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L?assurance en quête de consolidation
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L?assurance en quête de consolidation
Une force non négligeable
Maurice peut se vanter d?avoir une industrie des assurances très développée. Si le secteur est d?une manière générale solide, il n?est pas homogène : il y a le haut du panier, et puis les autres. Les grands groupes qui dominent le marché sont bien gérés et financièrement solides. A côté, subsistent plusieurs petites sociétés dont la santé financière laisse à désirer.
La Financial Services Commission (FSC) veille au grain et procède à un assainissement graduel de ce secteur. Après la fermeture de Secura Global Insurance, c?est la Leadway Insurance qui est actuellement dans le collimateur du régulateur.
Pourtant, malgré les progrès accomplis dans la supervision, un rapport de la Banque mondiale évoque les faiblesses de la réglementation. Le projet de loi sur les assu-rances devrait combler ces lacunes. L?étude de la Banque mondiale démontre que le développement et la pénétration des produits d?assu-rances sont très élevés à Maurice. Le montant total des primes payées ? Rs 5,3 milliards en 2001 ? équivalait à 4,1 % du produit intérieur brut (PIB). Ce taux est supérieur à celui de l?Inde et du Maroc.
Les actifs de toutes les compa-gnies d?assurances sont, eux, évalués à Rs 24 milliards, ce qui équivaut à 18,2 % du PIB. Les sociétés d?assurances représentent en fait une force potentielle considérable dans le secteur financier du pays. Elles mobilisent une épargne contractuelle qui dépasse 40 % du PIB. Rares sont les pays en développement qui peuvent se vanter d?un tel taux. Sur le continent africain, seul l?Afrique du Sud est dans cette catégorie.
L?assurance vie est le créneau le plus important de l?industrie, représentant 61 % de toutes les primes. La croissance de ce segment a bénéficié des généreuses incitations fiscales ? Rs 80 000 des primes d?assurance vie sont déductibles d?impôt. De plus, les plans de pension et les prêts-logements jouissent aussi de bénéfices fiscaux, ce qui accroît l?attrait des polices d?assurance vie pour les classes moyennes et à hauts revenus, estime la BM.
Injection de capitaux
Si les déductions fiscales ont pu aider le développement de l?assu-rance vie, l?étude relativise quand même l?importance de ces incitations. En Afrique du Sud et en Irlande ? qui sont mondialement reconnues pour leur secteur important de l?assurance vie ? les déductions fiscales ont joué un rôle très important car le taux d?imposition est élevé. A Maurice, le taux d?impôt sur le revenu est relativement faible et les possibilités de déductions nombreuses, ce qui réduit l?attrait des avantages fiscaux liés à l?assurance vie.
Au niveau de l?assurance générale, c?est le segment de l?assurance automobile qui est le plus important car il représente 45 % des primes. C?est également le créneau qui pose le plus de problème. La prolifération des compagnies d?assurances, ces dernières années, a engendré une compétition féroce dans ce secteur.
Les polices sont parfois vendues à des prix qui ne couvrent pas les coûts réels et certaines compagnies sont vite devenues insolvables. La FSC est intervenue dans deux cas et dans un troisième, il y a eu une injection de capitaux de l?étranger pour renflouer la compagnie.
Renforcer la supervision
La supervision de l?industrie de l?assurance a un rôle déterminant à jouer pour le développement de ce secteur. Il s?agit surtout d?éviter de nouvelles faillites et des scandales qui porteraient préjudice à la réputation de cette activité.
La Banque mondiale salue les progrès décisifs réalisés depuis la création, en avril 2001, de la Financial Services Commission (FSC) qui est maintenant le régulateur de ce secteur. Avant cette date il n?y avait pas eu de ?on site inspection? depuis au moins une décennie, note l?étude de la Banque mondiale.
Les comptes d?une compagnie affichaient des pertes considérables qui étaient supérieures au capital souscrit. Malgré un ?qualified report? de l?auditeur, aucune action n?avait été prise.
Nouveau projet de loi
Avec l?arrivée de la FSC les choses ont évolué positivement. Trois compagnies ont été placées sous surveillance. L?une d?elles ? Secura Global Insurance ? a été liquidée tandis qu?une autre a reçu des capitaux frais d?un partenaire sri lankais. La troisième aurait elle aussi pu consolider son capital.
Malgré tout, la Banque mondiale trouve qu?il y a des manquements importants. La marge de solvabilité jugée acceptable est loin des pratiques internationales, observe-t-elle. Les règlements sur la bonne gouvernance, le contrôle interne et la gestion des risques doivent être rehaussés vers les standards internationaux. Les ac-tuaires et auditeurs ne sont pas en mesure d?attirer l?attention des autorités sur d?éventuels problèmes qu?ils auraient détectés. Le nouveau projet de loi comprendra des provisions pour couvrir ces aspects.
La Banque mondiale déplore le fait qu?il n?existe pas une marge de solvabilité en relation avec les réclamations. Cette provision est utilisée par l?Union européenne et est de plus en plus adoptée à travers le monde. Une marge de solvabilité basée sur les réclamations empêcherait les compagnies qui proposent des prix déraisonnablement bas d?opérer avec peu de capitaux par rapport aux réclamations, note le rapport.
La Banque mondiale trouve que la plupart des compagnies affichent des niveaux de réserves et de provisions élevés. Si elle fait confiance aux professionnels ? comptables et actuaires ? qui font ces calculs, elle estime qu?il faut adopter des normes et pratiques communes. Le nouvel encadrement légal devrait permettre d?émettre des normes de pratique à cet égard.
La Banque mondiale estime qu?il faut revoir à la hausse le ca-pital minimum requis qui est actuellement de Rs 25 millions. Le projet de loi sur les assurances propose la création de compagnies séparées pour l?assurance générale et l?assurance vie. Cette mesure en elle-même équivaudrait à doubler le capital souscrit des sociétés. Malgré cela, l?institution de Bretton Woods insiste que compte tenu du grand nombre de compagnies d?assurances, une hausse du capital minimum est souhaitable.
Le rapport préconise également la création d?un fonds de compensation pour protéger les clients, spécialement en cas de faillite d?une compagnie d?assurances.
?Une structure fortement oligopole?
Le pays compte 22 compagnies d?assurances, ce qui est beaucoup pour un si petit marché, note la Banque mondiale. L?institution estime toutefois que certaines des plus petites sociétés ciblent des segments que les grands groupes ne sont pas intéressés à servir. Au cours des deux dernières décennies il y a eu pas mal de nouveaux venus dans le secteur, cinq dans les années 80 et autant au cours des années 90. Plusieurs d?entre eux ont connu des difficultés financières dans le passé et les autorités ont augmenté le capital minimum requis à Rs 25 millions afin de renforcer la solidité financière des compagnies.
Malgré la présence d?un grand nombre de sociétés d?assurances, l?industrie est caractérisée ?par une structure fortement oligopole?, où une poignée de compagnies détiennent la part du lion, soutient la Banque mondiale.
Effectivement, la State Insurance Company of Mauritius (SICOM), le tandem Swan-Anglo Mauritius et la British American Insurance (BAI) qui sont les trois plus grands groupes, contrôlent 76 % des actifs de toute l?industrie. Les quatre plus grandes compagnies d?assurances représentent également 84 % des bénéfices non distribués.
La SICOM, entreprise d?Etat, représente à elle seule 36 % de ces actifs mais cela inclut aussi ceux des fonds de pension des organismes parapublics qu?elle gère. Ceci exclu, la SICOM ne représente que 11 % des actifs de l?industrie.
Malgré la forte concentration qui le caractérise la rentabilité du secteur de l?assurance est raisonnable. Le rendement moyen du capital est de 21 % pour toutes les compagnies mais il est beaucoup plus faible pour les petites sociétés.
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