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?Late night shopping? pour tous

23 juillet 2003, 20:00

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Le ministère du Commerce se montre disposé à permettre aux maisons de commerce de garder leurs portes ouvertes un peu plus longtemps que ne le permet actuellement la loi. Le late night shopping entrera alors dans les moeurs.

Les heures d?opération des points de commerce sont régulées par le Shops Act de 1982 : pas avant six heures du matin et pas au-delà de 19 heures les jours de semaine ; pas plus de trois heures entre 6 heures et midi le dimanche.

Les propriétaires de boutiques se sont longtemps plaints de ces limitations. ?Ces règlements avaient certainement leur raison d?être à une certaine époque, déclare Santosh Ramnauth, président de la Shops Owners Association (SOA), mais les réalités ne sont plus les mêmes, le mode de vie des ménages a beaucoup évolué au cours de ces deux dernières décennies. Ce n?est pas normal dans un pays avec un tel degré de développement que les boutiques ferment à 19 heures. Maurice roule 24 heures sur 24, des milliers de gens commencent ou terminent leur shift à 23 heures; selon quelle logique les commerces doivent-ils fermer à 19 heures ? Faut-il, chaque dimanche matin, écouter la liste des pharmacies de garde à la radio ? Vous allez au Caudan Waterfront le dimanche soir et vous devez vous contenter de faire du lèche-vitrines. Est-ce ainsi qu?on va promouvoir le commerce ??

En effet, le Shops Act régit les opérations de plusieurs types de commerces : pharmacies, magasins de tissu et d?articles divers, boutiques d?alimentation, salons de coiffure, boucheries, tabagies, fleuristes, quincailleries, restaurants, pâtisseries, marchands de légumes, de journaux, parfumeries... Une extension des heures d?ouverture des commerces devrait donc apporter une petite révolution dans le paysage commercial.

<B>Injustice à réparer</B>

Mais c?est surtout par réaction à la grande concurrence sur la place que la SOA insiste sur l?urgence d?étendre les heures d?ouverture des points de commerce. Santosh Ramnauth le concède. ?Nous ne sommes pas contre le progrès, le phénomène des grandes surfaces était inévitable. Nous ne contestons pas, non plus, tous les avantages que nous a apportés le phénomène des grandes surfaces. Mais il faut aussi être objectif et reconnaître que les petits commerces ont beaucoup souffert de l?arrivée des grandes surfaces.?

Tout en reconnaissant également qu?il appartient aux petits commerces de s?adapter au nouvel environnement, le président de la SOA soutient qu?il faut éliminer les obstacles d?ordre régulatoire. Pour le commerce, souligne Santosh Ramnauth, l?heure de pointe c?est surtout l?après-midi et le début de soirée. Entre neuf heures le matin et 15 heures, c?est ?un temps mort?.

Les gérants de petits commerces dénoncent aussi ce qu?ils appellent ?l?injustice? dont ils sont victimes. ?Pourquoi et comment telle grande surface obtient-elle un late night shopping permit, alors que ce même droit est refusé aux petits commerces ??, demande le président de la SOA. ?C?est avant tout une simple question de droit et d?équité, c?est une injustice qu?il faut réparer?, avance Santosh Ramnauth.

Arguments auxquels le ministère du Commerce s?est montré très sensible. ?Nous travaillons actuellement, avec le Parquet, sur les amendements à être portés au Shops Act, en vue de faciliter les activités des commerces, notamment en ce qui concerne les heures d?ouverture?, a confirmé Ram Prakash Nowbuth, Permanent Secretary au ministère au Porte-monnaie.

On ne cache pas, non plus, que la question de faire du pays un ?24 hours shopping area? a fait l?objet d?une certaine attention à un certain moment, mais ?on n?est pas allé plus loin, suite surtout, aux observations soulevées par les forces de l?ordre. Il ne faut pas aller trop vite ou trop loin, il faut tenir compte des réalités sociales.?

Les cadres du ministère reconnaissent également qu?il y a un sérieux exercice de définition et de classification des activités commerciales et des patentes y relatives à entreprendre. Ce qui sera fait dans le cadre de l?élaboration des amendements à la législation. Autre anomalie à corriger : le Shops Act est actuellement sous la tutelle du ministère du Travail...

<B>Droit au plaisir</B>

On se dit surtout convaincu, au ministère du Commerce, qu?il faut ?redresser ce tort causé aux petits commerces et mettre tous les opérateurs sur un pied d?égalité?. Le nombre sans cesse croissant de boutiques qui mettent la clé sous le paillasson inquiète aussi le Permanent Assistant Secretary. ?C?est un secteur qui influe directement et indirectement sur d?autres secteurs d?activités. Le ministère entend donner ce petit coup de pouce. De plus, les petits commerces jouent un rôle social très important dans les quartiers résidentiels?, déclare Ram Prakash Nowbuth.

Rôle social, oui. Mais il est certains rôles qui ne font pas l?unanimité. Ainsi des débits de boissons alcooliques sont de véritables ?nuisances? pour leur environnement immédiat.

Le président de la SOA ne cache pas son irritation face à certains reproches souvent entendus : les boutiquiers sont en effet souvent accusés d?encourager l?alcoolisme. ?Nous refusons de porter ce chapeau. Nous vendons un produit, nous ne faisons pas sa promotion. Que ceux qui sont contre la consommation d?alcool intensifient leur campagne d?information et de sensibilisation. De notre côté, tant que la vente et la consommation des boissons alcooliques demeurent légales, nous avons la conscience tranquille. C?est surtout après une dure journée de travail à l?usine, aux champs ou au bureau, en début de soirée, que les gens se rencontrent pour prendre un verre et se détendre. Pourquoi leur gâcher leur plaisir ??

Nécessité de s?adapter au nouvel environnement social, petit coup de pouce à un secteur en difficulté, droit au plaisir, oui. Mais le législateur veillera au respect des réalités sociales et à la bonne entente.

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