d?avance.

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